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14/07/2016

LES INCONNUS DANS LA VILLE (1955) de Richard Fleischer avec Victor Mature, Richard Egan, Stephen McNally et Virginia Leith. DVD paru en 2013.

61lKCmn1mIL._SL1000_.jpgÀ l' encan*,

Dès l' introduction avec le lettrage en rouge-orange de Violent Saturday, on sait que la photo de Charles G. Clarke va être primordiale pour la réussite du film ; un petit pincement au cœur à l' apparition du nom de Sylvia Sidney en troisième page de générique comme si elle n' avait été de toute sa carrière qu' une actrice de complément. Elle fut une Star dans les films de Mamoulian, Hattaway, Wyler et surtout Lang ; Léo Malet lui dédia un poème (je suis à sa recherche).

L' arrivée de trois braqueurs professionnels - Stephen McNally en représentant et chef de gang minutieux, J. Caroll Naish qui a toujours des bonbons dans ses poches et Lee Marvin qui adore écraser la main d' un gosse - dans cette petite ville minière va rencontrer puis bouleverser le destin de certains habitants de la ville. Sylvia Sidney pique un sac à main, Margaret Hayes a des amants (des passe-temps) dont Brad Dexter, Richard Egan son mari noie son désespoir dans l' alcool, Tommy Noonan est un timide voyeur, Virginia Leith est une infirmière mais une femme à la redresse* qui remet à sa place la femme volage, Victor Mature n' a pas fait la guerre et n' est pas un héro pour son fils ; que des gens ordinaires avec leurs défauts. Et puis il y a Ernest en Amish, rôle qu' il reprendra dans La ferme de la terreur (1981) où il y a aussi une fille qui fera plus tard de sanglants dégâts avec un pic à glace. Le scénario de Sydney Boehm (qui a lu le roman de William L. Heath ?) allie à merveille deux genres populaires : le mélodrame et le polar, et, tout ça en moins de 90 minutes. La précision de Richard Fleischer dans l' exécution du braquage et le règlement de compte dans la ferme Amish devrait plaire aux kubrickiens, mais Fleischer est au service du film pas de son égo. D' autres vont brandir le hochet* François Truffaut : travail de professionnel ou yes-man de Darryl Zanuck.

La très belle Virginia Leith, rien que de la voir marcher, fait partie de ces bonnes actrices qui n' ont pas eu trop de chance dans leur carrière, encore moins que May Britt. Révélée, si l' on peut dire, par Kubrick dans Fear and Desire (1953), le film que le maître ne voulait pas montrer mais sa famille en a décidé autrement. Elle aura un autre rôle très intéressant dans Baiser mortel (1956) où elle joue la sœur de Joanne-Paul Woodward-Newman ; espérons que le film soit remasterisé car la photo de Lucien Ballard y est spectaculaire. Robert Wagner y trouve le rôle de sa vie.

Victor Mature a toujours été la cible de critiques vachardes surtout pour son sourire. Groucho Marx avait cette réplique pour ceux qui se dépoitraillaient dans les péplums : Les films dans lesquels le buste de l' acteur principal est plus important que celui de l' actrice ne m' intéressent pas. Mais, notre cher Victor avait lui aussi beaucoup d' humour. Se présentant devant un club privé interdisant l'entrée aux acteurs, il dit au portier qui l' avait reconnu : Mais cela fait une trentaine de films que je prouve que je ne suis pas un acteur ! Preuve aussi qu' il ne se prenait pas au sérieux et joli pied de nez à ses détracteurs.

*Ces expressions sont souvent employées par Philippe Garnier à qui il faut rendre hommage (il doit détester ça), car c' est lui qui fit un article à la fin des années 70 dans Rock & Folk sur la série B où il parlait de ce film et d' Un homme est passé (1955) de John Sturges et d' À bout portant (1964) de Don Siegel d' après mes souvenirs ; là, il mettait son talent au service de talents. Ces films passaient assez souvent à la télé dans les années 60/70, surtout en Lorraine, ben oui, nous 'étions vernis', on captait Télé-Luxembourg avec les films italiens, les Randolph Scott, Grant Williams qui devenait tout petit...

Film dvd en couleur d' une durée de 87 minutes.
Format cinémascope respecté. Diffusion pour écran 16/9.
Version audio anglaise et française. Sous-titres français.
Très bonne copie.

BONUS :
- Richard Fleischer, maître-conteur avec William Friedkin d' une durée de 21 minutes.
- Mélodrame policier de Nicolas Saada d' une durée de 27 minutes.









15:22 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, film

13/07/2016

L'INSPECTEUR NE RENONCE JAMAIS de JIM FARGO avec CLINT EASTWOOD, HARRY GUARDINO et TYNE DALY. 1976.

71var7DEtDL._SL1257_.jpgEncore une fois, Clint Eastwood répond aux accusations de sexisme. Pourquoi perdre son temps à parler aux cons ? Il suffit de regarder Donna Mills ou Kay Lenz, des nanas qui doivent écouter Neil Young ou Yes. Les proies (1970) certainement le chef d' œuvre de Don Siegel et Un frisson dans la nuit (1971) premier et très bon film de l' Eastwood réalisateur sont traités de cauchemar misogyne. Et la main de Jean Yanne dans la culotte de Marlène Jobert chez le révéré Maurice Pialat, c' est quoi ? hein, Pierre Murat, comment tu vas avec le masque et la plume... au cul !

Il faut dire que la saga Harry Callahan rapporte de l' argent à la Malpaso Company, Magnum Force sera un plus gros succès que Dirty Harry, et ce troisième épisode met le pied à l' étrier à son premier assistant réalisateur Jim Fargo, ça pourrait même lancé sa carrière ; Jim Fargo ne fera que des films plus que moyens par la suite. Pour conchier les accusations de sexisme, misogynie, phallocratie... on adjoint à Harry Callahan une policière qui lui dit que c' est son cul qu' elle met en danger. Voilà tout est dit. Bon, il y a une bonne scène, sans action, assez longue où Tyne Daly* plaisante sur le magnum 44 et l' implication sexuelle bien entendue ; scène improvisée par les acteurs paraît-il. Elle tue aussi pour l' équilibre, c' est Tyne qui l' a demandé, Clint était d' accord. Une réplique amusante de Clint : Votre bouche est trop près de votre rondelle ; une riposte à ses détracteurs ? Un film qui sert à rien, on en préférerait l' orang outan, coincé entre le très bon Josey Wales (1976) où Clint déambule en mort vivant, et, l' intéressant L'épreuve de force (1977) du moins jusqu' au coup de pied qu' il se prend dans l' entrejambe par Sondra Locke - il n' y avait pas mieux qu' elle pour incarner les garçons manqués casse-couilles détestant avoir des copines - ; dans la deuxième moitié, c' est du rocambolesque à la Spielberg, si tu regardes dans un fossé, tu trouveras bien un requin à la con.

Après ce film de série, Clint Eastwood s' occupera à aller de l' avant - bon, il y aura encore des daubes ; les deux petits orangs outans, un dernier Harry pour donner du boulot à Buddy Van Horn qui était dans la mouise -, et, surtout de développer le thème de la famille par exemple. En préambule, la famille qui se construit au fur et à mesure des pérégrinations dans Josey Wales (1976), celle qui trouve refuge sous un chapiteau de cirque dans Bronco Billy (1979), les asociaux et l' individualiste dont la famille est l' Armée dans Le maître de guerre (1986), la famille qu' il faut protéger et venger envers et contre tout quitte à se tromper dans Mystic River (2003), et, si vos fils sont des cons il vaut mieux se sacrifier pour les enfants de la famille voisine hmong dans Gran Torino (2008) ! Si t' as pas compris ça, t' es dans les ténèbres.

*La série Cagney et Lacey va avoir un gros succès. C' est à peine mieux que Julie Lescaut, Une femme d' honneur, Femme de Loi, Diane femme flic... Sergent Anderson avec Angie Dickinson, c' était autre chose, ce sourire...









19:09 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, film

11/07/2016

MAGNUM FORCE de TED POST avec CLINT EASTWOOD, HAL HOLBROOK et MITCH RYAN. 1973.

film,cinémaÀ part pour aider la carrière des futures Stars télé David Soul et Robert Urich, Magnum Force (1973) est un film, à la limite, qui n' a pas lieu d' exister. Il sert de réponse à ceux qui ont traité de fasciste Dirty Harry (1971) de Don Siegel qui dira du personnage : C' est un puritain, un homme amer. Il n' aime pas les gens. Il n' aime pas ceux qui violent la loi et il n' aime pas la façon dont elle est appliquée. Ça ne veut pas dire que je lui donne raison. D' ailleurs, dans l' ultime plan final Don Siegel n' avait-il pas laissé Harry Callahan seul et abandonné comme John Wayne, autre fasciste pour les curetons diarrhéiques, dans La prisonnière du désert (1955) ; le vrai no future. Pour les imbéciles paranoïaques, ceux qui voient des fascistes partout, si Dirty Harry est fasciste, Clint Eastwood l' est aussi. Incarné un tel personnage est effectivement une mise en danger de l' acteur ; vaut mieux faire comme Robert Redford s' approprier toutes les vertus : démocrate, écologiste, pacifiste, féministe... n' en jetez plus.

Le premier traitement du scénario, qui s' inspire des escadrons de la mort sévissant au Brésil, est de John Milius qui part suite au feu vert pour le tournage de Dillinger (1973), l' écriture est terminée par Michael Cimino alors que Clint Eastwood a déjà le script de Thunderbolt and Lightfoot en main ; que des noms très controversés. Milius fait partie de la contre culture des années 70 avant qu' il ne devienne à partir de Conan le barbare (1982) un mauvais admirateur de Samuel Fuller : Fuller a toujours été contre le deuxième amendement donc contre le port d' arme, et, contre la peine capitale. Michael Cimino, après avoir été accueilli avec sympathie pour Le canardeur (1974), sera qualifié de nazi pour Voyage au bout de l' enfer (1978) son plus gros succès commercial proche de deux millions d' entrée rien qu' en France, de marxiste pour La porte du paradis (1980) et de raciste pour L' année du dragon (1985) ; pour ses autres films, les imbéciles paranoïaques se sont calmés.

Le set de Magnum Force ne s' est pas très bien passé pour Ted Post, les bruits ont couru que certaines scènes auraient été dirigées par sa Star ou le directeur de la photo Frank Stanley. Ce stakhanoviste de la télévision a une carrière cinématographique très fluctuante dont ressort deux bons films aux allures modestes : Pendez-les haut et court (1968) un western contre le lynchage ou le difficile passage au monde civilisé, c' est aussi le premier film de la Malpaso la maison de production fondée par Clint Eastwood, ainsi que Le merdier (1978) avec Burt Lancaster qui racontait les débuts de l' engagement des USA au Vietnam.

Est-il nécessaire d' avoir Magnum Force dans ses rayons ? non. Par contre, le film de Siegel est d' une invention visuelle toujours étonnante. Cette caméra à l' épaule, la photo de Bruce Surtees, cette direction d' acteurs surtout des seconds et troisièmes couteaux, lorsqu' on sait que Don Siegel faisait une à deux prises, parfois captait juste la répétition, et, la réinvention du cri à la Aldrich ! Robert devait bien se marrer derrière ses grosses lunettes.




Le générique du film est très bien !

16:19 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma