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29/05/2011

JERZY KAWALEROWICZ : MÈRE JEANNE DES ANGES (1961). DVD.

51tcoSEoivL._SL500_AA300_.jpgFilm qui a vraiment fait connaître le cinéaste polonais Jerzy Kawalerowicz. Mère Jeanne des Anges* (1961) se passe dans une région désertique et stérile de Pologne du dix-septième siècle, où dans un couvent des religieuses se croient possédées par des esprits démoniaques. Le père Suryn (Mieczyslaw Voit), au caractère faible et à la santé fragile, doit les exorciser, mais il est attiré passionnément par la Sœur Supérieure Mère Jeanne des Anges (Lucyna Winnicka), et sent qu' il pourrait bien être possédé par ces mêmes démons à son tour. Est-ce des démons ou des passions enfouies et refoulées ? semble nous dire Jerzy Kawalerowicz.

La photographie de Jerzy Wójcik où la surexposition du blanc est impressionnante et qui se conjugue à la blancheur des aubes et voiles des religieuses, les décors aux murs sans aucun ornement, la musique (la chanson surtout) qui participe directement au film et qui ne surligne pas les scènes pourraient nous diriger vers une description aride des relations entre les personnages, mais ce n' est pas le cas. La sensualité des baisers sur les mains de Jeanne par Suryn, le visage au sourire innocent de la jeune Sœur non-possédée qui vivra une exaltation avec un Chambellan de passage ne peut avoir comme conclusion que l' émouvante scène finale. Souvent citée pour être une œuvre anticléricale, c' est avant tout une peinture épurée de l' amour.

*L' histoire du film, c' est connu, est inspirée des évènements qui se sont passés en France à Loudun à la même époque. L' action du film se concentre sur ce qui s' est (ou se serait ?) produit après l' exécution sur le bûcher du prêtre condamné pour avoir ensorcelé les religieuses.

Film de 1961 en noir et blanc. Format 4/3. Durée de 104 minutes environ.
Version audio polonaise sous-titrée française seulement.
Copie qui présente quelques légers défauts, mais l' ensemble est excellent.
Bonus : une filmographie de Jerzy Kawalerowicz.

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20:21 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drame

22/05/2011

PHILIP KAUFMAN : LA LÉGENDE DE JESSE JAMES (THE GREAT NORTHFIELD MINNESOTA RAID). 1972. DVD.

41SftrhleGL._SL500_AA300_.jpgIl faut tout de suite rectifier le titre français de ce film, voire aussi la jaquette de ce DVD. Ce western est surtout axé sur deux pivots. Le premier est que ce n' est pas Jesse James (Robert Duvall) le héros du film mais Cole Younger (Cliff Robertson). Le deuxième est que le film nous raconte un épisode du gang James/Younger, celui de l' attaque de la banque de Northfield : sa préparation, son exécution et ses conséquences.

Le début du film : Attendant une hypothétique loi d' amnistie, Cole Younger, le véritable patron du gang James/Younger, décide d' arrêter les exactions. Mais une embuscade menée par l' agence Pinkerton employé par les chemins de fer et le report de la loi les mènent à concrétiser un vieux projet, celui d' attaquer la banque de Northfield au Minnesota.

Dans la nouvelle constellation des cinéastes des années 70 voulant remettre en cause l' héroïsme hollywoodien et les belles légendes, Philip Kaufman a réussi son pari. Car Philip Kaufman, qui signe également le scénario, réalise une œuvre avant de vouloir dynamiter le genre western comme ce pauvre pétard mouillé de Buffalo Bill et les indiens (1976) de Robert Altman. Si la première partie du film peut sembler un peu décousue, la suite est beaucoup plus maîtrisée, même si la mise en scène n' a pas l' ampleur du futur génie de L' étoffe des héros (1983). La création de Cliff Robertson est vraiment des plus intelligente, Kaufman nous le présente comme le vrai cerveau du gang. Robert Duvall incarne un Jesse James idiot, vil voleur (même d' idée !), assassin expéditif et poursuivant une guerrillera devenu inutile contre les Yankees. L' humour n' est pas immédiat comme chez Ford ou Walsh, il est narquois et caustique ; on est plutôt du côté du tandem Budd Boetticher/Burt Kennedy. Un film qu' il faut revoir plusieurs fois pour apprécier ses constantes ellipses.

Bonus :
- Présentation du film par Patrick Brion d' une durée de 6 minutes environ.
- Jesse James, un héros hors-la-loi, un documentaire intéressant, un peu rébarbatif tout de même, d' une durée de 1 heure 10 minutes environ.

Film en couleur de 1972. Format : 16/9. Durée : 1 heure 27 minutes environ.
Version audio française. Version audio anglaise sous-titrée française.
Très bonne copie.

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20:38 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, western

25/04/2011

ISTVAN SZABO : COLONEL REDL (1985). DVD.

41A5B9FG70L._SL500_AA300_.jpgLe générique au début du film : « Cette histoire ne repose pas sur la réalité. Les actions des personnages ont été inventées. Ce film s' inspire de l' œuvre d' Osborne : "A Patriot For Me" et d' évènements historiques. ». Effectivement, le personnage Alfred Redl a réellement existé. István Szabó réclame ne donner qu' une œuvre cinématographique, ainsi que sa vision de l' Empire austro-hongrois précédent la première guerre mondiale.

Dans cet Empire très militarisé, la condition sociale de Alfred Redl (Klaus Maria Brandauer) issu d' une modeste famille de Galicie, monarchiste convaincu et idolâtre dès l' enfance - il écrit et récite à l' école un poème dédié à Sa Majesté -, ne peut être qu' un obstacle à son arrivisme forcené. Son ascension dans la hiérarchie militaire ne peut se faire sans divers protecteurs successifs : le Maître d' école, le directeur de l' Académie militaire ou un Baron officier (Hans Christian Blech). Son fanatisme pour l' Empereur François-Joseph et sa bisexualité seront des pièges qui provoqueront sa chute. Amant de la sœur (Gudrun Langrebe) de son ami aristocrate (Jan Niklas), cette relation pourrait le stabiliser, mais cette femme est mariée... elle lui arrange un mariage de convenance avec une jeune viennoise...

Interprétation mémorable de l' ambitieux acteur Klaus Maria Brandauer. La photographie audacieuse de Lajos Koltai est nimbée de sources de lumière « blanche » scintillante. La musique de Zdenko Tamassy est discrète. La réalisation de István Szabó est d' un classicisme épuré et traduit beaucoup d' éléments par l' image ; les séquences s' enchaînent avec une grande souplesse. Plutôt que d' évoquer Luchino Visconti, on aurait tendance à penser aux films muets de Erich Von Stroheim ; le sujet lui aurait certainement plu. Von Stroheim était dans l' armée autrichienne mais il ne put accéder à être officier dans la cavalerie, car ce poste était interdit aux personnes d' origine juive, d' où sa fuite aux États-unis (arrivé à Ellis Island le 25 novembre 1909). L' antisémitisme est aussi abordé dans le film de Szabó.

Film en couleur de 1985. Format 16/9. Durée environ 137 mn.
Version originale allemande avec ou sans sous-titres français.
Bonne copie.
Bonus : une interview de István Szabó d' une durée de 26 mn.

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15:05 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma