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28/11/2014

Freelance : Grover Lewis à Rolling Stone, une vie dans les marges du journalisme par Philippe Garnier. Livre paru en 2009.

téléchargement (1).jpgCeux qui croient que Philippe Garnier porte en bandoulière son Lester Bangs en seront pour leurs frais. Pour Philippe Garnier, c' est Grover Lewis journaliste indépendant un peu partout et surtout à Rolling Stone entre 1971-1973. Il dit que c' est son mentor, je dirais plutôt celui qui lui a montré la marche à suivre, et c' est surtout devenu son ami. Pour la marche à suivre, c' est simple, il suffit de citer notre ami Grover Lewis : Je suis fier de pouvoir dire que mes papiers faisaient chier aussi bien la gauche radicale que la droite conservatrice. La marge, toujours la marge.

Au-delà d' une biographie de son ami alcoolo (yeah !) dont le papa et la maman s' aimaient d' amour tendre (sic) et afin que ça ne tourne pas à la monomanie, il y a une plongée dans le journal fer de lance de la contre-culture : Rolling Stone, la turlutaine des sixties et seventies. On rencontrera d' autres pigistes estampillés rock. La prima donna Hunter Thomson. Le roublard Hongrois Joe Eszterhas ; avec son pic à glace ? ses futurs scénarios copie carbone Jagged Edge/Music Box ? sa prémonitoire télé-réalité Showgirls ? Plus des chapitres sur une tournée avec les Allman Brothers où pour la première fois Grover Lewis ne cachait rien de la consommation de drogues dures. Sur Lightnin'Hopkins disant de John Lee Hooker qu' il devrait apprendre à jouer de la guitare. Ainsi que Robert Mitchum pendant le set de The Friends of Eddie Coyle (1973) de Peter Yates dont l' article est autant empreint de vérité que de vouloir entériner la légende. Sur les deux top models à la ville comme à l' écran Robert Redford et Paul Newman, et, la sympathique toquée et bonne comédienne Tuesday Weld. Pendant les tournages de Fat City (1972) de John Huston ou de The Getaway (1972) de Sam Peckinpah... pour finir dans une petite ville du Texas avec The Last Picture Show (1971) de Peter Bogdanovich dans lequel Grover Lewis a un petit rôle. Où il se fout des costards de cow-boy de Clu Gulager et il égratigne gentiment la très belle Cybill Sheperd qui se balade toujours avec un bouquin du style Marcel Proust ou autre casse-burnes avec ou sans madeleine. Dans tout ce brouhaha, il y a le portrait de la star de western de série B Audie Murphy ; au merveilleux titre : Heavy Medal, le soldat le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale. Le triste destin de Gus Hasford, l' auteur de The Short-Timers (1979) qui inspirera Full Metal Jacket (1987) le film retardataire de Stanley Kubrick dont la première heure, la plus intéressante, n' est qu' un démarquage du Sergent la terreur (1953) de Richard Brooks.

Seul regret de ce livre à lire et à relire, il manque un lexique des noms, ce qui est décidément une habitude pour Philippe Garnier chez Grasset. Le petit livret de photos fait un peu cheap, d' autres éditeurs notamment ALLIA proposent des mises en page plus originales.

30/08/2014

PATTERNS (1956) de FIELDER COOK avec VAN HEFLIN, EVERETT SLOANE et ED BEGLEY. DVD.

81eg5yKpEkL._SL1500_.jpgL' auteur de ce film est plus son scénariste Rod Serling, que son réalisateur Fielder Cook qui est surtout un technicien-stakhanoviste de la télévision. En ce qui concerne la carrière de Rod Serling et l' origine télévisuelle du scénario, Alain Carrazé dans le bonus de 26 minutes présent sur ce DVD y fait une bonne présentation.

On n' attend pas le futur scénariste-concepteur de la série La quatrième dimension (1959-1964) dans la description des affrontements dans le directoire d' une grande société. Si la hiérarchie parmi le directoire est impitoyable et dictatorial, elle procède chez les secrétaires de la même manière ; elles sont sans beauté particulière voire sans âge, toutes dévouées à leur travail qu' elles vivent comme un sacerdoce, on dirait des nonnes dirigées par une mère supérieure. Beatrice Straight, qui interprète la femme de Van Heflin, est loin d' être une épouse maternante, il ne faut pas se fier aux premières scènes. La tour des ambitieux (1954) de Robert Wise a été souvent comparé à Patterns. L' action est effectivement aussi resserrée, mais le nombre de personnages est plus limité. Le casting All Stars chez Wise (William Holden, Barbara Stanwick, June Allison, Frederic March...) fait place ici à un trio voué d' habitude au character actor : le sémillant et sec Everett Sloane, le visage fort d' Ed Begley pour une rare foi en victime et le génial Van Heflin dont tous les sens sont en éveil.

La photographie est de Boris Kaufman, habituel collaborateur du jeune réalisateur Jean Vigo (1905-1934). Les plans extérieurs de la ville de New York et ses hauts immeubles sont certainement de cet homme. À noter pour l' originalité du film, l' absence de musique.

Film en noir et blanc de 1956.
Format 4/3. Durée : 81 mn.
Version audio anglaise avec sous-titres français.
Pas de version audio française.
Bonus : Interview de Alain Carrazé d' une durée de 26 mn.
Excellente copie.

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27/06/2014

DAISY KENYON de OTTO PREMINGER avec JOAN CRAWFORD, DANA ANDREWS et HENRY FONDA. 1947. DVD ZONE 1.

51qYeSg5Z7L.jpgJe ne comprends pas trop pourquoi ce film fait parti de la collection Film noir de la Twentieth Century Fox, il s' agit plutôt d' un mélodrame... d' un très beau mélodrame d' ailleurs... avec quelques petits moments de comédie ; je sais que cela devient compliqué mais c' est pour vous dire que Daisy Kenyon n' a rien à voir avec un Film noir.

Le titre français Femme ou maîtresse est pour une fois adapté et définit bien le personnage interprété par Joan Crawford et surtout le dilemme qui la perturbe. Daisy Kenyon est financièrement indépendante, a un amant (Dana Andrews) marié mais il ne veut pas divorcer, et, un autre ami veuf (Henry Fonda) qui la courtise. L' amant est avocat et il déteste perdre une affaire même celle de cœur. L' ami veuf est traumatisé par la mort accidentelle de sa femme. Daisy ne veut pas oublier au milieu de tout cela sa carrière professionnelle d' illustratrice de mode. Ce trio aux personnalités complexes alimente le scénario de belle manière. Donc, pas de meurtre ni de conflit physique, plutôt des joutes verbales, dans cet exercice Dana Andrews y est magnifique ; Henry Fonda joue plus la retenue.

Otto Preminger n' est donc pas juste le cinéaste pessimiste tant vanté. Il peut donner ce genre de film que l' on dit léger mais fortement attachant sur l' infernal trio ; Sacha Guitry n' est pas loin. Et remettons nous en mémoire Scandale à la cour (1945) ou L' éventail de Lady Windermere (1949), autres délicatesses du Viennois. Pourrait-on préférer Gene Tierney à la place de Joan Crawford ? Pas sûr, on connaît l' égo démesuré de cet actrice, pas pire que celui de Bette Davis, mais elle a toujours été quoi qu' on en dise d' une justesse remarquable et son jeu un peu limité, toutes les actrices ne peuvent être du niveau de Barbara Stanwyck, Irene Dunne ou Myrna Loy, passe très bien l' épreuve du temps. La photographie de Leon Shamroy est subtile, notamment dans l' appartement de Daisy Kenyon où les fenêtres et portes vitrées traversées par le soleil forment des taches lumineuses du plus bel effet.

DVD zone 1 et exclusivement zone 1.
Film en noir et blanc de 1947.
Format : 4/3. Durée : 99 mn.
Version audio anglaise sous-titrée française.
Pas de version audio française.
Bonne copie.


17:03 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, actrice, cinéma