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25/03/2014

ALEXANDER MACKENDRICK : LA FABRIQUE DU CINÉMA. 2004. 2010 pour l'édition française chez L'Arche.

cinéma,livreAprès avoir été l' auteur de neuf films dont un seul mauvais, le dernier Comment réussir en amour sans se fatiguer (1967) une pitrerie avec Tony Curtis où on se demande s' il était derrière la caméra, le britannique Alexander Mackendrick décide d' enseigner l' écriture du scénario et la mise en scène à la California Institute of the Arts de Valencia.

Quand un homme a réalisé, entre autres, L'homme au complet blanc (1951), Le grand chantage (1957) ou Cyclone à la Jamaïque (1965), il vaut mieux l' écouter. Il donnait à étudier Trois heures dix pour Yuma (1957) de Delmer Daves car ce western était filmé avec simplicité et économie, peuplé de personnages conventionnels et archétypaux, et dont le dialogue a un but et un effet immédiats. Alexander Mackendrick prenait-il Delmer Daves pour son double américain ? Un de ses étudiants James Mangold en fit un remake en 2007. Ayant affronté la matière cinématographique en étant successivement publicitaire, ce qui lui apprit le story-board, puis scénariste, ce qui lui donna le sens de l' ellipse et qu' un film doit-être compréhensible aux 2/3 par ses images. Alexander Mackendrick pense comme Alfred Hitchcock que le cinéma a atteint sa plénitude lors de la période muette.

Cet assemblage des différentes notes de ce professeur-cinéaste n' est pas hétéroclite mais suit une progression qui va de la conception d' une histoire jusqu' à la prise de vue. Assemblage qui permet au néophyte de comprendre ce qu' est La fabrique du cinéma ; un monde fait d' artisans à la manière de ceux qui construisirent les cathédrales. Donc, ce n' est pas une autobiographie mais il y a un bon dossier auto-critique d' une cinquantaine de feuillets sur Le grand chantage (1957) dans ce livre de 440 pages environ. Il faut aussi louer une excellente mise en forme notamment pour les story-boards expliquant les axes et positions des caméras pour les champs et contre champs. Il manque tout de même un index des noms et films, ce qui est toujours très pratique. Paraît-il qu' un second volume doit suivre.

23:39 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, livre

28/01/2014

PHILIPPE GARNIER : L'OREILLE D'UN SOURD. LIVRE de 2011 chez GRASSET.

514RNy0NjJL._.jpgAh, Philippe Garnier, j' attendais chaque mois avec impatience son papier dans le Rock & Folk des années 70 (fin) et 80 (début). Bon, ici, ce sont ceux parus dans Libération - le journal des socialos assujetti au Mitterrand sauveur : un million de chômeurs en 1981, deux millions un an plus tard... le chômage, c' est maintenant -, un canard où j' y jette un œil quand je tombe dessus et heureusement pas souvent, il y en a aussi des Inrocks (la hype, l'horreur). Dans ce bouquin, qui se lit à une vitesse dingue, je ne retrouve pas tout-à-fait l' esprit affûté ou les recherches du style "Je suis le Philip Marlowe des archives de la Warner, le Sam Spade de celles de l' Universal..." qui faisaient le bonheur des grands articles dans Rock & Folk. Normal, Philippe Garnier a gardé ses meilleurs sujets pour ses deux livres complémentaires Honni soit qui Malibu (1996) et Caractères (2006).

Donc, c' est le tout venant qui est réuni dans ces chroniques où un thème comme les godasses Doc Martens - Garnier porte ces pompes paramilitaires - ne peut intéresser que ceux qui ne connaissent pas les chaussures italiennes de Bill Hurley ; c' est pour ça qu' il vaut mieux porter des baskets quant on n' a pas la classe du chanteur des Inmates, et éviter les gaudiots Doc car tu risques de ressembler à un skinhead coco ou facho au bulbe mou. Beaucoup plus captivant, les chapitres consacrés à un vieux cinéma de quartier, aux pensées de Louise Brooks, à Walter Tevis l' auteur de L'arnaqueur, à une réunion universitaire sur la guerre du Vietnam qui remet beaucoup de pendules à l' heure, à Richard Harris, à Sterling Hayden et son crabe, à Walter Matthau où la réflexion de Don Siegel est géniale, à son ami Tom Waits (un chanteur-compositeur que je viens vraiment de découvrir), à une photographe rooseveltienne Marion Post Walcott, aux deux cerveaux de Curt Siodmak qui dit n' avoir écrit que des histoires d' amour (ce qui est vrai !), à son alter ego Nick Toshes, à l' incontournable Charles Bukowski, au meurtre de Sam Cooke...

