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07/07/2010

GLORIA SWANSON par ELLE-MÊME.

51l6QZZT-NL._SL500_AA300_.jpgPAUVRE PETITE FILLE... gâtée...

Il y a des autobiographies qui vous laisse dans un état pantois. Gloria Swanson (1899*-1983) superstar du cinéma muet, du moins dans les dix dernières années (1919-1929), est la fille unique d' une famille moyennement aisée dont la maman n' arrêtait pas de lui coudre des robes et tenues diverses...

Après des débuts dans des petits studios pour se faire de l' argent de poche, Gloria Swanson qui n' a aucune vocation de comédienne, elle voulait être chanteuse, rencontre Cecil B. DeMille - réalisateur illustratif et sans point de vue, en quelque sorte le prédécesseur de Steven Spielberg - qui en fit donc une superstar en produisant six films d' affilée. L' assistant de DeMille, le triste Sam Wood, lui succéda et en fit dix. Tous des drames mondains ou ahurissants qui ont très mal passés l' épreuve du temps, on peut en voir avec amusement sur les chaînes du câble. Les obsessions de Gloria Swanson dans cette série de films sont... sa garde robe, le faste de sa loge et l' augmentation constante de son salaire hebdomadaire. L' un des réalisateurs attitrés de Douglas Fairbanks, Allan Dwan, prit la relève le temps de six films du même acabit, mais de l' avis de ses admirateurs mieux mis en scène.

Le plus intéressant paradoxalement dans la carrière de Gloria Swanson, c' est quand elle devint productrice indépendante pour United Artist, société fondé en 1919 qui regroupait beaucoup de valeurs sûres du box-office du muet : Charlie Chaplin, Mary Pickford, Douglas Fairbanks, D.W Griffith. Après un projet encore ahurissant "Sunya" (1927), enfin Raoul Walsh vint mettre en scène "Sadie Thompson" (1928) où il interprète aussi un rôle. Walsh dans son autobiographie "Un demi-siècle à Hollywood" en garde un très bon souvenir et en parle pendant de longues pages, surtout des problèmes avec la censure. La saga de Queen Kelly (1928) démontre qu' elle est effectivement l' instigatrice de son échec. Si elle admet que Erich Von Stroheim est un grand réalisateur, elle refusa effectivement de se plier à l' extravagance d' une scène : du jus de tabac devant couler de la bouche de Tully Marshall sur sa main tout en lui passant une alliance. Fin du tournage, film quasiment inmontrable, car sans conclusion, Gloria Swanson et son banquier-amant** Joe Kennedy (le père du président US et du sénateur assassinés) y firent travailler diverses personnes en vain.

Son premier film parlant "The Trespasser" (1929) est un succès, mais ses autres films sont des échecs sans appel, pourtant les drames mondains de Greta Garbo cartonnaient sans compter les mélodrames délirants de Sternberg pour Dietrich. Et puis bien sûr "Boulevard du crépuscule" (1950) de Billy Wilder arriva, le plus grand come-back de l' histoire du cinéma, il faut bien en convenir, où elle incarne pratiquement sa propre vie la ramène au-devant de la scène... le temps d' un film.

En ce qui concerne la vie privée de Gloria Swanson, six mariages et trois enfants dont un petit garçon adopté, rien ne nous est épargné : première nuit de noce cauchemardesque avec Wallace Beery, avortements et divorces aussi ahurissants que ses films... Découvrez-la en lisant ce livre de 500 pages environ. Son rapport avec la médecine est édifiant. Son égocentrisme stupéfiant.

*Certaines biographies disent qu' elle serait née en 1897. Les actrices de cette époque avaient l' habitude d' "aménager" leur date de naissance.
**Gloria Swanson reconnaît dans cette autobiographie sa liaison avec Joe Kennedy alors que tous deux étaient mariés.

