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11/11/2009

LES SORCIÈRES DE HOLLYWOOD par THOMAS WIEDER

51PK0MViK7L__SL500_AA240_.jpgCe livre nous apprend que cette terrible chasse aux communistes et à leurs sympathisants aux USA, fin 1947, commença fin des années 30. Elle sera stoppée par l' entrée en guerre des Etats-unis aux côtés de l' Union soviétique face à l' Allemagne nazie.

L' hitoire des dix d' Hollywood, la fameuse liste noire - les plus connus Dalton Trumbo, Albert Maltz, Edward Dmytryk, Abner Biberman -, aurait mérité pour chacun d' eux un livre juste consacré à cette période. Huit d' entre eux firent de la prison. D' autres talents furent mis sur une liste grise : Abraham Polonski, Frank Tuttle, Edward G. Robinson, John Garfield... Certains préférèrent l'exil : Jules Dassin, Joseph Losey, Carl Foreman, John Berry...

Les délateurs figurent aussi dans ce livre. Elia Kazan, le plus célèbre, y est traité avec un peu de condescendance. L' ouvrage se termine par sa lettre publiée le 12 avril 1952 au journal New York Times. Lettre où il justifie sa délation et s' auto-pardonne. Lettre, dit-on, ce n'est pas précisé dans le livre, qui aurait été rédigée par sa femme. Par contre Sterling Hayden s' en voudra toute sa vie d' avoir donné des noms. Il en écrira son autobiographie.

L' ouvrage de Thomas Wieder est d' un abord facile, malgré un peu trop de renvoi en bas de page. Il permet un survol rapide de ces années (1947-1962) où la commission des activités anti-américaines traquait la moindre pensée communiste voire socialiste dans les films hollywoodiens.

10/11/2009

DESPERATE : Anthony Mann trouve son style.

51LFLHLB+QL__SL500_AA240_.jpgAprès plusieurs menus travaux, il faut bien vivre, Desperate (1947) est la première vraie réussite de Anthony Mann. Son précédent polar Railroaded (1947) en était la répétition.

Un camionneur, incarné par Steve Brodie, embarqué malgré lui dans un hold-up qui causera la mort d' un policier, doit se mettre à l' abris avec sa femme enceinte, la belle Audrey Long.

Cette histoire classique permet à Mann de filmer plusieurs morceaux de bravoure. Le passage à tabac de Brodie sous une unique lampe se balançant au plafond et sous le regard de Raymond Burr. Les gros plans sur les visages de Burr, de son complice et de Brodie attendant la sonnerie d' un réveil matin. Le réglement de compte final dans une cage d' escalier...

Burr est impressionnant. C' est l' une de ses premières apparitions. Tellement massif qu' il n' arrête pas de se cogner aux bords de l' écran. Tellement sur les nerfs qu' il tape sur tout ce qui est vivant et le contredit. On va faire griller son petit frère sur une chaise électrique pour le meurtre du flic et Raymond, il est pas content.

Superbe image en noir et blanc de Georges E.Diskant.
Version française. Version anglaise sous-titrée française.
Durée 73 minutes.

Une leçon de cinéma.

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14:03 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, film noir

09/11/2009

DEMENTIA : UN FILM "FOU".

dementia.jpgDans la catégorie OVNI du cinéma, Dementia (1953 ou 1955) de John Parker tient une place de choix. Ce cauchemar vécu, que lui raconta sa secrétaire Adrienne Barrett, est une œuvre unique de son auteur. Adrienne Barrett est aussi l' interprète de ce film sonore, sans parole, en noir et blanc et d' une durée de 56 minutes.

Dans une chambre d' hôtel miteux, Adrienne Barrett se réveille après un violent cauchemar, se dirige vers une commode, y extirpe un couteau et part déambuler dans les bas quartiers de Venice, une petite ville à côté de Los Angeles. Elle y rencontre un clochard ivre qui tente de la violer, un flic sadique prenant plaisir dans le passage à tabac et un rabatteur-gigolo qui l' offrira à un pervers nanti. Il y a même un cauchemar dans le cauchemar. L' héroïne se rend sur les tombes de sa mère (battue) et de son père (incestueux) et y revit son drame familial. Son père abat sa mère à coups de revolver et Adrienne plante un couteau dans le dos de son géniteur.

D' habitude ce genre de film, qui cultive le bizarre pour le bizarre, n' est jamais cohérent (?) et tourne à vide. Mais la séquence se passant dans le cimetière nous renvoie au début du film. Adrienne se trouve dans la cage d' escalier de l' hôtel, rencontre une petite fille assise sur les marches, est-ce Adrienne ? Après on aperçoit un policier embarquant un homme qui vient de battre sa femme, est-ce les parents de la petite fille ?

On compare souvent ce film à Le chien andalou (1928) de Buñuel ou Eraserhead (1976) de Lynch, mais Dementia fait surtout penser à Detour (1945) de Edgar G. Ulmer. Ces œuvres nous parlent de nos fantasmes et de nos vices enfouis dans nos consciences. En plus, Adrienne Barrett est aussi peu jolie et avenante que Ann Savage, l' actrice du film noir paranoïaque du réalisateur autrichien fabulateur.

N.B. Stéphane Bourgoin donne d' excellents renseignements dans les bonus du DVD.

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