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03/01/2010

FRANK CAPRA : HOLLYWOOD STORY.

4170BM9ZK8L__SL500_AA240_.jpgC' est le cinéaste de la grande dépression des années 30. On le taxa de lénifiant, de démagogique, de renard optimiste qui faisait fortune sur les bons sentiments du public (comme Chaplin?). Mais ses détracteurs, Sadoul comme Tulard, oublient que ses films, qui ne sont absolument pas des comédies sophistiquées (Hawks déteste Capra), donnaient de l' espoir à cette Amérique qui virait au cauchemar. Ses héros, qu' ils soient milliardaires ou clochards, sont naïfs et gagnent face à l' adversité grâce à leur naïveté. Il fallait aussi cet optimisme rusé pour la série des "Pourquoi nous combattons" - ce qui ne saute pas aux yeux de Tulard - destinée aux soldats US pour les convaincre du bien-fondé de la guerre contre les forces de l' Axe. Il n' y a aucune confusion chez Capra, contrairement à ce que dit Sadoul, juste une grande foi en la démocratie en général et les États unis en particulier. Républicain, il ne soutiendra pas le maccarthysme.

Et pourtant Capra (1897-1991), fils d' une famille très pauvre et analphabète du petit village de Bisaquino en Sicile, qui émigra aux USA à l' âge de six ans, n' eut pas un début de vie facile. Travaillant dur, surtout après la mort terrible de son père, cumulant les petits emplois, afin de payer ses études d' ingénieur chimiste ; il ne l' oubliera pas et fit des documentaires éducatifs dans les années 50 pour la TV. Après un passage dans l' armée, comme instructeur en balistique alors qu' il voulait combattre, lui qui croyait à l' ascension sociale par l' éducation, se retrouva sans emploi au lendemain du premier conflit mondial - après chaque guerre, il y a une dépression économique due au changement d' activité des industries. Il faillit tomber du mauvais côté de la loi. C' est par hasard qu' il rencontra le cinéma, en montant dans un tramway où un contrôleur lui tendit un journal avec cette annonce :

Jour faste pour les originaux.
Les astrologues disent que la position des douze signes du zodiaque est favorable aux rêveurs et à ceux qui savent prendre des risques. Nous avons le plaisir d' annoncer à ceux qui croient aux étoiles (le jeu de mots est voulu) que les productions Fireside font savoir qu' elles sont en train de reconvertir l' ancien gymnase juif en studio de cinéma. Rêveurs, à vos horoscopes...

Toute l' œuvre de Frank Capra est résumée dans cette annonce : le rêve et la chance.
L' aventure cinématographique commence et si vous voulez en savoir plus, en bien ou en mal, sur Hal Roach, Mark Sennett, Harry Cohn, Harry Langdon, Joan Crawford, Claudette Colbert, Barbara Stanwyck, Frank Sinatra, Glenn Ford... il faut lire cette autobiographie.

13:49 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, autobiographie

08/12/2009

JULIEN DUVIVIER : LE MAL-AIMANT DU CINEMA par ERIC BONNEFILLE

51JE3EHMV3L__SL160_AA115_.jpgEric Bonnefille a fourni un travail de titan et d' une synthèse remarquable de la carrière de notre Julien Duvivier national, surnommé Juju. Le réalisateur des classiques "Poil de carrotte", "La bandera", "La belle équipe", "Pépé le Moko", "Panique", "Au royaume des cieux", "Marianne de ma jeunesse", "Voici le temps des assassins"... le méritait.

Après une brève description des débuts de la vie de Juju ; son enfance, sa petite carrière de comédien et de régisseur au théâtre, son arrivée au cinéma comme assistant-réalisateur ; Eric Bonnefille a organisé son livre en bon enseignant de mathématiques qu' il doit-être : un chapitre = un film.

Chaque chapitre/film est divisé ainsi : une présentation de l' oeuvre et l' historique de celui-ci ; l' avis personnel de l' auteur du livre ; les avis des critiques de l' époque, d' où des recherches dans des dizaines de journaux français mais aussi étrangers. Marcel Carné, Jean-Paul Le Chanois, Robert Vernay, Jean Stelli... étaient critiques avant de devenir réalisateurs. Frank S.Nugent, futur scénariste de John Ford, écrivait dans le New York Times.

Ce premier tome s' arrête en 1940. L' occupation allemande précipite le départ de Duvivier parce que sa femme est demi-juive. Ils se réfugient aux Etats unis.

La quatrième de couverture nous précise que Eric Bonnefille est passionné par l' histoire du cinéma. Avec ce premier tome et le suivant, c' est une évidence !

10:00 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie, cinéma

17/11/2009

JOSEF VON STERNBERG : De Vienne à Shanghai

51HP90FB0BL__SL500_AA240_.jpgJosef Von Sternberg, le Von fut ajouté au dernier moment par un directeur de studio sur un générique de film, cela faisait chouette d' avoir un Von dans son écurie, Josef Von Sternberg, donc, obsédé par cette espèce qui s' appelle : LES ACTEURS.

Quarantes pages de haine sur Emil Jannings à propos de "L' ange bleu" (1930). Une autre quarantaine de pages du même acabit, en plus vache, sur Charles Laughton pour le tournage avorté de "I Claudius" (1937) en Angleterre. Pas loin de la centaine pour Marlène Dietrich et là le pire, on ne sait pas s' il l'aime ou pas. Dans certains passages, il ne la cite pas, il faut le deviner. Sans oublier des piques qui ressemblent à des lances sur Lionel Atwill, Gary Cooper et des stars du muet dont on a oublié les noms. Même Lubitsch, son directeur de production à la Paramount, se fait embrocher. De toute manière pour Sternberg, les acteurs sont des idiots, ils devraient exécuter les ordres du réalisateur-dictateur. Tous ces comédiens le lui ont bien rendu, le traitant de despote, de sadique et de nazi.

Mais on sent chez notre cher Josef, une vraie passion pour le cinéma, pas de l' amour : de la rage. Depuis qu' il était devenu aide-projectionniste et qu' il nettoyait le celluloïde et refaisait les trous sur les bords de la pellicule.

Les trente premières pages, il parle de son enfance et de son adolescence dans un milieu plus que modeste, un peu de son père, pratiquement pas de sa mère et de ses frères et sœurs. Sa raison de vivre, c' est le cinéma. Josef Von Sternberg EST cinéma.

09:24 Publié dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, autobiographie