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29/03/2016

TUER LE SERVICE MILITAIRE : un livre d' Edouard Ballot paru en 1993.

41lgdkXcfdL._SX246_BO1,204,203,200_.jpgSi je suis content que les obligations militaires ont été supprimées, je n' ai jamais regretté les miennes au 4ème Régiment de Dragons à Mourmelon ; je m' y suis trop marré et beaucoup moins ennuyé qu' au Lycée à écouter des nases qui m' ont octroyé un BEP d' électronicien que je ne méritais pas, étant donné que je ne foutais rien, pour un métier que je n' ai jamais pratiqué. Monteur en charpentes métalliques et en grosse chaudronnerie, ça ne s' apprend pas à l' Éducation nationale. Manier le PRS de 4 tonnes ou la virole de 3 mètres de diamètre, c' est un métier d' homme ; manier des composants électroniques à la pince brucelle... Notre cher Édouard, auteur de cet ouvrage qui se veut iconoclaste, croit aux études ; rien que pour ça, je souris. Faut dire qu' il a écrit son livre à l' âge canonique de 25 ans, avec un peu d' expérience de la vie. Il n' aimait pas être commandé par des gars qui étaient moins éduqués que lui ; y'a d' autre chose à supporter à l' Armée, le mec de banlieue qui chante (dégueule) du Renaud. Pour les cheveux courts, épisode qu' il l' a un peu traumatisé, franchement j' ai adopté tout de suite.

Après une formation militaire d' un mois, Édouard se retrouve derrière une photocopieuse aux services administratifs, il peut même se déguiser en civil entre midi ; en bref un planqué. Pas autant qu' un anorexique journaliste au Figaro, RTL et Paris première exempté pour une arthrose (ou arthrite) du genou, ou, un philosophe hystérique (Taisez-vous ! Taisez-vous !) réformé P4 (un dingue, on le soigne, on ne l' écoute pas) ; ces deux patates donnant de surcroît des leçons de patriotisme. Édouard se plaint que les appelés ne soient pas employés suivant leurs compétences et leurs formations professionnelles : se retrouver dans un AMX 10, être coincé dans un simulateur de blindé par -10° avec la flotte qui monte au fur et à mesure, faire un stage commando à Givet, des marches forcées de 40 kilomètres trois jours d' affilée, tes compétences estudiantines, tout le monde s' en fout le planqué ! Ces exercices divers et amusants te préparent à porter des sacs de boulons d' un trentaine de kilos au sommet d' un Haut-fourneau pour rattraper cette satanée virole alors que l' ascenseur est en panne, et, plus tard quand tu as changé de boulot suite à deux licenciements économiques, en-dessous d' un licenciement, t' es pas Lorrain, ça sera de te coltiner à travers les étages d' un immeuble des plaques de plâtre, des sacs d' enduit de 25 kilos et autres joyeusetés parce que t' as décidé d' envoyer balader le système entrepreneurial et de bosser seul. T' es dans la chochotterie mon pote le planqué ! Parce qu' Édouard, tu m' ennuies avec tes études supérieures. Lorsque je suis devenu définitivement monteur en CM après l' Armée, j' ai connu assez de chefs d' équipe et de chefs de chantier qui savaient à peine lire et écrire et qui buvaient sec ; mais y'avait pas mieux que ces gars-là pour monter une virole, satanée virole, de plusieurs tonnes entre un Haut-fourneau et un cowper avec deux poulies trois galets mouflées en six brins et actionnées par un treuil à air comprimé, un engin hyper dangereux qui tousse comme un tubard, avec des tire-forts de retrait afin de passer dans l' enchevêtrement des conduites ; encore un truc qui ne s' apprend pas à l' Éducation nationale. C' étaient des meneurs d' hommes. Alors Édouard, ton petit laïus quant tu demandes à un engagé gradé pour quelle raison il est entré dans l' Armée : parce qu' il n' a pas le BAC ?! Édouard, tes études supérieures te féminisent et ne me fait pas le coup du féministe outragé, t' es le premier à te moquer des femmes militaires et de leur prise de rendez-vous hebdomadaire chez le coiffeur attitré de l' organisme militaire (et très peu cher).

