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30/07/2014

BACK STREET CRAWLER : THE BAND PLAYS ON. 1975. CD.

R-1320235-1209467061.jpegSi vous voulez entendre une guitare tendue et torturée, il n' y a pas mieux que celle de Paul Kossoff (oui, oui, il y a aussi Tommy Bolin). Si vous ne ressentez pas cette douleur, c' est que vous êtes déjà mort, juste bon à jouer les zombies dans un film de George A. Romero et vous faire exploser votre tête molle par une balle dum-dum. Free, dont les influences étaient le blues et la soul, était le prototype de ce que les jeunes appellent actuellement l' émo-rock ; le hard rock adulescent et naïf totalement apolitique. Est-ce que Back Street Crawler tente de s' affranchir de cela ? En tout cas ils essaient d' être un peu plus adultes, moins naïfs mais toujours apolitiques. L' inspiration émotionnelle de Free venait en grande partie d' Andy Fraser, compositeur fin, subtil et versatile doublé d' un bassiste au jeu libre ne se contentant pas de marquer la rythmique. Trouver un remplaçant d' un même niveau n' est pas facile ; car pour Koss la compo, c' est pas trop son truc. Mike Montgomery (claviers), sorti de nulle part, apparaît. Cet inconnu écrit seul six titres dont le très original New York, New York, on dirait du Ian Hunter et où le chanteur Terry Wilson-Slesser est assez à l' aise, ainsi que l' énorme Survivor et le très beau blues à la Free It's A Long Way Down To The Top. Il en co-écrit deux autres, le heavy-blues syncopé Hoo Doo Woman, là Terry Wilson-Slesser est un peu à la traîne mais ce n' est pas le meilleur titre de l' album, et Stealing My Way avec les montées lyriques de Koss. La face B recèle autant de petites merveilles, l' entraînant All The Girls Are Crazy, avec le jazzy Jason Blue on est presque chez Steely Dan... Back Street Crawler était bien un groupe, pas un projet d' un guitariste égocentrique. En tout cas pour moi, le meilleur disque de Paul Kossoff en dehors de Free. Le suivant de Back Street Crawler 2nd Street (1976) est moins inspiré, c' est normal Mike Montgomery avait déjà disparu...




22:28 Publié dans Blog, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blues-rock, musique

28/02/2014

VÉRONIQUE RIVIÈRE. CD.1989.

51h9iLaifIL._SY355_.jpgVoix voilée et grave, juste ce qu' il faut. Physique hiératique, juste ce qu' il faut. Un peu mystérieuse, peut-être pas assez communicante, Véronique Rivière est une oubliée de la chanson française. Pourtant, elle a eu du succès avec cet album composé de douze titres écrits par cette Dame brune à la peau blanche, plus une reprise de Baby, I'm a want you de Bread pour l' influence du soft-rock américain - appellation trompeuse qui veut dire easy listening - sur son style, l' importance de la country est grande également. Une seule chanson me semble faible Cathy où l' emploi du synthé est limite déplacé. Car l' ensemble des arrangements est surtout basé sur les guitares tenues par l' excellent et fin Michael Jones ainsi que Patrice Tison, Michel Haumont et Dominique Blanc-Francard qui signe aussi la réalisation. Deux hits Tout court et Capitaine à écouter en priorité afin de mieux adopter sans difficulté les autres. Une preuve que l' on peut faire de la très bonne variété française sans voix de fausse chanteuse d' Opéra, sans être une chuchoteuse non plus.





28/01/2014

PHILIPPE GARNIER : L'OREILLE D'UN SOURD. LIVRE de 2011 chez GRASSET.

514RNy0NjJL._.jpgAh, Philippe Garnier, j' attendais chaque mois avec impatience son papier dans le Rock & Folk des années 70 (fin) et 80 (début). Bon, ici, ce sont ceux parus dans Libération - le journal des socialos assujetti au Mitterrand sauveur : un million de chômeurs en 1981, deux millions un an plus tard... le chômage, c' est maintenant -, un canard où j' y jette un œil quand je tombe dessus et heureusement pas souvent, il y en a aussi des Inrocks (la hype, l'horreur). Dans ce bouquin, qui se lit à une vitesse dingue, je ne retrouve pas tout-à-fait l' esprit affûté ou les recherches du style "Je suis le Philip Marlowe des archives de la Warner, le Sam Spade de celles de l' Universal..." qui faisaient le bonheur des grands articles dans Rock & Folk. Normal, Philippe Garnier a gardé ses meilleurs sujets pour ses deux livres complémentaires Honni soit qui Malibu (1996) et Caractères (2006).

Donc, c' est le tout venant qui est réuni dans ces chroniques où un thème comme les godasses Doc Martens - Garnier porte ces pompes paramilitaires - ne peut intéresser que ceux qui ne connaissent pas les chaussures italiennes de Bill Hurley ; c' est pour ça qu' il vaut mieux porter des baskets quant on n' a pas la classe du chanteur des Inmates, et éviter les gaudiots Doc car tu risques de ressembler à un skinhead coco ou facho au bulbe mou. Beaucoup plus captivant, les chapitres consacrés à un vieux cinéma de quartier, aux pensées de Louise Brooks, à Walter Tevis l' auteur de L'arnaqueur, à une réunion universitaire sur la guerre du Vietnam qui remet beaucoup de pendules à l' heure, à Richard Harris, à Sterling Hayden et son crabe, à Walter Matthau où la réflexion de Don Siegel est géniale, à son ami Tom Waits (un chanteur-compositeur que je viens vraiment de découvrir), à une photographe rooseveltienne Marion Post Walcott, aux deux cerveaux de Curt Siodmak qui dit n' avoir écrit que des histoires d' amour (ce qui est vrai !), à son alter ego Nick Toshes, à l' incontournable Charles Bukowski, au meurtre de Sam Cooke...

Et bien sûr, l' énervement vient quant la virtuosité de Philippe Garnier se met au service des bras cassés, des sans talents, des fausses gloires. Faisons silence sur le guitariste arthritique du Velvet. Même Joey Ramone, bon, il avait de l' humour dans ses interviews - il disait à propos de Sandinista des Clash : quel péplum ! -, mais les Ramones n' est qu' un groupe au groove fastidieux, aux musiciens (?) laborieux ; ce petzouille de guitariste ne jouant qu' en accords barrés... le tréfonds est atteint avec Lux Interior des Cramps. Je ne dis pas que je n' ai pas fantasmé sur Poison Ivy, à part ça, quelle purge juste bonne pour le Café de Flore ! Parce que pour Philippe Garnier et Lux Interior, le rock'n'roll ce n' est pas de la musique, mais c' est ce qu' on met dedans. Pour moi, c' est aussi de la musique et même avant tout de la musique. Quant à Courtney Love, bien meilleure actrice que euh... chanteuse (?), faire un papier sur un de ses concerts, quel intérêt, à part le style de l' auteur.

Je parlerais bien de ce qu' il dit sur le réalisateur Gordon Douglas mais oublier de citer La maîtresse de fer (1952), Fort Invincible (1951) ou Le géant du grand nord (1959), ce n' est pas bien. Je parlerais bien aussi de William Faulkner qu' il descend de manière assez habile, de Howard Hawks dont il met en doute son envoi au front pendant la Première Guerre mondiale et de son ex-femme Slim Keith qui inspirera toutes les actrices hawksienne : Rosalind Russell, Jane Russell, Ann Sheridan, Angie Dickinson. Et puis, il y a Jack Nicholson à qui il rend visite chez lui, dans LA maison, pour parler de The Two Jakes (1990) la suite de Chinatown (1974) de Roman Polanski, LA maison où le nabot (Polanski, pour ceux qui n' auraient pas compris) faisait des choses inadmissibles ; Philippe Garnier parle de peccadilles... viols sur mineure... peccadilles... bon, j' arrête.

Maintenant, il serait temps de rassembler dans le même livre tous les articles parus dans Rock & Folk.