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01/12/2010

PRESTON STURGES ou le génie de l' Amérique par MARC CERISUELO.

394393930_L.jpgCe pauvre livre m' emplit d' un sentiment de colère que j' essaie de calmer...

19 € pour environ 120 pages de biographie et des analyses des films du génial Preston Sturges, c' est peu. Seize petites photos. Un riquiqui récapitulatif de toutes les œuvres du Maître de la comédie américaine des années 40... Mais ce petit livre onéreux comporte aussi un hors-sujet, ce n' est pas le seul, un petit règlement de compte de son auteur Marc Cerisuelo avec Jacques Lourcelles à propos de Herman Mankiewicz sur la notice de "Citizen Kane" (1941) dans « Dictionnaire du cinéma », où Lourcelles écorne le génie d' Orson Welles au profit du frère de Joseph L. Mankiewicz. Il s' en prend aussi au fils de Max Ophuls : le détestable Marcel Ophuls écrit-il... car Marc Cerisuelo a un côté anarchiste de droite, il voudrait être Henri Jeanson (l' homme qui aimait être haï) ou Blondin (il le cite au début du livre). Mais il est chercheur au CNRS (aïe...), est critique à Télérama (reaïe...) et à Positif (bof, repère de profs...)... il enseigne aussi les études cinématographiques aux Universités de Paris et commet des erreurs de débutant dont celle-ci : Joel McCrea et William Holden dans "Ride the High Country" (page 61). Confondre Randolph Scott et William Holden, ce n' est pas pardonnable de la part d' un professionnel.

Cinq étoiles pour l' arnaque de la maison d' édition PUF, maison d' édition à éviter sauf pour l' autobiographie de George Sanders : « Mémoires d' une fripouille ».

14:21 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie, cinéma

25/11/2010

JACQUES TOURNEUR OU LA MAGIE DE LA SUGGESTION de MICHAEL HENRY WILSON.

51KHGDZJTDL._SL500_AA300_.jpgLe cinéaste des non-dits avec la parabole sur la virginité féminine dans "La féline" (1942), du très beau western apaisant "Stars in My Crown" (1950) avec Dean Stockwell l' un des rares enfants qui fut un acteur supportable, le réalisateur de long plan fixe au sein d' un film de pirates dans "La flibustière des Antilles" (1951), des acrobaties élégantes et énergiques de Burt Lancaster et Nick Cravat dans "La flèche et le flambeau" (1950), de la scène mémorable du bain de Virginia Mayo dans un autre western "L' or et l' amour" (1956), de l' apparition subite d' une main sur une rampe d' escalier avec "Rendez-vous avec la peur" (1957)... on ne peut déceler chez Jacques Tourneur tous les secrets formels de ses films sur une seule vision, il faut sans cesse se les repasser, afin de mieux en découvrir les détails même si le destin de certains de ses personnages resteront des plus flous : Rhonda Fleming l' interprète de Meta dans "La griffe du passé" (1947) : « le film noir préféré de ceux qui n' aiment pas le film noir » dira à propos de ce chef d' œuvre Philippe Garnier dans son beau livre « Caractères ».

Patrick Brion, lors d' un cycle consacré à Jacques Tourneur en automne 1985, nous fit redécouvrir entre autres le western "Le passage du canyon" (1947) et le polar "Nightfall" (1957) mais aussi "Toto" l' un de ses premiers films français avec Albert Préjean et Renée Saint-Cyr (la maman de Georges Lautner), une comédie au rythme léger, rapide et au ton assez moderne, et un des meilleurs (si ce n' est le meilleur) épisodes de la série télé "La quatrième dimension" avec "Night Call" (1964).

Ce livre est rempli de superbes photos des films, mais aussi certaines prises pendant les séances de travail dont celle où Robert Mitchum écoute très attentivement les conseils de Jacques Tourneur, d' autres marrantes avec son ami Dana Andrews (le comédien dont Otto Preminger n' arrivait pas à se passer) ... un texte de Michael Henry Wilson très éclairant, moins fanatique que les notices des films de Jacques Lourcelles dans son « Dictionnaire du cinéma » et moins pragmatique que celui de Coursodon et Tavernier dans « 50 ans de cinéma américain », sur la manière de filmer du cinéaste, plein d' informations, de citations du metteur en scène dont celle-ci : « Moins on voit, plus on croit. Il ne faut jamais imposer sa vision au spectateur, plutôt l' infiltrer petit à petit. » Rassurez-vous Jacques Tourneur, vous y avez réussi.

11:32 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie

10/10/2010

LE TRAÎTRE DU TEXAS (Horizons West) : ROBERT RYAN.

515t55YY8UL._SL500_AA300_.jpgCe chouette petit western de série B est surtout intéressant par l' interprétation hors pair de Robert Ryan. Il faut voir ce qui passe comme expressions multiples sur le visage de cet acteur qui n' a jamais cachetonné et qui s' honorait d' être comédien comme son alter ego Van Heflin. Par ce personnage complexe, ce modeste film à la mise en scène discrète de Budd Boetticher est un exemple qui prouve que le western en tant que « cinéma de genre » est bien plus profond que ses détracteurs le disent.

Point de départ de nombreux westerns, le retour à la vie civile d' hommes qui combattirent dans les rangs sudistes, l' intrigue est renforcée par les affrontements moraux de Dan Hammond (Robert Ryan) - dont l' ambition pour bâtir son empire est sans limite et il rêve aussi de posséder la belle femme (Julia Adams) d' un riche et vicieux propriétaire (Raymond Burr) - avec son frère Neil (Rock Hudson) et avec son père honnête et travailleur (John McIntire).

Si Rock Hudson est un peu en retrait comme quasiment tous les rôles qu' il eut au début de sa carrière, Raymond Burr a une largeur d' épaules toujours aussi impressionnante, John McIntire joue la figure paternelle avec conviction alors qu' il n' a que deux ans de moins par rapport à Robert Ryan ! Julia ou Julie Adams la Star des séries B de l' Universal porte une toilette différente dans chaque scène où elle apparaît, à l' époque on savait mettre les actrices en valeur même dans les petits budgets ! On peut y reconnaître aussi Dennis Weaver, le futur conducteur poursuivi par un gros camion dans "Duel" (1971) de Steven Spielberg. Bonne photo sans éclat et aux tons passés de Charles P.Boyle.

BONUS : Un entretien excellent, marrant et bourré d' anecdotes sur John Wayne, Randolph Scott, Harry Cohn, Robert Stack... entre Bertrand Tavernier et Budd Boetticher, malheureusement il ne dure que 22 minutes.

Film en couleur de 1952. Durée : 77 mn. Format : 4/3.
Version audio anglaise et française. Sous-titres français.
Bonne copie.

Le traitre du Texas 1.pngLe traitre du Texas 2.pngLe traitre du Texas 3.pngLe traitre du Texas 4.pngLe traitre du Texas 5.pngLe traitre du Texas 6.png

13:13 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, western