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31/03/2015

Luis Buñuel : Mon dernier soupir (1982). Autobiographie chez Ramsay poche cinéma (2006).

cinéma,livre,autobiographieCinéaste qui intrigue, interroge et rejette la bonne conscience bourgeoise et chrétienne, qui refuse la copie déférente du réalisme et qui incarne le mouvement artistique du Surréalisme en cassant la grammaire cinématographique. Le chien andalou (1929) et L'Âge d'or (1930) sont des provocations et des scandales voulus et assumés. Une autobiographie coécrite avec Jean-Claude Carrière qui permet aussi d' éclairer les zones d' ombre, notamment sa période d' inactivité en tant que réalisateur après le documentaire Terre sans pain (1933) jusqu' à son premier film mexicain Grand Casino (1947). Inactivité qui n' est pas de l' errance, tant s' en faut. Des mémoires bouleversantes à l' image d' un homme exceptionnel dit la quatrième de couverture, peut-être, mais surtout des confessions sur ses phobies, ses habitudes, sa surdité, sa vue défaillante et qui débouchent sur une autocritique rarement lue chez d' autres. Viridiana (1961) et L'ange exterminateur (1962) en font définitivement un génie.

26/10/2013

MICHAEL POWELL : UNE VIE DANS LE CINÉMA Volume 1 (1997) et Volume 2 (2000). LIVRES.

autobiographie,cinéma,réalisateursautobiographie,cinéma,réalisateursEn noir et blanc et en couleur.

J' avais acheté cette autobiographie à sa sortie, j' en avais lu soixante pages, je l' avais reposée en me disant la reprendre plus tard... seize ans plus tard. Par acquit de conscience, je m' étais aussi procuré le deuxième volume paru en 2000. Pourquoi en avoir abandonné la lecture ? parce que l' enfance de Michael Powell dans la campagne britannique est un peu ennuyeuse... et pourtant j' aurai dû me remémorer au moins deux de ses films A Canterbury Tale (1944) et La renarde (1950) ; tout y est sauf l' ennui. Et puis si j' avais continué un peu plus loin, la mort de son frère aîné m' aurait accroché. Mais j' ai été définitivement captivé dès que Michael Powell fait son entrée dans les studios de la Victorine à Nice - le père de Michael Powell acheta peu avant un bail de trente ans d' un hôtel sur la Côte d' Azur -, et devient l' assistant d' un réalisateur du muet un peu oublié, Rex Ingram, qui fit les premières versions de Scaramouche (1923), Les quatre cavaliers de l' Apocalypse (1921) et Le prisonnier de Zenda (1922). Pour les fanatiques de Michael Powell, sans oublier Emeric Pressburger, vous aurez tous les secrets de fabrication des films mythiques que sont À l'angle du monde (1937), 49e Parallèle (1941), Colonel Blimp (1943), Le narcisse noir (1947), Les chaussons rouges (1948), Les contes d'Hoffmann (1951), La bataille du Rio de La Plata (1956) entre autres. Ses portraits de Alfred Hitchcock, Samuel Goldwin, David O. Selznick, Alexandre Korda, Moira Shearer, Ludmilla Tcherina, Deborah Kerr, David Farrar, James Mason, Roger Livesey... sont saisissants. On se sent happé par le même tourbillon que les protagonistes de Je sais où je vais (1945).
- Le volume 1 fait 760 pages environ, hors filmographie complète et index des noms.
- Le volume 2 fait 670 pages environ, hors filmographie complète et index des noms.

28/04/2013

LENI RIEFENSTAHL : MÉMOIRES. Allemagne 1987. France 1997.

41MHFJ04BFL._SL500_AA300_.jpg Pour du lourd, c' est du lourd.

Bon, les balbutiements de la vie de Leni Riefenstahl sont les balbutiements habituels de toute jeune femme de l' époque qui veut devenir indépendante face à un père autoritaire. Elle prend des cours de danse en cachette, devient une danseuse célèbre, rencontre le cinéma et le réalisateur Arnold Fank, hésite entre les deux, choisit le cinéma et sera Star, fait beaucoup de sport alpin : ski et escalade... et là où tout bascule, vous vous en doutez, elle fait la connaissance d' Hitler... et de Goebbels...

Page 143, en février 1932, assistant à son premier meeting nazi : Et à l' instant même je me trouvais submergée de façon ahurissante par une vision quasi apocalyptique qui ne me quitterait jamais plus : j' eus l' impression très physique que la terre s' entrouvrait devant moi comme une orange soudain fendue par son milieu et dont jaillirait un jet d' eau immense, si puissant et si violent qu' il atteindrait le sommet du Ciel, et que la Terre en serait secouée dans ses fondements.
Oui, c' est bien d' un discours d' Hitler dont elle parle.
Page 144 : Aucun doute, j' étais contaminée.

Le nazisme, est-ce une maladie ou une fascination ? en tout cas beaucoup sont tombés dedans. Leni Riefenstahl ne prend pas sa carte au parti, mais elle est bien la protégée du Führer ; elle ne le nie pas, il la demande quasiment en mariage. Et puis il faut qu' elle se protège aussi des tentatives de viol de Goebbels. Il faut aussi réaliser ses films contre vents et marées et surtout contre le chantage de Goebbels. Une sympathie peut se développer à son égard, surtout quand elle reprend conscience après un malaise et la première chose qu' elle voit, c' est la sale tronche de Streicher, antisémite en mouvement perpétuel 24 heures sur 24. Mais ne pouvait-elle pas s' enfuir ? comme Fritz Lang le fit juste après un entretien avec Goebbels qui lui proposait la direction du cinéma allemand. Elle connaît Joseph Von Sternberg qui a faillit lui proposer le rôle de Lola-Lola à la place de Marlène Dietrich (elle est jalouse Leni Riefenstahl) dans L' ange bleu (1930), à ses entrées à Hollywood grâce surtout au succès de SOS Iceberg (1933) de Arnold Fank et à la version américaine due à Tay Garnett.

Les ambitions de Leni Riefenstahl sont plutôt la production et la réalisation, et le diptyque sur les jeux Olympiques de Munich en 1936, où elle avoue avoir contrefait des scènes (pages 262, 263, 266 et 267), sera son sommet... avant il y eut quelques films de propagande nazie : absolument pas, dit-elle, ce sont des documentaires ! Ben voyons... D' autres phrases irritent : Mon ignorance crasse en matière de politique (page 325). Lors de l' invasion de la Pologne et de l' attaque de Varsovie, Hitler aurait dit : On ne tire pas sur des femmes et des enfants, c' est de la folie (page 342). Ben voyons ... On arrive à l' existence des camps de concentration et d' extermination. Leni Riefenstahl n' en savait rien et insinue (?) qu' Hitler non plus ne devait pas le savoir. Ben voyons... Veit Harlan lui demande de l' aide afin de ne pas tourner sous la contrainte, bien sûr, l' antisémite Le juif Süss (1940) ; le film d' un point de vue technique n' est pas saboté loin de là... En pleine débâcle, elle n' a qu' une obsession sauver ses négatifs et terminer Tiefland, œuvre controversée par l' emploi de figurants Tziganes. Pour finir sur ses réalisations seule la première La lumière bleue (1932) n' est pas entachée. Artistiquement parlant le style de Leni Riefenstahl est emphatique mais alerte, d' ici à la traiter de génie... en revanche ça ne ressemble absolument pas aux occupations des réalisatrices françaises au style bonne femme.

Après la capitulation, elle fut incarcérée, mise aussi dans un asile psychiatrique et interrogée sur des relations intimes (sexuelles) avec Hitler qu' elle nie : elle n' a jamais été sa maîtresse. Elle en veut beaucoup aux Français qui mirent sous scellé toutes ses archives. Elle se battit pour les récupérer. Elle intenta des procès aux magazines et journaux qui la décrivent comme une nazie convaincue et une adepte de bacchanales hitlériennes. Un acharnement des médias d' une férocité inouïe. Après la période de dénazification et plusieurs projets de films avortés en Italie, Allemagne, elle découvre l' Afrique et les Noubas avec un côté condescendant (mes Noubas) à la Karen Blixen ; c' est la partie la plus ennuyeuse de ce livre de 850 pages. Entre temps elle rencontre et apprécie Ron Hubbard...