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04/09/2010

GEORGE PEPPARD / ROCK HUDSON : TOBROUK.

51MRoflfCcL._SL500_AA300_.jpgFace au film bavard, prétentieux et ennuyeux "Inglorious Basterds" (2009) de Tarantino, il est bon de redécouvrir un film autrement plus remuant comme ce "Tobrouk" (1967) de Arthur Hiller.

L' officier canadien Donald Graig (Rock Hudson) fait prisonnier par la France de Vichy embarque sur un navire dans le port d' Alger, un commando allemand le libère. Ce commando dirigé par le capitaine Kurt Bergman (George Peppard) se révèle être composé de Juifs allemands* faisant parti de l' armée anglaise. Arrivant dans un camp en plein désert, le colonel anglais John Harker (Nigel Green) expose leur mission à tous : détruire les réserves de carburant derrière les lignes ennemis à Tobrouk. Pour cela les Juifs revêtiront des uniformes nazis et les soldats anglais seront leurs prisonniers, afin de parcourir, grâce à ce subterfuge, les 1300 km en huit jours qui les séparent de leur but. Ce scénario original et astucieux a la singularité d' être écrit par Leo Gordon, acteur de second rôle américain apprécié notamment par Don Siegel, une vraie "gueule" de cinéma, que Claude Sautet emploiera face à Lino Ventura dans "L' arme à gauche" (1964).

Produit par Gene Corman quasiment dans le même esprit que "Invasion secrète" (1964) réalisé par son frère Roger Corman, "Tobrouk" bénéficie de plus de moyens financiers et de deux vedettes de l' époque : George Peppard alors en pleine ascension, ascension stoppée au début des seventies pour cause d' alcoolisme, et Rock Hudson dont on a oublié qu' il était la star numéro 1 au box-office avec les mélodrames flamboyants de Douglas Sirk à la fin des fifties et les comédies inertes mais aux succès énormes avec l' aseptisée Doris Day dans les sixties. Les traits de caractère des personnages tel que l' antisémitisme affiché du colonel anglais (les Juifs allemands le lui rendent bien), la revendication du capitaine juif pour un état israélien, le non-héroïsme revendiqué du major canadien étoffent le film de très bons dialogues. Certaines transparences, les découpages sortants d' une bande dessinée lorsque les navires font demi-tour... ces effets spéciaux peuvent prêter à sourire à l' ère des ordinateurs, mais il y a assez d' explosions réelles et d' action pour ne pas s' y attarder. Très bonne photographie où les taches rouges priment du vétéran Russell Harlan : la photo de "Rio Bravo" d' Howard Hawks (1959) c' est lui. La musique de Bronislaw Kaper reste en mémoire. Arthur Hiller, dont le film d' action n' est pas la spécialité ("Love Story" (1970)... eh oui ), aurait pu nous donner plus d' œuvre de cet acabit.

BONUS : Un bon documentaire consacré aux films sur la seconde guerre mondiale d' une durée de 50 minutes et en version originale anglaise avec sous-titres français.

*Bien sûr, cela fait penser à "Inglorious Basterds"...

DVD zone 2 en couleur. Film réalisé en 1966. Durée : 106 minutes.
Format 2:35. Compatible 16/9.
Version audio française et anglaise. Sous-titres français.
Bonne copie.

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15:45 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, guerre

28/08/2010

GEORGE PEPPARD / JOHN GUILLERMIN : LE CRÉPUSCULE DES AIGLES (The Blue Max).

51TP38JVFKL__SL500_AA240_.jpgUn caporal de l' armée allemande (George Peppard) court sur un champ de bataille sur le front de l' ouest en 1916, il se réfugie dans un trou et observe un duel aérien. En 1918 cet homme réalise son rêve et devient lieutenant dans l' aviation. Admirant le baron rouge Von Richthofen, il veut lui aussi devenir un as et obtenir la médaille "The Blue Max". Pour cela, il faut qu' il abatte vingt appareils ennemis...

En dehors de nous montrer un homme ambitieux d' humble extraction prêt à tout pour arriver à ses fins, les portraits secondaires notamment celui de James Mason en général chef de propagande pré-Goebbels est vraiment ignoble. Il va jusqu' à utiliser sa femme, avec son consentement, la superbe Ursula Andress* dont l' accent suisse allemand convient très bien à son rôle de comtesse, pour attiser la rivalité entre George Peppard le fils d' hôtelier et l' aristocratique Jeremy Kemp (le neveu du général !). Toutes ces manipulations se font sous l' œil écœuré de Karl Michael Vogler interprétant le capitaine d' escadrille Otto Heidemann ; mais aussi sous celui de la femme de cet officier intègre, une infirmière incarnée par Loni von Friedl.

On a beaucoup vanté les remarquables combats aériens de ce film, mais on nous montre aussi les sanglants dégâts que commet cette arme nouvelle sur les troupes terrestres, la célébrité des as de l' aviation utilisée comme celle des "stars" actuelles, un hôpital bondé de blessés, les longues files d' attente et les affrontements devant les magasins en ville pour cause de pénurie, le début d' une révolte "rouge"... et la valeur relative des médailles :
- « Il n' y a pas mieux. On respecte ça. » dit Peppard.
- « La médaille, ou l' homme ? » répond Kemp...

