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18/08/2013

DILLINGER (1945) de MAX NOSSECK avec LAWRENCE TIERNEY, ANN JEFFREYS, EDMUND LOWE, MARC LAWRENCE et ELISHA COOK. DVD.

41sbU-UGpeL.jpgBiographie de gangster archétypale de la série B qui enfile les situations convenues comme une bande dessinée à deux sous. Plus les critiques font des recherches sur le scénariste Philip Yordan, plus cet homme se révèle être un combinard employeur de ghost-writer comme on en a jamais connu à Hollywood. D' après Tavernier et Coursodon ce Dillinger (1945) serait en fin de compte écrit par un journaliste. N' y attendre rien dans la forme non plus, étant donné que le film est réalisé par Max Nosseck. Cet Allemand tient plus du globe-trotter, quand on est de confession juive sous le règne du moustachu vaut mieux, que du metteur en scène. Je suis sûr que ses mémoires, s' ils existent, sont plus intéressantes que ses œuvres. Donc pas de Don Siegel, pas de Joseph H. Lewis, pas de Phil Karlson, pas de Edgard G. Ulmer à se mettre sous la dent... même pas un miracle à la Steve Sekely avec The Scar (1948)... que reste-t-il...

Ann Jeffreys, très belle actrice blonde classieuse au jeu moderne dans la lignée des Jacqueline White, Audrey Long ou Lola Albright, qui malheureusement va vite se réfugier à la télévision. On aura le temps encore de l' admirer mieux mise en lumière dans Riff Raff (1947) de Ted Tetzlaff avec Pat O'Bien l' ombre de James Cagney, dans deux aventures de Dick Tracy incarné par Morgan Conway et deux westerns de Ray Enright avec Randolph Scott. La petite tête de vieux d' Elisha Cook, Edmund Lowe en gangster à lunettes intello et mentor de Tierney-Dillinger, la tronche grêlée de Marc Lawrence et la face batracienne de Eduardo Ciannelli respectent leur contrat de seconds rôles récurrents. Lawrence Tierney commence ici sa carrière de tueur froid sans émotion qui fera son succès, effectivement il est impressionnant, tout le film tient sur ses épaules.

Film qui cartonnera au box-office et ça tient du hold-up : 65 000 (selon Wiki) ou 193 000 (selon IMDB) dollars de budget (vaut mieux pencher pour la première somme) pour 4 millions de recette. Les frères King, de leur vrai nom Kozinski, qui en étaient les producteurs devaient être contents aussi de l' utilisation des stock-shots d' autres métrages dont le plus connu est l' emprunt de la scène du braquage du fourgon avec les fumigènes de You Only Live Once (1937) de Fritz Lang, mais il y a d' autres séquences et transparences d' archives diverses (poursuites de voitures, scènes de prisons...) qui en font l' un des films les plus mal fichus qui soit. Tout le charme de la série B qui se transforme en série C. Pour finir, c' est un film fait par des escrocs, donc faut pas s' attendre à de grandes vérités historiques, sur un criminel célèbre entre autres pour avoir été flingué à la sortie d' un cinéma où il projetait Manhattan Melodrama (1934) de W.S. Van Dyke avec Clark "Grandes oreilles" Gable.

Film de 1945 en noir et blanc. Format 4/3. Durée de 70 mn.
Version audio anglaise sous-titrée française.
Assez bonne copie dans l' ensemble.
Zone 1 mais en fin de compte toute zone.

En bonus, il y a des commentaires audio de John Milius, qui fit un Dillinger (1973) avec Warren Oates, et de Philip Yordan non sous-titrés.




La qualité d' image du DVD est supérieure à celle de cette bande-annonce.

18/04/2012

THE NEW CENTURIONS (Les flics ne dorment pas la nuit) de RICHARD FLEISCHER avec STACY KEACH, GEORGE C. SCOTT, JANE ALEXANDER, SCOTT WILSON, ROSALIND CASH et ERIK ESTRADA. 1972. DVD.

film noir,cinémaPeut-être l' un des polars des années 70 le plus désespéré et le plus noir qui soit... Tiré du premier roman de Joseph Wambaugh, ancien policier devenu écrivain qui devint populaire même dans nos contrées, Philippe Garnier fit à l' époque sur lui un article dans le magazine Rock'n'Folk, The New Centurions (1972) racontent la vie de policiers qui patrouillent la nuit dans les bas quartiers de Los Angeles.

Le film essaie de démontrer que la frontière entre le fait de prendre plaisir en tant que flic à différentes situations tendues et dangereuses, et celui de faire simplement son métier, et donc d' appliquer seulement la loi, est des plus mince. C' est devant ce dilemme que se trouve confronter le personnage de Stacy Keach, qui se destinait à une carrière d' avocat en prenant des cours du soir, études qu' il abandonnera bien vite au désespoir de sa femme qui le quittera. Son coéquipier et mentor incarné par George C. Scott, qui lui apprendra son travail, ne se remettra pas de sa retraite, l' air des rues des ghettos lui manque, il ne peut y avoir pour lui qu' une seule issue et elle sera fatale.

Richard Fleischer, qui était à ce moment-là guère en odeur de sainteté, en gros on le prenait pour un mercenaire de la pellicule, donne une leçon de mise en scène à plus d' un. Le film ne se passe à de rares exceptions qu' à l' extérieur du commissariat, pas de scènes pesantes dans les salles d' interrogatoires. Les affrontements avec différents protagonistes font l' importance du film, et la menace ne vient pas seulement d' un braqueur de banque preneur d' otage, de bagarres avec des membres de gangs rivaux, mais peut surgir d' une porte de voiture ouverte trop vite, d' un homme ivre au petit matin en haut d' un escalier. Le scénario de Stirling Silliphant - Robert Towne futur auteur de Chinatown (1974) de Polanski y aurait participé -, laisse place à des zones opaques, n' explique pas tout. La photographie de Ralph Woolsey rend les nuits blafardes à souhait, la musique de Quincy Jones est discrète.

Film en couleur de 1972. Format 2.35:1 (cinémascope) respecté. Durée de 103 mn.
Version audio française et version audio anglaise sous-titrée française.
Zone 1 et exclusivement zone 1.
Très bonne copie.
Les petits bonus ne présentent aucun intérêt, hormis la bande-annonce.

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23:51 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film noir, cinéma

22/01/2012

HOLLOW TRIUMPH ou THE SCAR (Le balafré) de STEVE SEKELY de 1948 avec PAUL HENREID et JOAN BENNETT . DVD.

film noir Mon commentaire se bornera dans un premier temps sur l' édition Wild Side de la collection Vintage Classics dirigée par Jean Ollé-Laprune de cet excellent film quasi-mythique, qui se révèle effectivement digne de sa réputation, du moins dans cette copie d' une remarquable qualité.

Si on peut être un peu dubitatif, dans les premières minutes de projection, sur le choix de Paul Henreid dans la peau d' un gangster non-repenti, on attendrait plutôt Bogart ou Cagney, ce choix est assez judicieux lorsque ce truand doit devenir un employé puis un psychiatre pour se soustraire à la vengeance des hommes de main d' un caïd dont il vient de braquer avec des comparses la salle de jeu. Ce film est surtout célèbre pour la scène où Henreid se balafre la joue en se trompant de côté pour usurper l' identité d' un psychiatre ; on ne peut résumer ce film à cela. Il s' agit vraiment d' une grande œuvre noire dont le ton n' est pas sans rappeler Les passagers de la nuit (1948) de Delmer Daves, la conclusion optimiste en moins, mais l' univers poisseux à la Goodis est présent. Rayon actrices, Joan Bennett joue la femme salvatrice, et il faut regarder de très près les apparitions de la blonde Leslie Brooks, elle vaut le coup d' œil.

Le réalisateur Steve Sekely (István Székely), dont c' est le seul film connu car The Day of The Triffids (1962) n' est quand même qu' une série Z améliorée, est inspiré ; ce qui rend ce metteur en scène encore plus mystérieux. Il est beaucoup aidé par le génial directeur de la photographie John Alton, et le très talentueux écrivain Daniel Fuchs qui scénarisera l' année suivante le très bon Criss Cross (1949) de Robert Siodmak. Par contre le précédent film écrit par Fuchs The Gangster (1947) de Gordon Wiles, que j' ai vu il y a un bout de temps, ne mérite pas les éloges énoncés par les critiques-cinéphiles, encore faudrait-il le revoir et bien sûr dans une bonne copie.

La morale de l' histoire est qu' il faut faire gaffe quant on se met dans la peau d' un autre, elle est peut-être pire que la vôtre, pire qu' une balafre.

Film en noir et blanc de 1948. Durée de 80 mn. Format 4/3.
Version anglaise sous-titrée française uniquement.
Très bonne copie.
Pas de bonus.

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film noirVenons-en maintenant à l' édition Bach films dans la collection Sérial Polar dont la copie du film est médiocre. Il faut avoir ce DVD parce que les bonus sont très surprenants. Nous avons droit à un entretien de 40 mn de Bertrand Tavernier très renseigné et qui prolonge les notices de 50 ans de cinéma américain écrit avec son ami Jean-Pierre Coursodon. Mais la surprise est un entretien audio de Steve Sekely en anglais avec accent hongrois à couper au couteau enregistré à la fin des années 70, où il répond aux questions envoyées par Stéphane Bourgoin ; un document unique de 40 mn environ. L' intervention de quelques minutes de Yves Boisset est anecdotique.

20:43 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film noir