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12/09/2010

VINCENT PRICE / ROGER CORMAN : LA CHAMBRE DES TORTURES (The Pit and The Pendulum)

51YaMuy-pvL._SL500_AA300_.jpgAprès beaucoup de films pitoyables ou des blagues de potache tel que "Un baquet de sang" (1959) et "La petite boutique des horreurs" (1960) ne pouvant contenter que les fanatiques de la culture des navets - ça existe, il y en a même qui en trouve là où il y en a pas : François Forestier !? -, mis à part "Mitraillette Kelly" (1958) voire "I, Mobster" (1958), Roger Corman trouve un filon avec les adaptations des nouvelles d' Edgar Allan Poe, qui lui permet d' être un concurrent dans le domaine de l' horreur face au studio anglais Hammer et plus spécialement de l' "attachant" réalisateur Terence Fisher qui recyclait avec délectation les romans classiques de l' effroi.

Si chez Fisher, Peter Cushing et Christopher Lee s' affrontent comme dans un duel ce qui permet une certaine sobriété (?) de l' interprétation, Vincent Price est surtout dans les premiers films de cette série en roue libre car faute de partenaire(s) à sa hauteur ; beaucoup de critiques (Tavernier et Coursodon, Lourcelles) ont remarqué ce défaut dans ces adaptations, mais c' est certainement voulu pour mettre en valeur Vincent Price et l' une des raisons pour laquelle ces films vieillissent bien : une sorte de deuxième degré visible. Peut-on conter sérieusement de telles histoires ? Ce joyeux penchant pour la cabotinerie est vraiment quasi paroxistique dans "La chambre des tortures" (1961) ; à côté Louis de Funès, c' est bressonien. Il faut voir Vincent Price rouler des yeux, les sourcils en accent circonflexe, en ânonnant ses répliques dans un état d' hypnose, déambulant d' une démarche lourde de sens burlesque pour ne pas sourire de ses exagérations. John Kerr, excellent chez Vincente Minnelli dans "La toile d' araignée" (1955) et "Thé et sympathie" (1956), est ici opaque ; après tout son rôle le veut. La "tout juste belle" Luana Anders - un comble pour une jeune première - est inexistante ; dans ce genre d' emploi, par contre, que l' actrice soit très jolie (ce n' est pas le cas de Luana Anders), doit-être la qualité première, qu' elle joue plus ou moins bien, on s' en moque. Heureusement que la beauté ténébreuse de Barbara Steele - tout droit sortie du poème "Chanson d' après-midi" de Baudelaire, plus gothique qu' elle tu meurs, à égalité avec Florinda Bolkan - réhausse nos sens visuels, sensuels et sexuels ; elle est bonne actrice (eh oui ça existe !) mais pas assez présente à l' écran. Seul Antony Carbone arrive à combattre avec beaucoup de mal l' emphatisme génial de Vincent Price, mais il fait une bonne tête de moins que notre cher cabotin.

Les plus grands intérêts du film, en dehors du numéro "Grand guignol" jouissif de Vincent Price, sont le scénario très bien agencé et caustique de Richard Matheson - la petite pirouette finale est excellente -, la photographie "coloriée et psychédélique" de Floyd Crosby : le rouge EST rouge, le bleu EST bleu... la direction artistique de Daniel Haller : la chambre des tortures, les différents souterrains et passages secrets avec force toiles d' araignées (ça n' est pas onéreux) sont prodigieux ; surtout lorsque l' on sait les mini-budgets des productions de l' American International Pictures. La figuration des rats se limite à deux ou trois spécimens... on ne gaspille pas chez Corman.

Film en couleur de 1961. Durée : 78 minutes.
Format : 2:35, compatible 16/9.
Langue audio anglaise et française. Sous-titres français.
Très belle copie.

La chambre des tortures 1.pngLa chambre des tortures 2.pngLa chambre des tortures 3.pngLa chambre des tortures 4.pngLa chambre des tortures 5.pngLa chambre des tortures 6.png

04/09/2010

GEORGE PEPPARD / ROCK HUDSON : TOBROUK.

51MRoflfCcL._SL500_AA300_.jpgFace au film bavard, prétentieux et ennuyeux "Inglorious Basterds" (2009) de Tarantino, il est bon de redécouvrir un film autrement plus remuant comme ce "Tobrouk" (1967) de Arthur Hiller.

L' officier canadien Donald Graig (Rock Hudson) fait prisonnier par la France de Vichy embarque sur un navire dans le port d' Alger, un commando allemand le libère. Ce commando dirigé par le capitaine Kurt Bergman (George Peppard) se révèle être composé de Juifs allemands* faisant parti de l' armée anglaise. Arrivant dans un camp en plein désert, le colonel anglais John Harker (Nigel Green) expose leur mission à tous : détruire les réserves de carburant derrière les lignes ennemis à Tobrouk. Pour cela les Juifs revêtiront des uniformes nazis et les soldats anglais seront leurs prisonniers, afin de parcourir, grâce à ce subterfuge, les 1300 km en huit jours qui les séparent de leur but. Ce scénario original et astucieux a la singularité d' être écrit par Leo Gordon, acteur de second rôle américain apprécié notamment par Don Siegel, une vraie "gueule" de cinéma, que Claude Sautet emploiera face à Lino Ventura dans "L' arme à gauche" (1964).

Produit par Gene Corman quasiment dans le même esprit que "Invasion secrète" (1964) réalisé par son frère Roger Corman, "Tobrouk" bénéficie de plus de moyens financiers et de deux vedettes de l' époque : George Peppard alors en pleine ascension, ascension stoppée au début des seventies pour cause d' alcoolisme, et Rock Hudson dont on a oublié qu' il était la star numéro 1 au box-office avec les mélodrames flamboyants de Douglas Sirk à la fin des fifties et les comédies inertes mais aux succès énormes avec l' aseptisée Doris Day dans les sixties. Les traits de caractère des personnages tel que l' antisémitisme affiché du colonel anglais (les Juifs allemands le lui rendent bien), la revendication du capitaine juif pour un état israélien, le non-héroïsme revendiqué du major canadien étoffent le film de très bons dialogues. Certaines transparences, les découpages sortants d' une bande dessinée lorsque les navires font demi-tour... ces effets spéciaux peuvent prêter à sourire à l' ère des ordinateurs, mais il y a assez d' explosions réelles et d' action pour ne pas s' y attarder. Très bonne photographie où les taches rouges priment du vétéran Russell Harlan : la photo de "Rio Bravo" d' Howard Hawks (1959) c' est lui. La musique de Bronislaw Kaper reste en mémoire. Arthur Hiller, dont le film d' action n' est pas la spécialité ("Love Story" (1970)... eh oui ), aurait pu nous donner plus d' œuvre de cet acabit.

BONUS : Un bon documentaire consacré aux films sur la seconde guerre mondiale d' une durée de 50 minutes et en version originale anglaise avec sous-titres français.

*Bien sûr, cela fait penser à "Inglorious Basterds"...

DVD zone 2 en couleur. Film réalisé en 1966. Durée : 106 minutes.
Format 2:35. Compatible 16/9.
Version audio française et anglaise. Sous-titres français.
Bonne copie.

Tobrouk 1.pngTobrouk 2.pngTobrouk 3.pngTobrouk 4.pngTobrouk 5.pngTobrouk 6.png

15:45 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, guerre

28/08/2010

GEORGE PEPPARD / JOHN GUILLERMIN : LE CRÉPUSCULE DES AIGLES (The Blue Max).

51TP38JVFKL__SL500_AA240_.jpgUn caporal de l' armée allemande (George Peppard) court sur un champ de bataille sur le front de l' ouest en 1916, il se réfugie dans un trou et observe un duel aérien. En 1918 cet homme réalise son rêve et devient lieutenant dans l' aviation. Admirant le baron rouge Von Richthofen, il veut lui aussi devenir un as et obtenir la médaille "The Blue Max". Pour cela, il faut qu' il abatte vingt appareils ennemis...

En dehors de nous montrer un homme ambitieux d' humble extraction prêt à tout pour arriver à ses fins, les portraits secondaires notamment celui de James Mason en général chef de propagande pré-Goebbels est vraiment ignoble. Il va jusqu' à utiliser sa femme, avec son consentement, la superbe Ursula Andress* dont l' accent suisse allemand convient très bien à son rôle de comtesse, pour attiser la rivalité entre George Peppard le fils d' hôtelier et l' aristocratique Jeremy Kemp (le neveu du général !). Toutes ces manipulations se font sous l' œil écœuré de Karl Michael Vogler interprétant le capitaine d' escadrille Otto Heidemann ; mais aussi sous celui de la femme de cet officier intègre, une infirmière incarnée par Loni von Friedl.

On a beaucoup vanté les remarquables combats aériens de ce film, mais on nous montre aussi les sanglants dégâts que commet cette arme nouvelle sur les troupes terrestres, la célébrité des as de l' aviation utilisée comme celle des "stars" actuelles, un hôpital bondé de blessés, les longues files d' attente et les affrontements devant les magasins en ville pour cause de pénurie, le début d' une révolte "rouge"... et la valeur relative des médailles :
- « Il n' y a pas mieux. On respecte ça. » dit Peppard.
- « La médaille, ou l' homme ? » répond Kemp...

La photographie bleutée de Douglas Slocombe (le roi du ciel nuageux à l' aube), la mise en scène fluide et élégante avec la position souvent en contre-plongée de la caméra de John Guillermin (le réalisateur aux travellings fous) nous en mettent plein la vue. Très belle musique de Jerry Goldsmith.

*On peut être étonné par le bronzage intégral d' Ursula Andress qui ne devait pas être trop en vogue dans les années 1910... même dans l' aristocratie allemande.

Film en couleur de 1966. Durée : 2 h 30 mn. Format 2:35 (cinémascope), compatible 16/9.
Langue audio française et anglaise. Sous-titres français. Bonus : bande-annonce.
Très belle copie.

vlcsnap-2010-08-28-18h22m17s145.pngvlcsnap-2010-08-28-18h32m57s198.pngvlcsnap-2010-08-28-18h34m30s79.pngvlcsnap-2010-08-28-18h43m31s135.pngvlcsnap-2010-08-28-19h01m21s40.pngvlcsnap-2010-08-28-19h07m22s90.png

19:28 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, guerre