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23/05/2010

JOHN STURGES : HOUR OF THE GUN (7 SECONDES EN ENFER)

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Le célèbre "Règlement de comptes à O.K. Corral" (1956) de John Sturges avec Burt Lancaster (Wyatt Earp) et Kirk Douglas (Doc Holliday) nous montrait les préliminaires et se terminait par cet affrontement. "7 secondes en enfer" (Hour of The Gun, 1967) commence par cet affrontement et développe les conséquences de cette tuerie.

Il aurait été intéressant que Lancaster et Douglas reprennent leurs rôles. Mais le scénario de Edward Anhalt veut être un exact reflet de la vérité historique, comme l' indique la fin du générique d' ouverture : "Ce film est tiré d' un fait réel. C' est ainsi que ça s' est passé". Donc, "7 secondes en enfer" ne peut pas être une suite direct, car, dans la version de 1956, le règlement de comptes durait pas loin de 8 mn et comportait un plus grand nombre de morts. Ici, environ 20* secondes de combat, trois morts dans le clan Clanton et deux des frères Earp blessés. Les prolongements de l' histoire confrontent James Garner (Wyatt Earp) à sa foi dans la loi face à sa vengeance, contre le clan Clanton mené par le génial Robert Ryan, suite à l' assassinat d' un de ses frères, ultérieur au réglement de comptes. Jason Robards (Doc Holliday) sera son ami et son seul contradicteur qui le mettra face à ses actes revanchards. Gardner utilise son statut de "marshal" pour accomplir sa vendetta. On doit ajouter que les différents duels sont d' une violence sèche et rapide. On dirait du Joseph H.Lewis ou du Don Siegel. Différents du cinéma-frime que Sturges a l' habitude de pratiquer.

Une excellente réflexion sur l' amitié, la peine du talion mais aussi la justice avec les deux procès consécutifs dans le premier tiers du film. La langueur narrative de l' œuvre est assez fascinante. Musique discrète de Jerry Goldsmith. Photo "terreuse" de Lucien Ballard.

DVD zone 1 et exclusivement zone 1. Durée de 1 heure 41 mn. Film en couleur. Format : 2,35:1. Langue audio anglaise seulement. Sous-titres en français, espagnol et anglais.

*Le titre français "Sept secondes en enfer" fait référence aux sept des "Sept mercenaires".



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21:43 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : western, cinéma

20/05/2010

CLAUDE NOUGARO : L' ENCHANTEUR DVD

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Bon, on va pas chipoter, Claude Nougaro n' est pas juste un enchanteur : c' est un génie. C' est le seul chanteur, il y aura Jonasz après lui, qui peut vous faire supporter le jazz, surtout si vous avez une haine pour ce genre musical. Le seul qui peut rendre chaleureux ce congélateur-mathématicien de Dave Brubeck avec l' adaptation de "Blue Rondo à La Turk" devenant "À bout de souffle", qu' il transforme en roman noir que ne renierait pas David Goodis. Le seul qui peut vous faire supporter l' insupportable Michel Legrand, et là, c' est le miracle : "Ouh", "Les mines de charbon", "Le paradis", "Schplaoush", "Le cinéma", "Le rouge et le noir", "Les Don Juan"... Essayez d' écouter les B.O. composées par Legrand pour les films de Jacques Demy, "Les parapluies de Cherbourg" (1964) ou "Les demoiselles de Rochefort" (1967), et vous comprendrez de quoi il en retourne ! Du moins si vous pouvez les écouter jusqu' au bout ! Si vous êtes courageux, celles de "L' affaire Thomas Crown" (1968) ou de "Ne dites plus jamais plus jamais" (1983). Là, Legrand atteint le degré de l' innommable et du détestable.

De toute façon, ce double-DVD se révèle indispensable pour les dingues du petit taureau toulousain... et pour ceux et celles qui le connaissent pas ou mal.

22:59 Publié dans Blog, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique

14/05/2010

ROBERT LE VIGAN PAR CLAUDE BEYLIE et ANDRÉ BERNARD.

51KVXM0SFPL._SL500_SS130_.jpgLa lecture de ce livre se révèle éprouvante, car la vraie nature de Robert Le Vigan ne peut y être décelée. "Désordre et génie" sous-titre Claude Beylie et André Bernard, il faut effectivement en rester là.

Ce comédien dont le talent s' abreuva dans la folie, allant jusqu' à scier ses dents pour le rôle de Jésus dans "Golgotha" (1935) de Julien Duvivier, plongea dans la collaboration dès 1940 en participant à Radio Paris, où, d' après les témoignages, il exécutait surtout des parodies de Churchill et De Gaule. L' antisémitisme supposé de Le Vigan n' est pas démontré dans ce livre. On ne possède aucun enregistrement de ces émissions. Beaucoup disent qu' il était sous l' influence de Céline, dont il était ami bien avant l' occupation nazi, et qui lui donna le surnom "La Vigue". Sa fuite à Sigmaringen avec Céline, où s' étaient réfugiés tous les collabos, lui sera fatale. Procès, condamné à 10 ans de travaux forcés, confiscation de ses biens, indignité nationale à vie. Madeleine Renaud, très digne, témoigna que Le Vigan était fou car il s' endormait avec une hache pour se défendre et avait toujours un vélo à porter de main pour pouvoir s' enfuir. Pierre Renoir, Jacques Becker, Fernand Ledoux, Jean-Louis Barrault témoigneront aussi. Pour ses amis, Le Vigan fut un lampiste. Pierre Fresnay, Sacha Guitry, Clouzot furent inquiétés, mais pas condamnés à une aussi lourde peine. Même le journaliste du Figaro Pierre Scize écrivit: « C' est cher payé ».

Libération conditionnelle en octobre 1948, craignant pour sa vie suite à un attentat*, il s' enfuit avec l' aide de Jacques Becker. Deux rôles insignifiants en Espagne. Départ en Argentine, encore deux rôles insignifiants. Il survit en étant chauffeur de taxi, professeur, secrétaire particulier... Fin de vie misérable avec sa seconde épouse Edmée Bellemer, elle nous est racontée à l' aide des lettres que le Vigan adressa à André Bernard qui essayait de le convaincre d' écrire son autobiographie. Il refusa poliment. Malgré plusieurs offres, pas juste celle de Truffaut, jamais il ne voulut rentrer en France : « On ne revient jamais aux foyers des bourreaux qui vous ont supplicié pour les joies hystériques de l' Histoire », dit-il.

L' acteur prodige qui fut magnifique dans les films de Duvivier, Renoir, Chenal, Carné, Pagnol, Christian-Jaque et bien sûr le rôle emblématique de Goupi-Tonkin (1943) chez Becker ne peut-être oublié. Il ne se forgea pas un type immuable de personnage, il s' ingéniait à se renouveler pour chacun de ses rôles. Il avait commencé très tôt au théâtre dans des vaudevilles. Il fit parti de la troupe de Louis Jouvet. Charles Denner et Jean-Pierre Marielle seraient tenus pour ses successeurs.

*L' attentat s' est produit près de chez Paul Colline (scénariste) : lui était-il destiné ?

18:16 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie, cinéma