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30/11/2012

MICHAEL CIMINO : CONVERSATIONS EN MIROIR. LIVRE. 2003.

516VDT15YFL._SL500_AA300_.jpgIl n' y a qu' un seul bilan à faire à la lecture de ce livre : Michael Cimino, le génial auteur de deux chefs d' œuvre de la contre-culture américaine des années 70 Voyage au bout de l' enfer (1977) et La porte du paradis (1979) au même titre que les deux premiers films de Terrence Malick, n' a plus rien à dire, il est au bout du rouleau, perdu comme Kris Kristofferson sur son voilier à la fin de cette Porte du paradis qu' il ne lui apporta que des déboires et une lente descente artistique pour survivre à Hollywood... C' est peut-être là que Malick se révéla plus patient en attendant vingt années afin de réaliser La ligne rouge (1998), ce qui lui permet actuellement d' avoir une pleine activité créative.

La première partie de l' ouvrage d' une soixantaine de pages est un salmigondis-galimatias-parano-schizophrénique où Cimino essaie d' expliquer (?) les tenants et les aboutissants de sa vie. Il parle de la mort intelligente de Georges Sanders (il s' est suicidé), n' arrête pas de dire qu' il est un mythe (ce qui est vrai) en se comparant à D.W Griffith et Welles dont il partage le même destin de loser. La consommation de drogues en tout genre dans la ville des anges y a bonne place aussi. Il faut tout de même en retenir d' autres extraits dont celui-ci car Cimino a tenté de devenir batteur (noir précise t-il) : avec une chanteuse noire tu apprends à garder le rythme. Tu rebondis partout. Si t' es pas en rythme, elle va se mettre en colère... cela m' a fait penser à Joyce Kennedy, la superbe chanteuse de Mother's Finest, le batteur (blanc) Barry Borden ne devait pas rire souvent ; à ce propos essayez de jeter un œil sur le Dvd Mother's Finest Live At Rockpalast 1978-2003.

Le court roman qui suit de 160 pages environ intitulé A Hundred Oceans conte l' histoire d' un ouvrier qui a tout pour devenir un champion de golf (le golf quelle sport de ...), mais il a une maladie s' appelant la ténosynovie, il rencontre une serveuse de bar élevant seule sa petite fille, mais il est plutôt attiré par une bourgeoise... Cette histoire est encore un ressassement de Cimino, cela ferait à peine les honneurs d' un téléfilm et ce n' est pas le dialogue non-châtié, la quantité ingurgitée de pilules et d' alcool qui m' ont sorti d' une certaine apathie. Bon, je reconnais... je suis un peu méchant... mais où en est cette adaptation au cinéma de La condition humaine de Malraux, voilà un sujet ambitieux. Tiens, je devrais relire cet ouvrage.

26/09/2011

Guère à la guerre ou le pacifisme dans le cinéma français (1936-1940) de Vincent Lowy.

51wmkictScL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU08_.jpgSi il y eut une spécificité française dans le cinéma d' avant-guerre, c' est effectivement son pacifisme. Vincent Lowy décompose cette thématique en cinq chapitres :

- Chapitre 1 / Debout les morts ! : avec les films La vie est à nous, Double crime sur la ligne Maginot, La grande illusion et J' accuse.
- Chapitre 2 / Le moment munichois à l' écran : avec Alerte en Méditerranée, Actualités Pathé du 5/10/1938, Paix sur le Rhin et Rappel immédiat.
- Chapitre 3 / Les films contre : avec Menaces, Four Feathers, Passage to Marseille et Le serment. La présence de films étrangers sert de comparatif avec les films français.
- Chapitre 4 / Le film capital : avec La règle du jeu.
- Chapitre 5 / Les drôles de films de la Drôle de guerre : avec Untel Père et Fils et Après Mein Kampf, mes crimes.

Beaucoup de vichystes s' en prirent à certain de ces films - La grande illusion surtout mais aussi Quai des Brumes - car pour eux on y trouvait tout l' esprit de la défaite. La plupart des films cités par Vincent Lowy ne faisaient guère référence à l' actualité de l' époque, ils employaient souvent des élipses voire des sous-entendus.

