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11/07/2016

MAGNUM FORCE de TED POST avec CLINT EASTWOOD, HAL HOLBROOK et MITCH RYAN. 1973.

film,cinémaÀ part pour aider la carrière des futures Stars télé David Soul et Robert Urich, Magnum Force (1973) est un film, à la limite, qui n' a pas lieu d' exister. Il sert de réponse à ceux qui ont traité de fasciste Dirty Harry (1971) de Don Siegel qui dira du personnage : C' est un puritain, un homme amer. Il n' aime pas les gens. Il n' aime pas ceux qui violent la loi et il n' aime pas la façon dont elle est appliquée. Ça ne veut pas dire que je lui donne raison. D' ailleurs, dans l' ultime plan final Don Siegel n' avait-il pas laissé Harry Callahan seul et abandonné comme John Wayne, autre fasciste pour les curetons diarrhéiques, dans La prisonnière du désert (1955) ; le vrai no future. Pour les imbéciles paranoïaques, ceux qui voient des fascistes partout, si Dirty Harry est fasciste, Clint Eastwood l' est aussi. Incarné un tel personnage est effectivement une mise en danger de l' acteur ; vaut mieux faire comme Robert Redford s' approprier toutes les vertus : démocrate, écologiste, pacifiste, féministe... n' en jetez plus.

Le premier traitement du scénario, qui s' inspire des escadrons de la mort sévissant au Brésil, est de John Milius qui part suite au feu vert pour le tournage de Dillinger (1973), l' écriture est terminée par Michael Cimino alors que Clint Eastwood a déjà le script de Thunderbolt and Lightfoot en main ; que des noms très controversés. Milius fait partie de la contre culture des années 70 avant qu' il ne devienne à partir de Conan le barbare (1982) un mauvais admirateur de Samuel Fuller : Fuller a toujours été contre le deuxième amendement donc contre le port d' arme, et, contre la peine capitale. Michael Cimino, après avoir été accueilli avec sympathie pour Le canardeur (1974), sera qualifié de nazi pour Voyage au bout de l' enfer (1978) son plus gros succès commercial proche de deux millions d' entrée rien qu' en France, de marxiste pour La porte du paradis (1980) et de raciste pour L' année du dragon (1985) ; pour ses autres films, les imbéciles paranoïaques se sont calmés.

Le set de Magnum Force ne s' est pas très bien passé pour Ted Post, les bruits ont courus que certaines scènes auraient été dirigées par sa Star ou le directeur de la photo Frank Stanley. Ce stakhanoviste de la télévision a une carrière cinématographique très fluctuante dont ressort deux bons films aux allures modestes : Pendez-les haut et court (1968) un western contre le lynchage ou le difficile passage au monde civilisé, c' est aussi le premier film de la Malpaso la maison de production fondée par Clint Eastwood, ainsi que Le merdier (1978) avec Burt Lancaster qui racontait les débuts de l' engagement des USA au Vietnam.

Est-il nécessaire d' avoir Magnum Force dans ses rayons ? non. Par contre, le film de Siegel est d' une invention visuelle toujours étonnante. Cette caméra à l' épaule, la photo de Bruce Surtees, cette direction d' acteurs surtout des seconds et troisièmes couteaux, lorsqu' on sait que Don Siegel faisait une à deux prises, parfois captait juste la répétition, et, la réinvention du cri à la Aldrich ! Robert devait bien se marrer derrière ses grosses lunettes.




Le générique du film est très bien !

16:19 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma

18/06/2016

LE REPAS DE NOCES (The catered affair) : un film réalisé par Richard Brooks en 1956 avec Bette Davis, Ernest Borgnine et Debbie Reynolds. DVD paru en 2014.

