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24/02/2013

HELL TO ETERNITY (SAIPAN) de PHIL KARLSON avec JEFFREY HUNTER, DAVID JANSSEN, VIC DAMONE et PATRICIA OWENS. 1960. DVD.

51bh8Sldw8L._SL500_AA300_.jpgFilm très important par les sujets traités et se révélant ne pas être qu' un film de guerre banal parmi d' autres. Hell To Eternity (1960) de Phil Karlson nécessite une attention particulière malgré certains défauts.

Tiré d' une histoire vraie : un enfant blanc orphelin pendant la période de la Grande Dépression est adopté par une famille américaine d' origine japonaise occidentalisée. Cette œuvre de 1960 aborde frontalement et courageusement le problème des nippo-américains au moment de l' attaque des Japonais sur Pearl Harbor (7 décembre 1941). Rien n' est omis : le fait qu' on refusait leurs engagements volontaires dans l' Armée après l' attaque, l' envoi dans des camps d' internement. Le héros incarné par Jeffrey Hunter est pris entre dégoût de son pays, pour ce que l' on fait subir à sa famille adoptive, et patriotisme.

La deuxième partie décrit sans ménagement* la bataille de Saipan. Les sanglants corps à corps, les grottes qu' il faut vidé une à une, les suicides des habitants de l' île, l' endurcissement des soldats dû à la mort de leurs compagnons d' armes qui font commettre les pires exactions. Peu d' emploi d' images d' archives concernant le débarquement ; la figuration est assez impressionnante. La photographie noir et blanc de Burnett Guffey est efficace et neutre.

Le défaut principal, mais est-ce vraiment un défaut, est la petite orgie qui paraît bien innocente des trois soldats (Jeffrey Hunter, Vic Damone et David Janssen), qui devait faire frémir les adolescents de l' époque, plus précisément le mini-striptease de la belle Patricia Owens. Récréation qui ralentit un peu l' histoire. Les courtes séances d' entrainement qui précèdent ne sont guères originales... John Larch n' est pas très bon... L' apologue final est peut-être trop forcé.

*Phil Karlson fut l' un des plus violents et anarchisants réalisateurs des années 50 montrant les tares de l' Amérique. Il faut se rappeler la scène choquante et traumatisante du cadavre d' une petite fille noire jeté d' une voiture dans "The Phoenix City Story" (1955).

DVD zone 1 mais en fin de compte toutes zones.
Film de 1960 en noir et blanc. Format 16/9. Durée de 132 mn.
Version anglaise sous-titrée française. Pas de version audio française.
Très bonne copie.
Bonus : plusieurs bandes-annonces.

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13:22 Publié dans Blog, cinéma, Web | Lien permanent | Commentaires (0)

19/02/2013

AALIYAH : AALIYAH. CD. 2001.

51ZFNZ1J-TL._SL500_AA300_.jpgTout le monde connaît la formule consacrée Un Ange est monté au ciel mais combien de chanteuses en mérite vraiment toute la valeur ? Tammi Terrell... Joëlle (Il était une fois)... et certainement aussi Aaliyah. Elle avait ce que beaucoup d' autres artistes de R'n'B n' ont pas et n' auront jamais... la grâce et la sensualité. Sa voix avait les mêmes qualités agréables et douces. Une vraie princesse est partie, nous a quittés. Ne pas l' aimer, c' est être fait de bois. Et nous voilà juste avec quelques CD, dont celui-ci le plus abouti où Timbaland a surtout juxtaposé couche vocale sur couche vocale de la Belle, laissant en arrière plan l' accompagnement exécuté principalement à base de machines (les machines c' est bien, lorsque c' est en arrière plan). Satané avion de m....



17:11 Publié dans Blog, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0)

30/01/2013

ELIA KAZAN : UNE VIE. Livre autobiographique. 1988.

autobiographie, cinémaCertaines personnes m' avaient prévenu : l' autobiographie de Elia Kazan (1909-2003) est dérangeante. Et bien, c' est effectivement vrai. J' en avais repoussé l' achat de nombreuses fois, mais bon, de temps en temps, il faut savoir se jeter à l' eau. Et puis, c' est le réalisateur de chefs d' œuvre tel que Panique dans la rue (1950) le plus noir, Sur les quais (1954) le plus révélateur, Le fleuve sauvage (1960) le plus beau, La fièvre dans le sang (1961) le plus intense et America, America (1963) le plus définitif de ces chefs d' œuvre.

Je vais passer tout de suite au sujet principal, il y revient à intervalles réguliers : la dénonciation de ses copains communistes en avril 1952 devant la commission parlementaire aux activités anti-américaines du Sénateur McCarthy. Kazan se justifie de cette action. Pour lui, les communistes étaient dangereux pour les États-Unis, aussi dangereux que le syndicat du crime. D' où le film Sur les quais (1954) écrit par Budd Schulberg, scénariste qui dénoncera aussi ses anciens copains communistes. Cette comparaison - communisme = mafia - demeure douteuse, à moins que l' on remplace communisme par stalinisme, et tous leurs copains n' étaient pas des staliniens... Ce qui est embarrassant, c' est que Elia Kazan essaie de se faire passer pour une victime.

D' autres moments de sa vie personnelle sont perturbants. Alors qu' il déifie ses femmes légitimes, surtout sa première Molly, il nous détaille ses relations adultérines permanentes et diverses. Il eut aussi une relation avec Marilyn Monroe. Voilà encore Marilyn avec un amant supplémentaire, et comment peut-on le vérifier ? Peut-être Anthony Quinn dans son autobiographie La balade des sept collines à la page 207. Plus divertissantes sont ses haines-amitiés avec Lee Strasberg et Harold Clurman fondateurs du Group Theatre, où Kazan débuta comme régisseur puis acteur dans les années 30, ancêtre de l' Actors Studio, ou le dramaturge un peu lourd Arthur Miller qu' il mit en relation avec Marilyn (encore !). Ses réelles amitiés avec l' auteur-scénariste Clifford Oddets (un copain qu' il dénonça... c' est bizarre), John Steinbeck, Tennesse Williams...

La famille anatolienne d' Elia Kazan émigre aux USA en 1911, il entérine ses comportements par rapport à cela. Je croyais que l' Amérique assimilait mieux que les autres pays ?! Éternel Anatolien sur le sol américain, il essaie toujours de faire plaisir aux autres, dit-il. Si vous voulez apprendre beaucoup d' anecdotes sur les tournages de ses films, le montage des pièces de théâtre, ce livre fourmille de ces détails. D' ailleurs, j' aurai voulu qu' il s' en tienne à cela... et aussi, bien sûr, à sa deuxième femme la talentueuse actrice Barbara Loden, réalisatrice de Wanda (1970), superbe portrait de femme à la dérive sans pathos, du néo-réalisme réussi... si,si, ça arrive.

En conclusion, vous avez près de 800 pages pour être devant une vie créative mais pleine d' incertitudes. Elia Kazan consulte les psychanalystes ; le côté souffreteux à la Woody Allen.

P.S. On peut se remémorer les saillies du réalisateur-scénariste Abraham Polonsky (1910-1999), l' une des victimes du McCarthysme, et grand ennemi de Kazan :
- Comme metteur en scène, c' est un génie. Mais si il passe devant ma voiture, je lui roule dessus.
- Si on l' enterre dans le même cimetière que moi, il faut me déplacer.
Lorsque Kazan eut un Academy Awards honorifique en 1999, Polonsky a souhaité qu' on l' abatte sur la scène.
Abraham Polonsky était marxiste et pacifiste.