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16/04/2010

JEAN GABIN : LEUR DERNIÈRE NUIT.

51j7dBOcmSL._SL500_SS130_.jpgCe film beau et sensible n' est pas très populaire auprès du public de Jean Gabin. Pourtant, c' est un drame policier - scénarisé (avec l' aide de Jacques Cehlay) et réalisé par Georges Lacombe en 1953 d' après le roman de Jacques Constant - d' une grande finesse dans la description de ses personnages.

Gabin, bibliothécaire mais en fait braqueur, cache en plus un lourd passé. Madeleine Robinson, venue se réfugier dans cette pension de famille pour des problèmes conjugaux, a des secrets bien plus difficilement avouables. Ces traits de caractère sont amenés de manière subtile par une mise en scène toute en émotion retenue qui ne cherche pas l' efficacité à tout prix, même si elle est un peu trop sobre. L' interprétation du couple Gabin-Robinson est un modèle de probité. Robert Dalban apporte un humanisme à son rôle d' inspecteur de police, lui qui incarnait surtout les fripouilles.

Georges Lacombe s' est bien rattrapé avec ce troisième et dernier film avec Gabin , après l' échec artistique et commercial de "Martin Roumagnac" (1946) avec Marlène Dietrich, qui fut très préjudiciable à la carrière de Gabin jusqu' au succès de "Touchez pas au grisbi" (1953) de Jacques Becker. Le deuxième film qu' ils firent ensemble "La nuit est mon royaume" (1951) est honnête et mérite une redécouverte.

Film en noir et blanc d' une durée de 91 mn. Pas de bonus. Copie non-remasterisée, mais de très bonne qualité.

Leur derniere nuit 1.pngLeur derniere nuit 2.pngLeur derniere nuit 3.pngLeur derniere nuit 4.png

22:11 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drame, cinéma

21/03/2010

JAMES B.HARRIS : THE BEDFORD INCIDENT. (Aux postes de combat).

51CMMY1WHML__SL500_AA300_.jpgCe film, qui raconte la traque par un destroyer américain d' un sous-marin nucléaire soviétique entre les côtes du Groënland et de l' Islande appelé "Détroit de Danemark", est un suspense psychologique très prenant.

Le capitaine Finlander, incarné par Richard Widmark qui a aussi coproduit le film, a déjà réussi à faire remonter à la surface un sous-marin soviétique aux abords de Cuba. Mais, si on l' a récompensé d' une décoration, il n' a pas été nommé Amiral. Donc, il se met en chasse d' une autre proie. Il a comme assistant, OTAN oblige, le Commodore Schrepke de la marine allemande, officier sous-marinier pendant la seconde guerre mondiale. Un journaliste, interprété par Sidney Poitier, monte à bord du destroyer afin de faire un reportage sur ce capitaine qui le fascine.

Hormis les premières scènes dans un hélicoptère, tout le film se passe sur le USS Bedford. Du sous-marin soviétique, on apercevra furtivement que son snorkel. Les tensions entre les protagonistes ne sont pas théâtrales. Les dialogues sont un modèle d' ingéniosité. L' autorité du capitaine sur ses hommes est traitée d' une manière très habile. La photographie en noir et blanc renforce le côté documentaire. L' utilisation des transparences est limitée. Les maquettes font des prodiges, surtout pendant les scènes de chasse au sous-marin de nuit parmi les icebergs.

James B.Harris, ancien producteur des premiers Stanley Kubrick, a réussi un excellent film. On peut le préférer au délirant "Docteur Folamour" (1964). La personnalité patriotique, prête aux méthodes radicales, du capitaine est toujours d' actualité.

Zone 1 mais en fin de compte compatible zone 2. Film en noir et blanc de 1965 d' une durée de 102 mn. Langue audio anglaise. Sous-titres français.

The Bedford Incident 1.pngThe Bedford Incident 2.pngThe Bedford Incident 3.pngThe Bedford Incident 4.png



19:06 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drame, cinéma

19/03/2010

CHARLIZE THERON : MONSTER. 2003.

51NJEJTCH3L._SL500_AA300_.jpgLE CRIME PARFAIT.

Avec ce film, on est sûr d' une chose : le meurtre de l' actrice hollywoodienne glamour. Plus d' Agent X 27 (1931), plus de Laura (1944), plus de Gilda (1946), plus de Pandora (1951), plus de Mirage de la vie (1959), plus d' Été 42 (1971) ... finis, rangés au rayon des antiquités, tombés dans les oubliettes. Adieu Marlène, Gene, Rita, Ava, Lana, Jennifer et les autres... Il faut dire aussi que les réalisateurs en règle générale ne sont plus fascinés par le mystère féminin. Ils ne bâtissent plus de film pour une actrice... Fedora (1978)... Billy Wilder et Tom Tryon avaient raison...

Pourquoi une superbe jeune comédienne, la très belle Charlize Theron, qui sera suivie par psychiatre, psychologue et nutritionniste, prend-t-elle quinze kilos afin de s' enlaidir ? Alors que le rôle de la tueuse en série Aileen Wuornos aurait été incarnée à merveille, si l' on peut dire et certainement mieux, par Courtney Love ; les deux films qu' elle fit avec Milos Forman Larry Flint (1996) et Man Of The Moon (1999) le prouvent. Mystère du cinéma américain dit indépendant qui sert surtout de tremplin aux Oscars et à toutes sortes de prix.

La réalisatrice Patty Jenkins, qui semble avoir été dépassée par le sujet, se contente d' une mise en scène illustrative banale. Vaut mieux. Elle n' a pas fait d' autre film depuis. On peut l' en remercier.

Cinq étoiles pour l' homicide. Un crime parfait.

P.S. On peut rappeler un passage de l' article de Jean-Patrick Manchette écrivant dans Charlie hebdo n° 538 le 4 mars 1981, à propos de la performance - musculation suivie d' une prise de poids de 30 kilos - de Robert De Niro dans Raging Bull (1980) : À quand un film policier où Scorcese ferait tirer sur De Niro à balles réelles, où l' acteur se ferait réellement tuer pour se rapprocher de la vie ?

16:22 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma