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13/11/2009

ALAIN RESNAIS : L' année dernière à Marienbad

51u13-yyw-L__SL500_AA240_.jpgL' avis des grands cinéastes sur ce film.

Orson Welles aux "Cahiers du cinéma" en avril 1965 : Je sais que le film vous a plu ; pas à moi. J' ai tenu jusqu' à la quatrième bobine et après je suis parti en courant. Cela me rappelait trop "Vogue Magazine". (Magazine de mode américain bien connu).

Delmer Daves en septembre 1962, extrait du livre "Amis américains" de Bertrand Tavernier. Un passage : Le public devra lui-même faire tout le travail d' analyse et de synthèse, juste ou faux, chacun selon sa propre intelligence, sa propre sensibilité. On aboutira finalement à un résultat qui pourra être comparé au fameux tableau "Blanc sur blanc" qui se trouve au musée d' Art moderne : un carré blanc sur un autre carré blanc. (Le tableau est de Malevitch (1878-1935), peintre russe, fondateur du Suprématisme, initiateur de la non-figuration. Encyclopédie Bordas).

Effectivement si nous rassemblons les deux avis et que nous en faisons la somme : mode + non-figuration = le vide. La vérité nous éclate au visage ! ! ! Tous les films de Resnais méritent cinq étoiles. Ils nous prouvent que l' intellectualisme au cinéma mène aux écrans blancs et à la course à pied. Courage fuyons ! ! ! L' écrivain-scénariste Robbe-Grillet et Resnais venaient d' inventer l' antipopulisme primaire. On doit préciser que c' était en réaction contre les films paternalistes de Gabin ou Fresnais.

RAY : Taylor Hackford.

41SX82kqUbL__SL500_AA240_.jpgPeut-on faire confiance à Taylor Hackford ? Réalisateur qui a si bien massacré le remake de "La griffe du passé" (1947) de Jacques Tourneur avec "Contre toute attente" (1984), Hackford en a fait un film d' horreur. Film mode années 80 comme "Officier et gentleman" (1982), sa précédente "œuvre", du moins pour ceux qui connaissent le film initial interprété par Mitchum, Douglas et Jane Greer.

Dans Ray, le style a-t-il changé ou est-on en abscence de style ?

La carosserie des voitures brille comme un miroir. Les robes et les costumes divers sortent du pressing. Les maquillages sont nets et sans bavure, à l' époque du gros rouge à lèvres qui tache. La photographie éclaire, surexpose le moindre objet. Pour les couleurs, elles rutilent. Le hameau désolé et natal de Ray Charles est propre comme un sou neuf. Même la poussière qui virevolte un tout petit peu est désinfectée, triée. Les larmes de la maman de Ray tombent au moment où le scénario l' a ordonné. Le mimétisme de Jamie Foxx, sanctionné par un oscar, n' a d' égal que Jayne Mansfield caricaturant la caricature Marilyn Monroe. Professionnalisme à tous les niveaux. Parti-pris anti-pialesque ou contre-eastwoodien ?

Film agréable à voir. Passe très bien sur petit écran.

LES DOUZE SALOPARDS : Robert Aldrich

5128EQH6JZL__SL500_AA240_.jpgVoilà bien un mauvais coup que nous a concocté Robert Aldrich. L' intrigue n' a aucune importance. Elle pourrait être sortie de n' importe quel roman de Alistair McLean. "Quand les aigles attaquent" (1968) de Brian G.Hutton par exemple. On ne dira pas le mot de cinq lettres que disait Samuel Fuller à propos de ce genre d' ânerie.

Le réalisateur de "En quatrième vitesse" et de "Vera Cruz" n' est pas un truqueur comme Léone. Ni un antimilitariste basique. Il laisse cela à Kubrick. Aldrich s' intéresse au retournement de perception du public face à ses personnages, ses réactions. Au début du film douze sous-m.... comme dirait le mauvais cinéaste Olivier Marchal. Assassins, violeurs, voleurs... attendent leur exécution. Pour racheter leurs méfaits, on va les embaucher pour une mission-suicide, quelle originalité ?!

Le public va les prendre en sympathie au fur et à mesure des péripéties. Là est la raison du film.

Il fallait entendre les réactions des spectateurs lors des ressorties en salle dans les années 70 pendant la mort violente, finale et successive de cette racaille. NON ! ! NON ! ! PAS LUI ! ! Ces mêmes spectateurs auraient certainement prononcé la peine de mort au début du film à cette lie de la terre.

Robert Aldrich devait bien se marrer derrière ses grosses lunettes.

10:17 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, guerre