Et bien sûr, l' énervement vient quant la virtuosité de Philippe Garnier se met au service des bras cassés, des sans talents, des fausses gloires. Faisons silence sur le guitariste arthritique du Velvet. Même Joey Ramone, bon, il avait de l' humour dans ses interviews - il disait à propos de Sandinista des Clash : quel péplum ! -, mais les Ramones n' est qu' un groupe au groove fastidieux, aux musiciens (?) laborieux ; ce petzouille de guitariste ne jouant qu' en accords barrés... le tréfonds est atteint avec Lux Interior des Cramps. Je ne dis pas que je n' ai pas fantasmé sur Poison Ivy, à part ça, quelle purge juste bonne pour le Café de Flore ! Parce que pour Philippe Garnier et Lux Interior, le rock'n'roll ce n' est pas de la musique, mais c' est ce qu' on met dedans. Pour moi, c' est aussi de la musique et même avant tout de la musique. Quant à Courtney Love, bien meilleure actrice que euh... chanteuse (?), faire un papier sur un de ses concerts, quel intérêt, à part le style de l' auteur.

Je parlerais bien de ce qu' il dit sur le réalisateur Gordon Douglas mais oublier de citer La maîtresse de fer (1952), Fort Invincible (1951) ou Le géant du grand nord (1959), ce n' est pas bien. Je parlerais bien aussi de William Faulkner qu' il descend de manière assez habile, de Howard Hawks dont il met en doute son envoi au front pendant la Première Guerre mondiale et de son ex-femme Slim Keith qui inspirera toutes les actrices hawksienne : Rosalind Russell, Jane Russell, Ann Sheridan, Angie Dickinson. Et puis, il y a Jack Nicholson à qui il rend visite chez lui, dans LA maison, pour parler de The Two Jakes (1990) la suite de Chinatown (1974) de Roman Polanski, LA maison où le nabot (Polanski, pour ceux qui n' auraient pas compris) faisait des choses inadmissibles ; Philippe Garnier parle de peccadilles... viols sur mineure... peccadilles... bon, j' arrête.

Maintenant, il serait temps de rassembler dans le même livre tous les articles parus dans Rock & Folk.

29/11/2013

BABY, THE RAIN MUST FALL (1965) de ROBERT MULLIGAN avec STEVE McQUENN, LEE REMICK et DON MURRAY. DVD. ZONE 1.

réalisateurs,drameFilm qui risque de n' être pas très aimé par les fanatiques du Steve McQueen des films frimeurs de John Sturges ou du Bullit (1968) de Peter Yates. Scénarisé par le dramaturge Horton Foote d' après une de ses pièces de théâtre The Travelling Lady centrée sur une femme un peu à la dérive, Le sillage de la violence (1964) développe en plus la personnalité du mari de celle-ci.

Au début du récit, une femme (Lee Remick) avec sa petite fille quitte la bourgade de Tyler pour celle de Columbus où elle essaie de reprendre contact avec son mari (Steve McQueen) qui suite à une rixe sanglante, et après avoir purgé quelques années de prison, vient d' être libéré sur parole. Les retrouvailles ne sont pas faciles... Un shérif (Don Murray), ami d' enfance du mari, les aide...

Enfant, Henry Thomas (Steve McQueen) fut abandonné par ses parents, des travailleurs saisonniers pauvres, sur les marches d' un palais de justice de la petite ville texane Columbus ; habitudes courantes des familles itinérantes indigentes dans le sud des États-Unis. Confié par le juge (Paul Fix) à une vieille femme dévote et rigide, l' éducation d' Henry sera dure et violente. Cette éducation altérera son caractère. Henry est un délinquant bagarreur plus prompt à sortir son cran d' arrêt quant il a le dessous, que le chanteur compositeur à succès qu' il rêve de devenir.

Robert Mulligan est décidément le cinéaste des sujets difficiles et casse gueule où plus d' un se serait vautré dans la complaisance et le pathos. La photo simple, sobre et en noir et blanc d' Ernest Laszlo refuse toute esthétisme à la John Alton. Ici tout est dans les attitudes et les images courtes et incisives. La vue d' une ceinture accrochée à l' intérieur d' un placard est d' une grande efficacité narrative qui mènera à la scène explosive dans le cimetière.

Si vous êtes pour le Steve McQueen de L' enfer est pour les héros (1962), de L' homme qui aimait la guerre (1962) ou de La canonnière du Yang-Tse (1966), du McQueen en pauv'mec, il incarne dans Baby, The Rain Must Fall le pire (meilleur) des pauv'mecs.

DVD zone 1 et exclusivement zone 1.
Très bonne copie.
Film en noir et blanc de 1965. Format 16/9. Durée : 99 mn (version complète).
Version audio anglaise avec sous titres anglais ou espagnols... ou japonais (si ça vous dit).
Ce DVD ne possède ni de version audio française... ni de sous titres français contrairement à ce qui est indiqué sur la jaquette.

21:43 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réalisateurs, drame