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27/06/2011

LE FEU FOLLET DE LA RÉPUBLIQUE : PHILIBERT BESSON, DÉPUTÉ VISIONNAIRE ET MARTYR par Bruno Fuligni.

41QVEL047FL._SL500_AA300_.jpgOn a tout dit de Philibert Besson, qu' il était fou, c' est un peu vrai comme tous les visionnaires, qu' il était un anarchiste de gauche, c' est vrai, qu' il était un héros de la guerre 14-18, c' est également vrai, qu' il était un pacifiste et qu' il inventa pour cela la monnaie européenne l' Europa afin d' éviter ce satané deuxième conflit qu' il avait prédit, tout ceci est vrai... On peut retourner le cas Philibert Besson dans tous les sens, une chose est sûre, il ne peut pas laisser indifférent. Cet homme, qui sera rebelle à toute imbécillité autoritaire et qui le paiera de sa vie, est à honorer. Car Philibert Besson, c' est tout le monde, il appartient à tout le monde, du moins à ceux qui refusent tous les dogmes. Et c' est pour cela aussi que l' excellent historien Bruno Fuligni qui officie sur la chaîne de la TNT LCP/PS le fait parler à la première personne dans ce livre, car nous avons tous une part de révolte en nous, du moins ceux qui ne veulent pas se laisser mener par le bout du nez, et lui il l' a montrée cette révolte et ne pouvait la contenir. Philibert Besson croyait surtout en l' individualité, à la modernité, à l' ingénierie et en la fée électricité... ne dit-il pas quand il fut député que parmi ses confrères de l' Assemblée Nationale il y avait cent quarante-huit avocats pour vingt-cinq ingénieurs, quarante-cinq journalistes ou publicistes pour vingt ouvriers et mineurs.. cela doit-être pire actuellement. Visionnaire, il l' est toujours...
P.S. Je suis beaucoup plus réservé sur le côté "martyr" développé par Bruno Fuligni, Philibert Besson est allé jusqu' au bout de SES convictions avec courage et pas par goût du sacrifice.

livre,politique,autobiographie

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15/09/2010

CORINNE LUCHAIRE : MA DRÔLE DE VIE.

Corinne Luchaire 8.jpgPhilippe Randa*, directeur de la collection « Vérités pour l' Histoire » des Éditions Dualpha, écrit en quatrième de couverture :
« Il y a deux façons de concevoir un livre d' Histoire : comme une leçon récitée, comme une suite d' images d' Épinal, en jugeant sans chercher à se poser des questions... ou alors, à travers des témoignages et récits, à l' aide de documents restés inédits ou occultés par certains, de se forger une opinion libre et indépendante...
À l' aide de témoignages et de souvenirs souvent inédits, d' archives restées inexplorées, cette collection se veut une incessante remise en cause des événements du passé. »

Doit-on lire les témoignages et récits avant les théories générales plus ou moins bonnes ?


Corinne Luchaire 5.jpgL' autobiographie de Corinne Luchaire (1921-1950), fille de Jean Luchaire (1901-1946)** journaliste-patron de presse-collaborateur vichyste, ne comporte aucune haine. Le style est très doux voire un peu évanescent. Elle nous « demande » de la lire. Par petits chapitres non sensationnalistes, elle nous déroule sa « drôle de vie ». Son abandon très jeune de l' école, sa carrière d' actrice à la célébrité rapide après quelques essais grâce à "Prison sans barreaux"*** (1938), ses rencontres à Londres pour le remake anglais de cet énorme succès, le tournage de son meilleur film "Le dernier tournant"*** (1939) de Pierre Chenal qui est la première adaptation de "Le facteur sonne toujours deux fois" de James Cain, ses petites aventures pendant son dernier métrage "L' intruse" en avril-mai 1940 en Italie pendant le conflit franco-allemand... en plus elle nous raconte ses différents « flirts », un mariage et un amour malheureux...


Corinne Luchaire 1.jpgPourquoi avoir arrêté sa carrière si vite... tout simplement parce que Corinne Luchaire est très tôt de santé fragile ; pneumonie et tuberculose seront ses souffrances et le sanatorium de Mégève son refuge, c' est aussi le refuge de beaucoup de Juifs et de résistants... qu' elle aidera. La fameuse vie insouciante et juste faite de soirées mondaines dans le Paris occupé est une excellente invention de ses détracteurs. Bien sûr, elle est présente à un certain souper à l' ambassade d' Allemagne... mais en 1938, où elle fut prise en photo avec von Ribbentrop, photo que la presse américaine utilisera pendant la guerre. Bien sûr, elle décrit ses robes, coiffures comme toute jeune femme...



