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15/09/2010

CORINNE LUCHAIRE : MA DRÔLE DE VIE.

Corinne Luchaire 8.jpgPhilippe Randa*, directeur de la collection « Vérités pour l' Histoire » des Éditions Dualpha, écrit en quatrième de couverture :
« Il y a deux façons de concevoir un livre d' Histoire : comme une leçon récitée, comme une suite d' images d' Épinal, en jugeant sans chercher à se poser des questions... ou alors, à travers des témoignages et récits, à l' aide de documents restés inédits ou occultés par certains, de se forger une opinion libre et indépendante...
À l' aide de témoignages et de souvenirs souvent inédits, d' archives restées inexplorées, cette collection se veut une incessante remise en cause des événements du passé. »

Doit-on lire les témoignages et récits avant les théories générales plus ou moins bonnes ?


Corinne Luchaire 5.jpgL' autobiographie de Corinne Luchaire (1921-1950), fille de Jean Luchaire (1901-1946)** journaliste-patron de presse-collaborateur vichyste, ne comporte aucune haine. Le style est très doux voire un peu évanescent. Elle nous « demande » de la lire. Par petits chapitres non sensationnalistes, elle nous déroule sa « drôle de vie ». Son abandon très jeune de l' école, sa carrière d' actrice à la célébrité rapide après quelques essais grâce à "Prison sans barreaux"*** (1938), ses rencontres à Londres pour le remake anglais de cet énorme succès, le tournage de son meilleur film "Le dernier tournant"*** (1939) de Pierre Chenal qui est la première adaptation de "Le facteur sonne toujours deux fois" de James Cain, ses petites aventures pendant son dernier métrage "L' intruse" en avril-mai 1940 en Italie pendant le conflit franco-allemand... en plus elle nous raconte ses différents « flirts », un mariage et un amour malheureux...


Corinne Luchaire 1.jpgPourquoi avoir arrêté sa carrière si vite... tout simplement parce que Corinne Luchaire est très tôt de santé fragile ; pneumonie et tuberculose seront ses souffrances et le sanatorium de Mégève son refuge, c' est aussi le refuge de beaucoup de Juifs et de résistants... qu' elle aidera. La fameuse vie insouciante et juste faite de soirées mondaines dans le Paris occupé est une excellente invention de ses détracteurs. Bien sûr, elle est présente à un certain souper à l' ambassade d' Allemagne... mais en 1938, où elle fut prise en photo avec von Ribbentrop, photo que la presse américaine utilisera pendant la guerre. Bien sûr, elle décrit ses robes, coiffures comme toute jeune femme...



Corinne Luchaire 2.jpgUne petite fille prénommée Brigitte naît, le père est un officier autrichien. Les Alliés arrivent sur Paris. Départ comme tous les collaborateurs et leurs proches à Baden-Baden, puis Sigmaringen, puis l' Italie où son père et sa famille cherche la protection de l' armée américaine. Peine perdue. Corinne Luchaire sera emprisonnée et condamnée plus tard à dix ans d' indignité nationale. Lui reproche-t-on le fait d' être la fille d' un collabo, les rares fêtes auxquelles elle participa ou la petite fille qu' elle a eu avec « l' ennemi » ? Elle en conclut qu' il s' agit d' une condamnation « morale ». Son père sera fusillé le 22 février 1946. Elle mena une vie très bohème pendant cette période, allant d' hôtel en hôtel...



Corinne Luchaire 3.jpgLe dernier paragraphe du livre, première parution en 1949, est très émouvant, surtout lorsque l' on sait qu' elle meurt le 22 janvier 1950.

*Philippe Randa a eu des engagements d' extrême-droite.
**Jean Luchaire sauvera des juifs notamment Simone Kaminker dite Simone Signoret.
***Il serait temps que ces films sortent en DVD.






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16:54 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : autobiographie, cinéma

12/09/2010

VINCENT PRICE / ROGER CORMAN : LA CHAMBRE DES TORTURES (The Pit and The Pendulum)

51YaMuy-pvL._SL500_AA300_.jpgAprès beaucoup de films pitoyables ou des blagues de potache tel que "Un baquet de sang" (1959) et "La petite boutique des horreurs" (1960) ne pouvant contenter que les fanatiques de la culture des navets - ça existe, il y en a même qui en trouve là où il y en a pas : François Forestier !? -, mis à part "Mitraillette Kelly" (1958) voire "I, Mobster" (1958), Roger Corman trouve un filon avec les adaptations des nouvelles d' Edgar Allan Poe, qui lui permet d' être un concurrent dans le domaine de l' horreur face au studio anglais Hammer et plus spécialement de l' "attachant" réalisateur Terence Fisher qui recyclait avec délectation les romans classiques de l' effroi.