Alors pourquoi je suis content que le service militaire n' existe plus, et là je suis d' accord avec certains arguments d' Édouard. D' un point de vue économique, c' est une évidence, un appelé coûte cher : encadrement, service médical, habillement, nourriture, voyages SNCF gratuits, points de retraite ; même si t' as que l' eau froide au lavabo, les douches qui fonctionnent une fois sur deux, le chauffage n' en parlons pas, et, l' ordinaire ça allait, franchement la cantine ça allait. Cela fait-il diminuer les statistiques du chômage ? Non, parce qu' avant de faire ton service, personne ne t' embauche puisque tu n' es pas dégagé de tes obligations militaires ; j' ai eu la chance de travailler en interim car il ne faut pas oublier que la solde ne suffit pas à tes besoins pendant un an, du temps d' Édouard c' était passé à dix mois, faut mettre du pognon de côté ou avoir des parents friqués, d' où une discrimination. Autre discrimination plus notoire, Édouard nous dit qu' au début des années 90, il n' y avait plus qu' un conscrit sur deux qui faisait son service tellement il y avait de sursitaires notamment à cause des études supérieures (encore), et quelle classe sociale fait le plus d' études supérieures ? les enfants de la bourgeoisie ? ou ceux des profs ? En une douzaine d' années cela avait quand même changé, le brassage social était aux oubliettes. À l’ heure où certaines personnes voudraient rétablir le service militaire, beaucoup de ces personnes sont des femmes d' ailleurs de Gauche comme de Droite, il faut lire quand même ce livre d' Édouard Ballot. Les chiffres y sont précis, certaines démonstrations intéressantes. Il ne tombe pas dans le pacifisme larvé, et, il faut toujours se préparer à une guerre même si la guerre est une folie, mais ça, il n' y a que les imbéciles qui ne le comprennent pas. Par contre le petit laïus à propos des impôts qui paient le militaire engagé, les impôts paient aussi un système éducatif qui abandonne 150 000 jeunes chaque année mon cher Édouard.

En fin de compte, les engagés sont-ils heureux de ne plus avoir d' appelés dans leurs pattes ? Vu mon expérience, ma réponse est affirmative.

09:27 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, politique

29/02/2016

JOE COCKER : SOMETHING TO SAY. 1973. CD paru en 1990.

41lpyRIXNtL.jpgSe procurer cet album de 1973 paru en CD en 1990 est actuellement très difficile. Si je m' en rappelle bien, j' ai dû le chiner chez un disquaire d' occaz à Luxembourg-Ville. Paraît-il qu' il existe une version remasterisée datant de 1998 avec la pochette américaine bien plus jolie. Pourtant, il s' agit peut-être du plus personnel disque du plombier et inventeur de l' air guitar. C' est la dernière fois où Joe Cocker coécrit autant de chansons ; six tout de même dont cinq avec son fidèle claviériste Chris Stainton. Les plus connues étant Black Eyed Blues au tempo lancinant superbement reprise par Esther Phillips sur son album éponyme, et High Time We Went bâtie sur une seule ligne de force à tel point que Bob Seger, Frankie Miller ou Rod Stewart aurait dû nous en donner leur version, ainsi que Woman to Woman avec sa célèbre voix de fausset samplée par je ne sais plus quel rappeur. Sa mouture du Midnight Rider de Gregg Allman vaut bien celle de Big Bob sur Back in '72. Et puis tout ça se termine par un St. James Infirmary Blues (J'avais deux amis par Eddy Mitchell) en public de toute beauté. Qu'est-ce que ça fait du bien d' écouter un son brut de décoffrage avec cette voix tellement bourrée de défauts reflétant tout les accidents de la vie qu' elle en devient indispensable pour son bien-être.








10:24 Publié dans Blog, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, rock

31/01/2016

EMERSON, LAKE & PALMER : THE ESSENTIAL. DOUBLE CD. 2011.

51IYSeix1aL._SX355_.jpgDans le progressif, phébus du rock (?!), ELP, c' est la Sainte Trinité. J' ai surtout acheté ce double CD - sur le marketplace d' Amazon à moins de 5 € envoi compris, faut quand même pas déconner - parce que j' aime bien la voix de Greg Lake. Avec le recul, elle est nettement plus virile voire agressive, faut pas le hululer sur les toits non plus, que celle du chapon Jon Nous sommes du soleil Anderson.

Dans cette anthologie, il faut se faner quelques instrumentaux longuets, dont l' emphatique Fanfare For The Common Man, et surtout des arrangements qui voudraient concurrencer la musique symphonique. Y'a de quoi piquer une crise et réviser son Otto Klemperer ou son George Szell. Le pire, c' est Tarkus. Une 'Pièce' - le fan progueux de wiki dit 'Pièce' pas 'chanson', y' en a qui se touche pas le trou de balle avec la langue - qui dure plus de vingt minutes ; je préfère un pensum estudiantin de Roger Waters. Pour se représenter le syndrome prog du 'Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué', les deux 'Pièces' Take a Pebble et Pirates en sont des exemples les plus ampoulés, gourmés et barbants que la postérité réduira en poussière.

Pour ce qui me plaît, From The Beginning est une bonne chanson, puisque je vous affirme que c' est une chanson, la preuve : il y a des couplets et un refrain ! j' arrive même à supporter le synthé d' Emerson et tous les tas de petits bruits de Palmer. I Believe in Father Christmas, avec eux faut y croire, est une autre bonne chanson acoustique, malgré l' intervention du virtuose du clavier. Le virtuose est plus supportable sur les gaguesques Hoedown, Nutroker, Honky Tonk Train Blues et Peter Gunn. Pour C'est la vie avec son accordéon, Daniel Guichard n' est pas loin, il devrait en faire une cover. Le psychédélique Still... You Turn Me On, Lucky Man en dépit de la surenchère de Palmer et Emerson ou le mainstream Affairs of The Heart sont de bonnes chansons (si, si, j' insiste) que j' aime vraiment.










19:07 Publié dans Blog, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, prog