20:54 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : autobiographie, cinéma

06/06/2010

MIREILLE BALIN par DANIEL ARSAND

1946827666.jpgLançons, encore une fois, un appel pour une réédition de cette biographie de la comédienne Mireille Balin par Daniel Arsand qui fait autorité. Daniel Arsand continue de publier des romans, que je n' ai pas eu le plaisir de lire. Cette actrice, seule "Vamp" française qui pouvait rivaliser avec Garbo et Dietrich - Ginette Leclerc et Viviane Romance étaient trop charnelles -, eut sa vie bouleversée par la seconde guerre mondiale. Sa vie est un roman que beaucoup d' auteurs auraient du mal à imaginer. Femme dont le mythe ne peut-être créé que par le cinéma."Pépé le Moko" (1936), "Gueule d' amour" (1937), "Menaces" (1939), "Macao" (1940), "L' assassin a peur la nuit" (1942) et "Dernier atout" (1942) sont ses films les plus marquants.

16:43 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie, cinéma

14/05/2010

ROBERT LE VIGAN PAR CLAUDE BEYLIE et ANDRÉ BERNARD.

51KVXM0SFPL._SL500_SS130_.jpgLa lecture de ce livre se révèle éprouvante, car la vraie nature de Robert Le Vigan ne peut y être décelée. "Désordre et génie" sous-titre Claude Beylie et André Bernard, il faut effectivement en rester là.

Ce comédien dont le talent s' abreuva dans la folie, allant jusqu' à scier ses dents pour le rôle de Jésus dans "Golgotha" (1935) de Julien Duvivier, plongea dans la collaboration dès 1940 en participant à Radio Paris, où, d' après les témoignages, il exécutait surtout des parodies de Churchill et De Gaule. L' antisémitisme supposé de Le Vigan n' est pas démontré dans ce livre. On ne possède aucun enregistrement de ces émissions. Beaucoup disent qu' il était sous l' influence de Céline, dont il était ami bien avant l' occupation nazi, et qui lui donna le surnom "La Vigue". Sa fuite à Sigmaringen avec Céline, où s' étaient réfugiés tous les collabos, lui sera fatale. Procès, condamné à 10 ans de travaux forcés, confiscation de ses biens, indignité nationale à vie. Madeleine Renaud, très digne, témoigna que Le Vigan était fou car il s' endormait avec une hache pour se défendre et avait toujours un vélo à porter de main pour pouvoir s' enfuir. Pierre Renoir, Jacques Becker, Fernand Ledoux, Jean-Louis Barrault témoigneront aussi. Pour ses amis, Le Vigan fut un lampiste. Pierre Fresnay, Sacha Guitry, Clouzot furent inquiétés, mais pas condamnés à une aussi lourde peine. Même le journaliste du Figaro Pierre Scize écrivit: « C' est cher payé ».

Libération conditionnelle en octobre 1948, craignant pour sa vie suite à un attentat*, il s' enfuit avec l' aide de Jacques Becker. Deux rôles insignifiants en Espagne. Départ en Argentine, encore deux rôles insignifiants. Il survit en étant chauffeur de taxi, professeur, secrétaire particulier... Fin de vie misérable avec sa seconde épouse Edmée Bellemer, elle nous est racontée à l' aide des lettres que le Vigan adressa à André Bernard qui essayait de le convaincre d' écrire son autobiographie. Il refusa poliment. Malgré plusieurs offres, pas juste celle de Truffaut, jamais il ne voulut rentrer en France : « On ne revient jamais aux foyers des bourreaux qui vous ont supplicié pour les joies hystériques de l' Histoire », dit-il.

L' acteur prodige qui fut magnifique dans les films de Duvivier, Renoir, Chenal, Carné, Pagnol, Christian-Jaque et bien sûr le rôle emblématique de Goupi-Tonkin (1943) chez Becker ne peut-être oublié. Il ne se forgea pas un type immuable de personnage, il s' ingéniait à se renouveler pour chacun de ses rôles. Il avait commencé très tôt au théâtre dans des vaudevilles. Il fit parti de la troupe de Louis Jouvet. Charles Denner et Jean-Pierre Marielle seraient tenus pour ses successeurs.

*L' attentat s' est produit près de chez Paul Colline (scénariste) : lui était-il destiné ?

18:16 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie, cinéma