Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/01/2011

ALAN LADD : SMITH LE TACITURNE (Whispering Smith) de LESLIE FENTON

51tfgyy6kVL._SL500_AA300_.jpgAlan Ladd n' était pas très bien considéré comme acteur. Si son nom attirait les foules, les critiques n' étaient pas très tendre avec lui, voire certains réalisateurs comme Delmer Daves. Pourtant son côté gauche et un peu hésitant est en fin de compte une figure de style qui vaut la peine d' être étudiée et qui le rapproche, sauf pour la taille, de Gary Cooper ; autre héros américain dont le « jeu » est mal apprécié.

Dans ce western dont l' intrigue simple, ce qui ne veut pas dire simpliste - deux amis travaillant pour une compagnie de chemin de fer aiment la même femme, mais l' un d' eux deviendra un hors la loi -, permet de développer la complexité des caractères comme dans tout bon western. Brenda Marshall a un très beau sourire énigmatique et pleure très bien. Robert Preston (le copain qui tourne mal) a un débit de paroles rapide proche du débit "mitraillette" de James Cagney. On est content de voir William Demarest, le comédien fétiche de Preston Sturges, dans le rôle de faire valoir de Alan Ladd. Le vétéran Donald Crisp, habitué du genre western, compose une silhouette de manipulateur calculateur d' une hypocrisie délectable.

Le réalisateur Leslie Fenton est vraiment un artisan à redécouvrir qui soigne ses effets. Il y a de beaux gunfights et des poursuites à cheval mouvementées. L' une des stars de ce film est la photographie quasi-irréelle de Ray Rennahan dont les tons ocres, bruns, cuivrés surtout pendant les scènes de nuit sont à savourer.

Film en couleur de 1948. Format 4/3. Magnifique et excellente restauration.
Durée environ 1 heure 25 mn ; pas 1 heure 52 mn comme inscrit sur la jaquette.
Version anglaise sous-titrée française ; pas de version audio française contrairement à ce qui est écrit sur la jaquette.

BONUS :
1) Une présentation du film par Patrick Brion d' une durée d' environ 4 minutes.
2) Un bon documentaire sur la vie et la carrière de Alan Ladd d' une durée d' environ 56 minutes où interviennent Patricia Medina, Mona Freeman, Lizabeth Scott, Don Murray, Jeff Corey, Anthony Caruso, Edward Dmytryk, David Ladd... Dommage que l' autre fils de Alan Ladd, le producteur légendaire Alan Ladd jr (surtout avec The Ladd Company : Outland, The Right Stuff, Blade Runner...) n' y participe pas.
3) Un autre documentaire sur un texte écrit et dit par Jean-Claude Missiaen d' une durée de 18 minutes.

vlcsnap-2011-01-20-21h36m13s16.pngvlcsnap-2011-01-20-21h43m18s176.png
vlcsnap-2011-01-20-21h46m03s103.png
vlcsnap-2011-01-20-21h48m05s78.png
vlcsnap-2011-01-20-21h52m21s38.png
vlcsnap-2011-01-20-21h57m20s233.png

16:35 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, western

18/01/2011

SHADES of MITTY COLLIER : THE CHESS SINGLES 1961-1968.

51kuNRIMGxL._SL500_AA300_.jpgCette chanteuse de rythm'n'blues, qui se reconvertira dans le Gospel dans les années 70 - c' est tout de même mieux que de se fourvoyer dans le Disco -, a enregistré des singles brûlants chez Chess entre 1961 et 1968, où sa voix grave, profonde, assurée et un peu éraillée est à déguster avec avidité et renvoie à ses séances de gymnastique Mick Jagger et Éric Burdon peut continuer de se toucher l' entrejambe de dépit. D' ailleurs plus Mitty Collier va dans les graves, plus elle nous donne des frissons, ce qui la distingue aussi de ses consœurs de l' époque. L' énorme qualité des orchestrations alliant cordes et cuivres - on se pose même la question si la maison Chess n' est pas supérieure musicalement à la maison Stax surtout si l' on possède trois autres compilations Chess : "The Very Best Of Fontella Bass", "Sugar Pie DeSanto / Go Go Power : The Complete Chess Singles 1961-1966" ou "The Chess Collection : Laura Lee" -, un son clair et nettoyé permet une écoute excellente et appréciable. Mitty Collier chante "I'm Satisfied", et bien je le suis aussi et au-delà de tout !

18:11 Publié dans Blog, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0)

10/01/2011

HARRY BAUR par HERVÉ LE BOTERF.

515WMZFFDXL._SL500_AA300_.jpgDeux livres jouent en défaveur de Hervé Le Boterf (1921-2000), l' auteur de cette biographie sur Harry Baur, qui sont à l' origine de deux films antédiluviens réalisés par Léo Joannon et interprétés par Pierre Fresnay : l' inénarrable « Le défroqué » (1954) et le vieillot « L'homme aux clefs d'or » (1956). Deux films à éviter*. On ne peut pas faire l' impasse non plus sur le fait qu' il a soutenu une réhabilitation de l' écrivain-journaliste-collaborationniste Robert Brasillach fusillé à la Libération. Ce qui n' engage guère à acquérir cette biographie...

Après lecture, il faut bien reconnaître que le style en est assez alerte, qu' on ne s' y ennuie pas, et que l' on apprend beaucoup sur la carrière de Harry Baur, notamment sur son énorme activité théâtrale dont le point culminant semble être « Le procès d' Oscar Wilde » (1935) ou sur ses débuts au temps du cinéma muet où il tenait à faire ses cascades lui-même ; Harry Baur était très sportif. L' arrivée du parlant fera éclater son génie, il était temps car il venait d' avoir cinquante ans. Son interprétation de monsieur Lepic dans « Poil de carotte » (1932) de Julien Duvivier sera un triomphe, son incarnation de Jean Valjean dans « Les Misérables » (1934) de Raymond Bernard restera la meilleure et surclasse aisément celle de Gabin ou Ventura. Il fut certainement aussi le meilleur Maigret dans « La tête d' un homme » (1932) de Duvivier, même si ce n' est pas une très bonne adaptation de Simenon. Jean Renoir lui reprochera sa trop grande présence sur les écrans. Il jouera beaucoup dans des films d' inspiration russe d' inégale valeur...

Il interprétera souvent des personnages juifs, d' où le harcèlement dont il a fait l' objet pendant l' occupation dans la presse collaborationniste sur ses origines et sur celle de sa seconde épouse. Après enquête de Le Boterf qui explore plusieurs pistes, Harry Baur est arrêté avec sa femme sur une dénonciation dont le texte serait « Harry Baur est juif, il est marié à une juive, sa fille a épousé un juif algérien, ses enfants sont élevés dans la religion juive. », apparemment écrit par un acteur obscur et jaloux. Après cent onze jours dans la prison du Cherche-midi, il est libéré ; sa femme sort après cent quinze jours à la prison de la Santé. Mais, ce ne serait pas suite à des tortures physiques infligées par la Gestapo qu' il serait mort quelques mois plus tard, mais du fait qu' il fut mis au secret et donc qu' il ne pouvait pas recevoir de colis et qu' il ne fut pas soigné d' une angine de poitrine pendant son incarcération.

* Après des recherches, ce serait plutôt les deux scénarios des films de Léo Joannon qui ont inspirés les deux livres de Hervé Le Boterf... ce qui serait encore pire...

13:17 Publié dans Blog, Film, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie