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27/04/2015

MICHEL JONASZ : TOUS LES SUCCÈS DE. Double CD paru en 1989.

71vDQhSLPzL._SX355_.jpg S' il n' y a qu' une seule compilation de Michel Jonasz à posséder, c' est sûrement ce double cd qui regroupe ses hits de 1974 à 1985. Paraît-il que sa maison de disque le poussait à écrire des hits ; peut-être avait-elle raison. En tout cas, cette période m' intéresse avant tout, parce que moi les hits j' aime ça. Super nana, Dites- moi, J't'aimais tellement fort que j't'aime encore sont tout d' abord de la très bonne variét' française. Les vacances au bord de la mer m' a toujours foutu un bourdon terrible ; bon, c' est vrai, je déteste les vacances surtout si elles sont au bord de la mer. Du blues, du blues, du blues et En v'là du slow en v'là sont des pastiches d' excellente facture. Michel Jonasz admire les musiciens, mais, ce n'est pas pour cela qu' il les laisse s' envoler dans des improvisations sans fond et les arrangements ne sont pas marqués par leur époque. Il adore le jazz ; cette musique, hormis le jazz New-Orleans, que je trouve sans chair et faite pour une élite d' auditeurs apathiques, il réussit à me la faire gober comme Claude Nougaro ou Steely Dan ; 25 piges dont 5 au cachot ou Mini cassette, c' est du Becker/Fagen. Alors vive le Golden gate, La boîte de jazz, Lord have mercy, Joueurs de blues et tout le toutim... et puis Lucille qui reste ma préférée.





09:15 Publié dans Blog, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0)

31/03/2015

Luis Buñuel : Mon dernier soupir (1982). Autobiographie chez Ramsay poche cinéma (2006).

cinéma,livre,autobiographieCinéaste qui intrigue, interroge et rejette la bonne conscience bourgeoise et chrétienne, qui refuse la copie déférente du réalisme et qui incarne le mouvement artistique du Surréalisme en cassant la grammaire cinématographique. Le chien andalou (1929) et L'Âge d'or (1930) sont des provocations et des scandales voulus et assumés. Une autobiographie coécrite avec Jean-Claude Carrière qui permet aussi d' éclairer les zones d' ombre, notamment sa période d' inactivité en tant que réalisateur après le documentaire Terre sans pain (1933) jusqu' à son premier film mexicain Grand Casino (1947). Inactivité qui n' est pas de l' errance, tant s' en faut. Des mémoires bouleversantes à l' image d' un homme exceptionnel dit la quatrième de couverture, peut-être, mais surtout des confessions sur ses phobies, ses habitudes, sa surdité, sa vue défaillante et qui débouchent sur une autocritique rarement lue chez d' autres. Viridiana (1961) et L'ange exterminateur (1962) en font définitivement un génie.

26/02/2015

MON HOLLYWOOD de PETER BISKIND. LIVRE paru en 2011.

téléchargement (2).jpg Les digressions de Peter Biskind peuvent faire sourire tellement elles semblent conditionnées par le flower power compassé de son auteur. C' est un partial et parfois un journaliste ragotteur de premier ordre ; rien d' étonnant qu' il soit devenu rédacteur au magazine américain Première.

Peter Biskind commence avec Sur les quais (1954) où il bégaye une réhabilitation, pas juste artistique mais aussi politique d' Elia Kazan, alors que le réalisateur et son scénariste Budd Shulberg se justifiaient d' avoir donné des noms devant la commission McCarthy avec la formule : Parti communiste ou Organisation syndicale = mafia. Chacun en jugera.

Peter Biskind a cette manie de voir de l' homosexualité latente partout avec une certaine insistance notamment dans Le canardeur (1974) de Michael Cimino. Pour continuer avec Michael Cimino, le chapitre consacré à Deer Hunter (1977), qu' il n' aime pas, rejoint le pacifisme de circonstance à une condamnation politique de la guerre du Vietnam. Pourtant Voyage au bout de l' enfer est apolitique et narre l' histoire d' une bande de copains dont la guerre, n' importe laquelle, va bouleverser leurs vies. C' est pour cela que les trois parties avant, pendant et après sont d' égale importance. L' inspiration pourrait être la phrase de Samuel Fuller : la guerre est une folie ; sans y développer sa suite (politique) : c' est une folie parfois nécessaire (ou non).

Les articles sur Clint Eastwood, Woody Allen, Paul Schrader ou Martin Scorcese sont intéressants et assez synthétiques ; pareil pour la série télé Holocauste (1978) ou les cinéastes d' Amérique latine. Plus prenant et original le passage sur le groupe terroriste Wheather Underground (1976) un documentaire de Emile de Antonio. Il décèle sur les sagas Indiana Jones et La guerre des étoiles des réflexions philosophiques verbeuses, là, où je n' y vois que régression, asexualité et billets verts. Robert Redford avec ce satané Festival de Sundance dont le top model veut en faire un institut (?) ; Peter Biskind y donnent des renseignements sur son fonctionnement, l' attitude monomaniaque de Redford et les malversations diverses (salaires injustifiés, détournements d' argent et de scénario...). Les chapitres sur Terence Malick sont très bien, essaient de cerner le bonhomme ; Le génie fuyant est le titre bien choisi de l' un d' eux.

Et voilà qu' il baragouine sur les agents artistiques, une engeance effectivement à Hollywood. Tous les clichés sur le talent agent Charles K. Feldman ne pensant qu' au fric y passent et les ragots aussi. Une de ses clientes, la très belle Capucine encore traitée de mauvaise actrice. Manquerait plus que tel un jean-foutre, il dise de John Wayne, autre client de Charlie, qu' il était un homosexuel refoulé. Peter Biskind met sur le même plan Le grand Sam (1960) et Les Comancheros (1961) pour lesquels le Duke aurait touché des sommes pharaoniques. L' Hattaway est une comédie western très réussie ; le Curtiz a souffert de la fatigue et de la mort du dictateur hongrois. Vaut mieux passer une réflexion sur Orson Welles : Macbeth, un des films mineurs du cinéaste (page 383). Le passage sur Sue Mengers, autre agent, n' a aucun intérêt, sauf pour les adeptes des cancans. Quant au producteur Don Simpson aux films boursouflés...

Un petit pavé de 490 pages, index compris, qui se lit facilement, un peu trop facilement...