Si l' auteur nous conte la genèse de films qu' il faut sortir de l' oubli - surtout Menaces d' Edmond T. Gréville -, on peut regretter qu' il n' y ait pas un chapitre supplémentaire consacré aux films de trouffions pour trouffions (il en parle succinctement) - Les gaietés de l' escadron (1932) de Maurice Tourneur ou Les dégourdis de la onzième (1937) de Christian-Jaque - qui pullulaient aussi sur les écrans.

On pourra oublier pour un petit moment la démagogie pacifiste et être d' accord avec la citation de Edmond T. Gréville : « J' étais un pacifiste convaincu mais je ne trahissais pas mes principes : faire la guerre à Hitler, c' était faire la guerre à la guerre ».



10:41 Publié dans Blog, cinéma, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, livre

15/07/2011

STERLING HAYDEN : WANDERER. (autobiographie de 1963).

41thk4+dcvL._SL500_AA300_.jpgLA MER ET LES ENFANTS D' ABORD.

Déjà, il faut remercier François Guérif d' éditer enfin cette autobiographie de Sterling Hayden parue en 1963 de l' un des acteurs les plus atypiques d' Hollywood. C' est son fils Julien Guérif qui en a assuré la traduction.

Sterling Hayden (1916-1986) n' était pas né pour être acteur, comme Robert Mitchum. Il était né pour être marin ou plus exactement un voyageur. Sterling Hayden est surtout un grand solitaire. Son nom, il ne le doit pas à son père biologique George Walters, mais au second mari de sa mère James Hayden. Un sacré numéro celui-là, tout le contraire de George. James est un arnaqueur de première, montant des affaires vouées irrémédiablement à l' échec, incapable de prendre un travail normal et qui disparut du jour au lendemain. C' est pendant cette période que Sterling va parcourir plusieurs États, où la famille Hayden vit de pension en hôtel, dans cette Amérique en proie à la Grande Dépression. Son enfance est faite de solitude, de rêves et de trois années sans mettre les pieds dans une école. D' ailleurs quand enfin il les met, c' est pour en fuguer, car il veut embarquer sur une goélette depuis qu' il a vécu sur une petite île près du port de Boothbay...

Bon, je ne vais tout de même pas tout vous raconter. Ses tours du monde en mer. Ses deux premiers films oubliés avec la belle Madeleine Carroll qui devint sa femme. Son engagement pendant la seconde guerre mondiale dans l' OSS, futur CIA, où il combattit avec la guérilla de Tito (futur Dictateur communiste de la Yougoslavie, qui eut comme tout Dictateur communiste des camps d' internement pour ses opposants). Son retour après-guerre à Hollywood. Son engagement pendant sept mois au Parti communiste américain qui lui valut de gros ennuis auprès de la Commission McCarthy, il donna des noms, il s' en voudra toute sa vie. Son audition devant John Huston pour Asphalt Jungle (1950) où il parle peu de Marilyn mais plus de Jean Hagen. Par contre il ne parle pas du tout de Douglas Sirk et Ann Sheridan, de Nicholas Ray et Joan Crawford, de Andre De Toth, de Kubrick, de Stuart Heisler ni de Bette Davis et Natalie Wood, de Robert Wise et Jane Wyman, de Joseph H. Lewis. Il y a une rencontre rigolote avec Errol Flynn, entre dingues de goélettes et voiliers c' est normal, dommage qu' il y en a pas une avec Steve Cochran, autre acteur dingue de tout ce qui flotte avec des voiles tendues par le vent... et de petites nanas.

Sterling Hayden ne nous cache rien de ses salaires hollywoodiens, il donne les chiffres, qu' ils trouvent mirobolants pour le peu de travail fourni ainsi que des pourcentages octroyés à ses avocats et agents. Quant à son divorce de sa deuxième femme, dont il tait le nom, de son combat avec les juges pour la garde de ses quatre enfants, c' est une part essentielle de ce petit pavé d' environ 670 pages écrit dans un style fort et vrai.

10:53 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : autobiographie, cinéma