1520-1.jpgParmi les cinéastes à thèse(s) progressistes et démonstratifs donc un brin mastoc tel qu' Yves Boisset ou Oliver Stone, Richard Brooks est quand même l' un des rares à réussir un pur western ou un film qui évoque les épreuves de la vie, car peut-être plus rigoureux comme André Cayate, autre thèseux, qui réussira Les amants de Vérone (1949). Tiré d' une pièce de théâtre d' un auteur en vue autant décrié qu' admiré nommé Paddy Chayefski, scénarisé par Gore Vidal, Le repas de noces peut s' avérer assez plaisant.

Cette histoire d' une mère de famille modeste (Bette Davis) qui veut donner à sa fille (Debbie Reynolds) un mariage merveilleux et onéreux au désespoir du père (Ernest Borgnine) afin que la future mariée puisse s' en souvenir toute sa vie, à l' opposé du désir de celle-ci et de son fiancé (Rod Taylor) appartenant à une famille plus aisée, n' a rien d' une balade de santé ; c' est par cet événement soit disant heureux que l' on apprendra l'origine du mariage des parents et le vécu de leur relation. Une actrice peu bressonienne (dixit François Leterrier) comme Bette Davis risquait de faire capoter le film, néanmoins, le réalisateur la désirait. Si Bebette en fait un tantinet de trop, c' est son jeu après tout, Ernest Borgnine est très bien en mari subissant les exigences de sa femme. Barry Fitzgerald en oncle un peu porté sur la bouteille et lorgnant sur une veuve avenante est divertissant, ce qui allège le film. Debbie Reynolds, la maman de la princesse Leia Organa n' a pas de casque à cheveux enroulés sur les oreilles, est émouvante. L' aspect visuel fait penser à la grisaille du cinéma français de la même époque, ce qui déconcerte de la part de John Alton dont la photographie est d' habitude plus expressive voire trop envahissante notamment dans Le passé se venge (1949) de Robert Florey.

Film en noir et blanc d' une durée de 90 mn.
Format 16/9 respecté ; format de diffusion 16/9.
Version audio française. Version audio anglaise avec sous-titres français.
Bonne copie avec par intermittence quelques points blancs.
Pas de bonus, hormis un livret de 50 pages de Florence Colombani.


18:58 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma

15/06/2016

Les 101 nanars: Une anthologie du cinéma affligeant (mais hilarant) par François Forestier. Édition de 2016.

91XKLJyQvpL.jpgCe bouquin est malsain, pénible, répétitif et tient de la mauvaise cinéphagie, il a dû être écrit pendant une crise d' aérophagie. Forestier est en plus pas très courageux, il s' en prend à Angélique, Sissi, Sheena, Rocky IV, Golden Child, La mouche II, Fair Game, Tiny Town, Glenn or Glenda... des films dont tout le monde sait qu' ils sont nuls mais qu' il adore revoir pour se marrer au trente sixième degré ; t' as que ça à foutre Forestier, à perdre ton temps à voir des films pathétiques ! Les films pour se marrer et au premier degré, duchnock, ça existe ! Allez France !, au lieu de nous ennuyer avec Ah! Les Belles Bacchantes! que j' aime bien d' ailleurs, et puis Alexandre le bienheureux ou Les malheurs d'Alfred pour rester en France. Parce qu' à force de vouloir se marrer de tout, de rien et n' importe comment, on risque de ne pas remarquer qu' il y a différentes formes d' humour ; celui de Malle/Modiano avec la réplique Police allemande dit avec l' accent du Sud-ouest. Mais Forestier est atteint d' une maladie qui s' appelle la nanardinite, il dit des conneries pour dire des conneries. Faut pas tout détailler, mais refaire le coup de Blow-up (1967) d' Antonioni, c' est lourdasse ; il baragouine un lieu commun sur les filles anglaises qui sont moches, que le groupe le plus débile des sixties sont les Yardbirds, merci pour Jeff Beck et Jimmy Page, et, faut te rappeler duchnock que sans les Yardbirds, pas de Led Zeppelin, pas d' Aerosmith, pas de Motörhead, pas de Guns N' Roses (sans le chanteur, ce serait impeccable) ou pas de New York Dolls (il faut avouer, sans Todd Rundgren, ça vaut pas grand chose). Et sans le film d' Antonioni, pas de Conversation Secrète, pas d' À cause d' un assassinat ou pas de Les trois jours du condor ; ça t' ennuie duchnock, mais le bradypnéique anticipait.

Ce qui est le plus accablant, ce sont les jeux de mots tellement consternants qu' il faut en faire une petite liste non exhaustive :
- Homère d' alors, page 58. Il ose...
- Il est vrai qu' il ne faut jamais lâcher le faucon avant d' avoir vu le vrai, page 76. Il ose encore...
- Jeanne Crain (qui mérite son nom), page 79. Jeanne Ne Craint Plus, Jeanne Qui Craint De Nouveau, Jeanne écoute les violons (les Crain-Crain), tout ça page 80 avec des majuscules tellement il est fier. Il ose toujours...
- Tout le film a été tourné dans le Middlesex, page 87 ; en rapport avec des scènes paraît-il osées (ben oui) de Quand les dinosaures dominaient le monde. Il ose encore et toujours...
- Le sixième incontinent, page 100. Il ose...
- Cheval tire à ta mère, page 113. Il ose encore...
- On sent bien que la boutade, là, monte au nez, page 132. Il ose encore et toujours...
- Ils avaient le feu occulte, page 138. Il ose...
- Il faut se méfier du Bolkan qui dort, page 180 ; à propos de la très belle Florinda Bolkan pour ceux qui n' auraient pas compris. Eh oui, il ose encore...
- Ce n' est pas laid (ce Népalais, excusez-moi, pas pu résister), page 208. Il ose encore et toujours...
- On applaudit des deux nains, page 232. Il ose...
- La vue de Marais est basse (Marais basse, donc), page 266 ; à propos de Jean Marais pour ceux qui n' auraient pas compris. Il ose encore...
- Après Tibère, le printemps, page 308. Il ose encore et toujours...
- Horace, ô désespoir ! (Je sais, c' est facile, mais vous me connaissez), page 312 ; eh oui, malheureusement on te connaît. Il ose encore et toujours...
- Mahler n' arrive jamais seul, page 309. Mahler est bon, page 315. Il ose...
- Franchement, cette fille, c' est Inca, page 356. Il ose encore...
- Et mon culte, c' est du poulet ?, page 359. Il osera encore et toujours, son cas est désespéré.

Faut-il passer sur l' erreur chronologique à la page 157 pour Rex Harrisson dans Cléopâtre tourné en 1963 où Forestier émet que l' acteur anglais serait encore mal remis de Docteur Dolittle tourné en 1967 ? Une autre pour Fair Game avec Cindy Crawford où il dit pourquoi n' avoir pas pensé à Nadine Morano (?), on est en 1995 ; Nadine et sa jactance étaient déjà connues? À propos de «Golgotha» de Julien Duvivier du plagiat de Henri Jeanson pour Gabin s' en lave les pognes à la page 307 ; le même Gabin surnommait Edwige Feuillère m'dame Pilate, ça serait-y pas plutôt m'dame Ponce ? Faut-il passer aussi sur la description physique des actrices bien en chair des années 50 où les termes jambon, saindoux ou gélatine sont souvent employés ; t' as vu ta gueule duchnock, fais comme moi, cache-la ! Et Virginia Leith, Virginie Leitch qu' il écrit à la page 200, serait une inconnue absolue : Les inconnus* dans la ville (1955) et Baiser mortel (1956), ça ne te dit rien, duchnock ! C' est de la chipoterie, peut-être, mais il est critique spécialisé depuis 50 ans ; si t' es un alcoolo duchnock, t' es excusé !

Par contre, félicitations aux Éditions Denoël ; belle présentation avec des petites photos, belle calligraphie, pas de coquille.
Cependant, Denoël devrait s' abstenir de publier un duchnock !

*Qu' est ce qu' on se marre...

11:17 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, cinéma