Corinne Luchaire 2.jpgUne petite fille prénommée Brigitte naît, le père est un officier autrichien. Les Alliés arrivent sur Paris. Départ comme tous les collaborateurs et leurs proches à Baden-Baden, puis Sigmaringen, puis l' Italie où son père et sa famille cherche la protection de l' armée américaine. Peine perdue. Corinne Luchaire sera emprisonnée et condamnée plus tard à dix ans d' indignité nationale. Lui reproche-t-on le fait d' être la fille d' un collabo, les rares fêtes auxquelles elle participa ou la petite fille qu' elle a eu avec « l' ennemi » ? Elle en conclut qu' il s' agit d' une condamnation « morale ». Son père sera fusillé le 22 février 1946. Elle mena une vie très bohème pendant cette période, allant d' hôtel en hôtel...



Corinne Luchaire 3.jpgLe dernier paragraphe du livre, première parution en 1949, est très émouvant, surtout lorsque l' on sait qu' elle meurt le 22 janvier 1950.

*Philippe Randa a eu des engagements d' extrême-droite.
**Jean Luchaire sauvera des juifs notamment Simone Kaminker dite Simone Signoret.
***Il serait temps que ces films sortent en DVD.






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16:54 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : autobiographie, cinéma

07/07/2010

GLORIA SWANSON par ELLE-MÊME.

51l6QZZT-NL._SL500_AA300_.jpgPAUVRE PETITE FILLE... gâtée...

Il y a des autobiographies qui vous laisse dans un état pantois. Gloria Swanson (1899*-1983) superstar du cinéma muet, du moins dans les dix dernières années (1919-1929), est la fille unique d' une famille moyennement aisée dont la maman n' arrêtait pas de lui coudre des robes et tenues diverses...

Après des débuts dans des petits studios pour se faire de l' argent de poche, Gloria Swanson qui n' a aucune vocation de comédienne, elle voulait être chanteuse, rencontre Cecil B. DeMille - réalisateur illustratif et sans point de vue, en quelque sorte le prédécesseur de Steven Spielberg - qui en fit donc une superstar en produisant six films d' affilée. L' assistant de DeMille, le triste Sam Wood, lui succéda et en fit dix. Tous des drames mondains ou ahurissants qui ont très mal passés l' épreuve du temps, on peut en voir avec amusement sur les chaînes du câble. Les obsessions de Gloria Swanson dans cette série de films sont... sa garde robe, le faste de sa loge et l' augmentation constante de son salaire hebdomadaire. L' un des réalisateurs attitrés de Douglas Fairbanks, Allan Dwan, prit la relève le temps de six films du même acabit, mais de l' avis de ses admirateurs mieux mis en scène.

Le plus intéressant paradoxalement dans la carrière de Gloria Swanson, c' est quand elle devint productrice indépendante pour United Artist, société fondé en 1919 qui regroupait beaucoup de valeurs sûres du box-office du muet : Charlie Chaplin, Mary Pickford, Douglas Fairbanks, D.W Griffith. Après un projet encore ahurissant "Sunya" (1927), enfin Raoul Walsh vint mettre en scène "Sadie Thompson" (1928) où il interprète aussi un rôle. Walsh dans son autobiographie "Un demi-siècle à Hollywood" en garde un très bon souvenir et en parle pendant de longues pages, surtout des problèmes avec la censure. La saga de Queen Kelly (1928) démontre qu' elle est effectivement l' instigatrice de son échec. Si elle admet que Erich Von Stroheim est un grand réalisateur, elle refusa effectivement de se plier à l' extravagance d' une scène : du jus de tabac devant couler de la bouche de Tully Marshall sur sa main tout en lui passant une alliance. Fin du tournage, film quasiment inmontrable, car sans conclusion, Gloria Swanson et son banquier-amant** Joe Kennedy (le père du président US et du sénateur assassinés) y firent travailler diverses personnes en vain.

Son premier film parlant "The Trespasser" (1929) est un succès, mais ses autres films sont des échecs sans appel, pourtant les drames mondains de Greta Garbo cartonnaient sans compter les mélodrames délirants de Sternberg pour Dietrich. Et puis bien sûr "Boulevard du crépuscule" (1950) de Billy Wilder arriva, le plus grand come-back de l' histoire du cinéma, il faut bien en convenir, où elle incarne pratiquement sa propre vie la ramène au-devant de la scène... le temps d' un film.

En ce qui concerne la vie privée de Gloria Swanson, six mariages et trois enfants dont un petit garçon adopté, rien ne nous est épargné : première nuit de noce cauchemardesque avec Wallace Beery, avortements et divorces aussi ahurissants que ses films... Découvrez-la en lisant ce livre de 500 pages environ. Son rapport avec la médecine est édifiant. Son égocentrisme stupéfiant.

*Certaines biographies disent qu' elle serait née en 1897. Les actrices de cette époque avaient l' habitude d' "aménager" leur date de naissance.
**Gloria Swanson reconnaît dans cette autobiographie sa liaison avec Joe Kennedy alors que tous deux étaient mariés.

20:54 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : autobiographie, cinéma