Si chez Fisher, Peter Cushing et Christopher Lee s' affrontent comme dans un duel ce qui permet une certaine sobriété (?) de l' interprétation, Vincent Price est surtout dans les premiers films de cette série en roue libre car faute de partenaire(s) à sa hauteur ; beaucoup de critiques (Tavernier et Coursodon, Lourcelles) ont remarqué ce défaut dans ces adaptations, mais c' est certainement voulu pour mettre en valeur Vincent Price et l' une des raisons pour laquelle ces films vieillissent bien : une sorte de deuxième degré visible. Peut-on conter sérieusement de telles histoires ? Ce joyeux penchant pour la cabotinerie est vraiment quasi paroxistique dans "La chambre des tortures" (1961) ; à côté Louis de Funès, c' est bressonien. Il faut voir Vincent Price rouler des yeux, les sourcils en accent circonflexe, en ânonnant ses répliques dans un état d' hypnose, déambulant d' une démarche lourde de sens burlesque pour ne pas sourire de ses exagérations. John Kerr, excellent chez Vincente Minnelli dans "La toile d' araignée" (1955) et "Thé et sympathie" (1956), est ici opaque ; après tout son rôle le veut. La "tout juste belle" Luana Anders - un comble pour une jeune première - est inexistante ; dans ce genre d' emploi, par contre, que l' actrice soit très jolie (ce n' est pas le cas de Luana Anders), doit-être la qualité première, qu' elle joue plus ou moins bien, on s' en moque. Heureusement que la beauté ténébreuse de Barbara Steele - tout droit sortie du poème "Chanson d' après-midi" de Baudelaire, plus gothique qu' elle tu meurs, à égalité avec Florinda Bolkan - réhausse nos sens visuels, sensuels et sexuels ; elle est bonne actrice (eh oui ça existe !) mais pas assez présente à l' écran. Seul Antony Carbone arrive à combattre avec beaucoup de mal l' emphatisme génial de Vincent Price, mais il fait une bonne tête de moins que notre cher cabotin.

Les plus grands intérêts du film, en dehors du numéro "Grand guignol" jouissif de Vincent Price, sont le scénario très bien agencé et caustique de Richard Matheson - la petite pirouette finale est excellente -, la photographie "coloriée et psychédélique" de Floyd Crosby : le rouge EST rouge, le bleu EST bleu... la direction artistique de Daniel Haller : la chambre des tortures, les différents souterrains et passages secrets avec force toiles d' araignées (ça n' est pas onéreux) sont prodigieux ; surtout lorsque l' on sait les mini-budgets des productions de l' American International Pictures. La figuration des rats se limite à deux ou trois spécimens... on ne gaspille pas chez Corman.

Film en couleur de 1961. Durée : 78 minutes.
Format : 2:35, compatible 16/9.
Langue audio anglaise et française. Sous-titres français.
Très belle copie.

La chambre des tortures 1.pngLa chambre des tortures 2.pngLa chambre des tortures 3.pngLa chambre des tortures 4.pngLa chambre des tortures 5.pngLa chambre des tortures 6.png

09/09/2010

FRANK MARINO : THE POWER OF ROCK AND ROLL

51XBCDF8J5L._SL500_AA300_.jpgLE CHAÎNON MANQUANT.

Frank Marino fait parti des guitaristes de hard-rock des années 70, il est aussi chanteur. L' influence hendrixienne évidente pour certains ne l' est pas tant que ça, du moins l' inspiration. On est loin du blues-rock avec des penchants de "soul" de Robin Trower et encore plus des recherches mélodiques de Randy California, tous les deux sont d' excellents continuateurs de l' esprit hendrixien. D' ailleurs la chanson-titre de l' album "The Power Of Rock and Roll" fait penser au meilleur de Ted Nugent de l' époque et "Crazy Miss Daisy" aurait pu avoir sa place sur un album de la première période de Johnny Winter ; la voix de Frank Marino est proche de celle de l' albinos. Hormis ces deux vraies bonnes chansons et deux autres moyennes mais encore concises "Play My music" et "Stay With Me", le reste n' est que cavalcades de guitare ou démonstrations techniques, sur des bases simples où les solos sont tellement en avant que l' on a du mal à distinguer la guitare rythmique de son frère Vince, même le duo basse-batterie est en retrait. Frank Marino est en plus le producteur-arrangeur de l' album (1981), ceci expliquant peut-être cela ; c' est son huitième en studio. Ses capacités de descente et de montée de manche annoncent le phénomène des "shredders" qui va éclore dans les années 80 : Moore, Vai, Malmsteen, Friedman...

23:03 Publié dans Blog, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, métal