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29/11/2013

BABY, THE RAIN MUST FALL (1965) de ROBERT MULLIGAN avec STEVE McQUENN, LEE REMICK et DON MURRAY. DVD. ZONE 1.

réalisateurs,drameFilm qui risque de n' être pas très aimé par les fanatiques du Steve McQueen des films frimeurs de John Sturges ou du Bullit (1968) de Peter Yates. Scénarisé par le dramaturge Horton Foote d' après une de ses pièces de théâtre The Travelling Lady centrée sur une femme un peu à la dérive, Le sillage de la violence (1964) développe en plus la personnalité du mari de celle-ci.

Au début du récit, une femme (Lee Remick) avec sa petite fille quitte la bourgade de Tyler pour celle de Columbus où elle essaie de reprendre contact avec son mari (Steve McQueen) qui suite à une rixe sanglante, et après avoir purgé quelques années de prison, vient d' être libéré sur parole. Les retrouvailles ne sont pas faciles... Un shérif (Don Murray), ami d' enfance du mari, les aide...

Enfant, Henry Thomas (Steve McQueen) fut abandonné par ses parents, des travailleurs saisonniers pauvres, sur les marches d' un palais de justice de la petite ville texane Columbus ; habitudes courantes des familles itinérantes indigentes dans le sud des États-Unis. Confié par le juge (Paul Fix) à une vieille femme dévote et rigide, l' éducation d' Henry sera dure et violente. Cette éducation altérera son caractère. Henry est un délinquant bagarreur plus prompt à sortir son cran d' arrêt quant il a le dessous, que le chanteur compositeur à succès qu' il rêve de devenir.

Robert Mulligan est décidément le cinéaste des sujets difficiles et casse gueule où plus d' un se serait vautré dans la complaisance et le pathos. La photo simple, sobre et en noir et blanc d' Ernest Laszlo refuse toute esthétisme à la John Alton. Ici tout est dans les attitudes et les images courtes et incisives. La vue d' une ceinture accrochée à l' intérieur d' un placard est d' une grande efficacité narrative qui mènera à la scène explosive dans le cimetière.

Si vous êtes pour le Steve McQueen de L' enfer est pour les héros (1962), de L' homme qui aimait la guerre (1962) ou de La canonnière du Yang-Tse (1966), du McQueen en pauv'mec, il incarne dans Baby, The Rain Must Fall le pire (meilleur) des pauv'mecs.

DVD zone 1 et exclusivement zone 1.
Très bonne copie.
Film en noir et blanc de 1965. Format 16/9. Durée : 99 mn (version complète).
Version audio anglaise avec sous titres anglais ou espagnols... ou japonais (si ça vous dit).
Ce DVD ne possède ni de version audio française... ni de sous titres français contrairement à ce qui est indiqué sur la jaquette.

21:43 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réalisateurs, drame

29/05/2011

JERZY KAWALEROWICZ : MÈRE JEANNE DES ANGES (1961). DVD.

51tcoSEoivL._SL500_AA300_.jpgFilm qui a vraiment fait connaître le cinéaste polonais Jerzy Kawalerowicz. Mère Jeanne des Anges* (1961) se passe dans une région désertique et stérile de Pologne du dix-septième siècle, où dans un couvent des religieuses se croient possédées par des esprits démoniaques. Le père Suryn (Mieczyslaw Voit), au caractère faible et à la santé fragile, doit les exorciser, mais il est attiré passionnément par la Sœur Supérieure Mère Jeanne des Anges (Lucyna Winnicka), et sent qu' il pourrait bien être possédé par ces mêmes démons à son tour. Est-ce des démons ou des passions enfouies et refoulées ? semble nous dire Jerzy Kawalerowicz.

La photographie de Jerzy Wójcik où la surexposition du blanc est impressionnante et qui se conjugue à la blancheur des aubes et voiles des religieuses, les décors aux murs sans aucun ornement, la musique (la chanson surtout) qui participe directement au film et qui ne surligne pas les scènes pourraient nous diriger vers une description aride des relations entre les personnages, mais ce n' est pas le cas. La sensualité des baisers sur les mains de Jeanne par Suryn, le visage au sourire innocent de la jeune Sœur non-possédée qui vivra une exaltation avec un Chambellan de passage ne peut avoir comme conclusion que l' émouvante scène finale. Souvent citée pour être une œuvre anticléricale, c' est avant tout une peinture épurée de l' amour.

*L' histoire du film, c' est connu, est inspirée des évènements qui se sont passés en France à Loudun à la même époque. L' action du film se concentre sur ce qui s' est (ou se serait ?) produit après l' exécution sur le bûcher du prêtre condamné pour avoir ensorcelé les religieuses.

Film de 1961 en noir et blanc. Format 4/3. Durée de 104 minutes environ.
Version audio polonaise sous-titrée française seulement.
Copie qui présente quelques légers défauts, mais l' ensemble est excellent.
Bonus : une filmographie de Jerzy Kawalerowicz.

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20:21 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drame

22/08/2010

MAX OPHULS : CAUGHT.

41h361gFInL._SS500_.jpgC' est le dernier film produit par Enterprise Studios, maison de production indépendante d' une durée de vie de trois ans (1946-1949), d' où sortie "Body and Soul" (1947) de Robert Rossen ou "Force Of Evil" (1948) d' Abraham Polonsky. Des bornes du "Film noir américain".

Mais ici, on n'est pas dans le genre "Film noir", il s' agit ouvertement d' un mélodrame, il n' y a d' ailleurs aucune violence physique. Une jeune femme naïve qui rêve d' être mannequin, car elle le sera bien peu dans ce magasin de luxe où elle travaillera - jouée par Barbara Bel Geddes avant qu' elle ne se fasse refaire le nez -, pense aussi à un riche mariage. Elle ne sera pas mannequin, mais aura son riche mariage, ne sera pas heureuse, partira de sa magnifique demeure, deviendra secrétaire de deux dévoués docteurs, tombera amoureuse de l' un, voudra divorcer... tout cela est cousu de fil blanc. On se demande même ce que les dirigeants de Enterprise Studios ont trouvé d' intéressant dans cette histoire pour presse du cœur. Barbara Bel Geddes, dont on peut railler le fait qu' elle soit une beauté passe-partout pour un mannequin - après tout cela fait cinq ans qu' elle essaie de l' être et n' y arrive pas, donc... -, est vraiment excellente surtout pendant l' affrontement avec Curt Bois alors que celui-ci ne veut pas arrêter de jouer du piano et la scène où Robert Ryan lui dit les conditions du divorce. James Mason crée un homme affable, compréhensif comme dans tout mélodrame qui se respecte, avec la voix suave qu' on lui connaît. Mais, c' est Robert Ryan qui "bouffe" tout, même la caméra a du mal à cadrer sa haute stature d' un mètre quatre-vingt-treize. Il veut tout posséder surtout ce qui lui résiste. Les mouvements d' appareil qui sont la marque de fabrique d' Ophuls, la photo de Lee Garmes, l' un des maîtres du noir et blanc, une certaine acuité portée sur les quartiers pauvres, ce n' est pas une spécialité de ce réalisateur peu porté sur le social, complètent la grande qualité d' interprétation.

Un lieu commun sur ce film est de dire que le personnage interprété par Robert Ryan est inspiré de Howard Hughes... ce n' est pas exactement ce que révèle le fils de Max Ophuls dans la préface de l' autobiographie de son père "Souvenirs". En 1946, Ophuls commence le tournage de "Vendetta" coproduit par Hughes mais aussi par le génial producteur/scénariste/réalisateur Preston Sturges, d' où il se fait virer au bout de quatre jours par... Sturges (ami d' Ophuls !) sur ordre de Hughes. Sturges était aussi un nabab, l' homme le plus payé d' Hollywood à l' époque, avec une cour qu' il entretenait dans son célèbre restaurant "The Players". Il organisait chez lui des projections privées de ses propres œuvres. Il y a une séquence fascinante dans le film à ce sujet. Marcel Ophuls va même jusqu' à dire que le rôle du serviteur-amuseur tenu par Curt Bois est une incarnation de son père. Les problèmes cardiaques du personnage de Robert Ryan ont-ils aussi une correspondance avec Preston Sturges ? Sturges avait-il déjà eu des alertes ? Il est mort d' une crise cardiaque le six août 1959 à l' Algonquin Hotel à New-York...

BONUS : Le bonus le plus important de ce DVD est l' émission "Cinéaste de notre temps", consacrée à Max Ophuls bien sûr, d' une durée de cinquante et une minutes, "mise en scène" dans un cirque par Michel Mitrani. L' espiègle Simone Simon, la douce Danielle Darrieux, Daniel Gélin, Martine Carol un peu trop maquillée déjà, le facétieux Peter Ustinov, Vittorio De Sica, le directeur de photo Christian Matras, les assistants réalisateurs Alain Jessua et Jean Valère, le monteur Boris Lewin, Marcel Ophuls... nous parlent du réalisateur de "Lola Montès" (1955). John Houseman, producteur américain notamment de "Lettres d' une inconnue" (1948), est aussi dans cette émission.
Les autres bonus sont la bande-annonce et une galerie photos.

DVD en noir et blanc d' une durée de 89 mn de 1949. Format : 4/3.
Langue audio française et anglaise. Sous-titres français.
Bonne copie.

N.B. Le générique du film ne mentionne pas Max Ophuls mais Max Opuls ?!

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18:55 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drame, cinéma