La photographie bleutée de Douglas Slocombe (le roi du ciel nuageux à l' aube), la mise en scène fluide et élégante avec la position souvent en contre-plongée de la caméra de John Guillermin (le réalisateur aux travellings fous) nous en mettent plein la vue. Très belle musique de Jerry Goldsmith.

*On peut être étonné par le bronzage intégral d' Ursula Andress qui ne devait pas être trop en vogue dans les années 1910... même dans l' aristocratie allemande.

Film en couleur de 1966. Durée : 2 h 30 mn. Format 2:35 (cinémascope), compatible 16/9.
Langue audio française et anglaise. Sous-titres français. Bonus : bande-annonce.
Très belle copie.

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19:28 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, guerre

22/08/2010

MAX OPHULS : CAUGHT.

41h361gFInL._SS500_.jpgC' est le dernier film produit par Enterprise Studios, maison de production indépendante d' une durée de vie de trois ans (1946-1949), d' où sortie "Body and Soul" (1947) de Robert Rossen ou "Force Of Evil" (1948) d' Abraham Polonsky. Des bornes du "Film noir américain".

Mais ici, on n'est pas dans le genre "Film noir", il s' agit ouvertement d' un mélodrame, il n' y a d' ailleurs aucune violence physique. Une jeune femme naïve qui rêve d' être mannequin, car elle le sera bien peu dans ce magasin de luxe où elle travaillera - jouée par Barbara Bel Geddes avant qu' elle ne se fasse refaire le nez -, pense aussi à un riche mariage. Elle ne sera pas mannequin, mais aura son riche mariage, ne sera pas heureuse, partira de sa magnifique demeure, deviendra secrétaire de deux dévoués docteurs, tombera amoureuse de l' un, voudra divorcer... tout cela est cousu de fil blanc. On se demande même ce que les dirigeants de Enterprise Studios ont trouvé d' intéressant dans cette histoire pour presse du cœur. Barbara Bel Geddes, dont on peut railler le fait qu' elle soit une beauté passe-partout pour un mannequin - après tout cela fait cinq ans qu' elle essaie de l' être et n' y arrive pas, donc... -, est vraiment excellente surtout pendant l' affrontement avec Curt Bois alors que celui-ci ne veut pas arrêter de jouer du piano et la scène où Robert Ryan lui dit les conditions du divorce. James Mason crée un homme affable, compréhensif comme dans tout mélodrame qui se respecte, avec la voix suave qu' on lui connaît. Mais, c' est Robert Ryan qui "bouffe" tout, même la caméra a du mal à cadrer sa haute stature d' un mètre quatre-vingt-treize. Il veut tout posséder surtout ce qui lui résiste. Les mouvements d' appareil qui sont la marque de fabrique d' Ophuls, la photo de Lee Garmes, l' un des maîtres du noir et blanc, une certaine acuité portée sur les quartiers pauvres, ce n' est pas une spécialité de ce réalisateur peu porté sur le social, complètent la grande qualité d' interprétation.

Un lieu commun sur ce film est de dire que le personnage interprété par Robert Ryan est inspiré de Howard Hughes... ce n' est pas exactement ce que révèle le fils de Max Ophuls dans la préface de l' autobiographie de son père "Souvenirs". En 1946, Ophuls commence le tournage de "Vendetta" coproduit par Hughes mais aussi par le génial producteur/scénariste/réalisateur Preston Sturges, d' où il se fait virer au bout de quatre jours par... Sturges (ami d' Ophuls !) sur ordre de Hughes. Sturges était aussi un nabab, l' homme le plus payé d' Hollywood à l' époque, avec une cour qu' il entretenait dans son célèbre restaurant "The Players". Il organisait chez lui des projections privées de ses propres œuvres. Il y a une séquence fascinante dans le film à ce sujet. Marcel Ophuls va même jusqu' à dire que le rôle du serviteur-amuseur tenu par Curt Bois est une incarnation de son père. Les problèmes cardiaques du personnage de Robert Ryan ont-ils aussi une correspondance avec Preston Sturges ? Sturges avait-il déjà eu des alertes ? Il est mort d' une crise cardiaque le six août 1959 à l' Algonquin Hotel à New-York...

BONUS : Le bonus le plus important de ce DVD est l' émission "Cinéaste de notre temps", consacrée à Max Ophuls bien sûr, d' une durée de cinquante et une minutes, "mise en scène" dans un cirque par Michel Mitrani. L' espiègle Simone Simon, la douce Danielle Darrieux, Daniel Gélin, Martine Carol un peu trop maquillée déjà, le facétieux Peter Ustinov, Vittorio De Sica, le directeur de photo Christian Matras, les assistants réalisateurs Alain Jessua et Jean Valère, le monteur Boris Lewin, Marcel Ophuls... nous parlent du réalisateur de "Lola Montès" (1955). John Houseman, producteur américain notamment de "Lettres d' une inconnue" (1948), est aussi dans cette émission.
Les autres bonus sont la bande-annonce et une galerie photos.

DVD en noir et blanc d' une durée de 89 mn de 1949. Format : 4/3.
Langue audio française et anglaise. Sous-titres français.
Bonne copie.

N.B. Le générique du film ne mentionne pas Max Ophuls mais Max Opuls ?!

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18:55 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drame, cinéma