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22/08/2010

MAX OPHULS : CAUGHT.

41h361gFInL._SS500_.jpgC' est le dernier film produit par Enterprise Studios, maison de production indépendante d' une durée de vie de trois ans (1946-1949), d' où sortie "Body and Soul" (1947) de Robert Rossen ou "Force Of Evil" (1948) d' Abraham Polonsky. Des bornes du "Film noir américain".

Mais ici, on n'est pas dans le genre "Film noir", il s' agit ouvertement d' un mélodrame, il n' y a d' ailleurs aucune violence physique. Une jeune femme naïve qui rêve d' être mannequin, car elle le sera bien peu dans ce magasin de luxe où elle travaillera - jouée par Barbara Bel Geddes avant qu' elle ne se fasse refaire le nez -, pense aussi à un riche mariage. Elle ne sera pas mannequin, mais aura son riche mariage, ne sera pas heureuse, partira de sa magnifique demeure, deviendra secrétaire de deux dévoués docteurs, tombera amoureuse de l' un, voudra divorcer... tout cela est cousu de fil blanc. On se demande même ce que les dirigeants de Enterprise Studios ont trouvé d' intéressant dans cette histoire pour presse du cœur. Barbara Bel Geddes, dont on peut railler le fait qu' elle soit une beauté passe-partout pour un mannequin - après tout cela fait cinq ans qu' elle essaie de l' être et n' y arrive pas, donc... -, est vraiment excellente surtout pendant l' affrontement avec Curt Bois alors que celui-ci ne veut pas arrêter de jouer du piano et la scène où Robert Ryan lui dit les conditions du divorce. James Mason crée un homme affable, compréhensif comme dans tout mélodrame qui se respecte, avec la voix suave qu' on lui connaît. Mais, c' est Robert Ryan qui "bouffe" tout, même la caméra a du mal à cadrer sa haute stature d' un mètre quatre-vingt-treize. Il veut tout posséder surtout ce qui lui résiste. Les mouvements d' appareil qui sont la marque de fabrique d' Ophuls, la photo de Lee Garmes, l' un des maîtres du noir et blanc, une certaine acuité portée sur les quartiers pauvres, ce n' est pas une spécialité de ce réalisateur peu porté sur le social, complètent la grande qualité d' interprétation.

Un lieu commun sur ce film est de dire que le personnage interprété par Robert Ryan est inspiré de Howard Hughes... ce n' est pas exactement ce que révèle le fils de Max Ophuls dans la préface de l' autobiographie de son père "Souvenirs". En 1946, Ophuls commence le tournage de "Vendetta" coproduit par Hughes mais aussi par le génial producteur/scénariste/réalisateur Preston Sturges, d' où il se fait virer au bout de quatre jours par... Sturges (ami d' Ophuls !) sur ordre de Hughes. Sturges était aussi un nabab, l' homme le plus payé d' Hollywood à l' époque, avec une cour qu' il entretenait dans son célèbre restaurant "The Players". Il organisait chez lui des projections privées de ses propres œuvres. Il y a une séquence fascinante dans le film à ce sujet. Marcel Ophuls va même jusqu' à dire que le rôle du serviteur-amuseur tenu par Curt Bois est une incarnation de son père. Les problèmes cardiaques du personnage de Robert Ryan ont-ils aussi une correspondance avec Preston Sturges ? Sturges avait-il déjà eu des alertes ? Il est mort d' une crise cardiaque le six août 1959 à l' Algonquin Hotel à New-York...

BONUS : Le bonus le plus important de ce DVD est l' émission "Cinéaste de notre temps", consacrée à Max Ophuls bien sûr, d' une durée de cinquante et une minutes, "mise en scène" dans un cirque par Michel Mitrani. L' espiègle Simone Simon, la douce Danielle Darrieux, Daniel Gélin, Martine Carol un peu trop maquillée déjà, le facétieux Peter Ustinov, Vittorio De Sica, le directeur de photo Christian Matras, les assistants réalisateurs Alain Jessua et Jean Valère, le monteur Boris Lewin, Marcel Ophuls... nous parlent du réalisateur de "Lola Montès" (1955). John Houseman, producteur américain notamment de "Lettres d' une inconnue" (1948), est aussi dans cette émission.
Les autres bonus sont la bande-annonce et une galerie photos.

DVD en noir et blanc d' une durée de 89 mn de 1949. Format : 4/3.
Langue audio française et anglaise. Sous-titres français.
Bonne copie.

N.B. Le générique du film ne mentionne pas Max Ophuls mais Max Opuls ?!

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18:55 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drame, cinéma

16/08/2010

JEAN GALMOT, AVENTURIER de ALAIN MALINE.

51uPKFf3yLL._SL500_AA300_.jpgJean Galmot (Christophe Malavoy) attend sur un navire, la nuit, en compagnie de Blaise Cendrars (Jean-Pierre Bisson) de débarquer en Guyane française. Une foule immense l' attend sur le quai. Il se souvient du jour, plusieurs années auparavant, en 1906, où il arriva dans cette partie du monde pour faire fortune et ce qui l' amena à devenir député de Guyane...

Inspiré de la vie de Jean Galmot, personnage encore très admiré en Guyane, ce film est l' une des rares incursions dans les méandres politiques et financiers de la France d' outre-mer. Si rare que cette œuvre est donc très importante parce que notre cinéma préfère les plongées de Besson dans le grand bleu. Certes la vie de cet homme est ici romancée, par exemple ses histoires d' amour avec une guyanaise - la magnifique Belinda Becker - ou un mannequin de haute couture - la belle Ute Lemper, très bonne idée de distribution. Mais ce film nous montre surtout le combat de Galmot pour la reconnaissance du peuple guyanais et celui contre les notables bourgeois, autant blancs que noirs, ne voulant pas céder leur monopole sur la productivité et les transports, qui l' obligera à faire lui aussi des compromis avec le monde politique de la métropole.

Christophe Malavoy a toujours dit que c' était le rôle de sa vie, on peut regretter que le cinéma ne fasse plus trop appel à lui. On peut revoir aussi dans ce film de très bons comédiens trop tôt disparus : Jean-Pierre Bisson, Benoit Régent, Maxime Leroux. Roger Hanin incarnant le gouverneur nous prouve qu' il n' aurait jamais dû quitter les emplois de second rôle où il excelle. Le réalisateur Alain Maline - ancien assistant de Truffaut, Leroy, Davis et surtout Lelouch (aïe...) - maîtrise très bien son sujet et réussi autant les séquences guyanaises que les scènes à l' assemblée nationale. Malheureusement, l' insuccès du film le fera atterrir à la télé pour servir la soupe à Line Renaud où il coécrira et réalisera "La grande Béké" (1998).

La présence de Romano Musumara ("Comme un ouragan" pour Stephanie, "En rouge et noir" pour Jeanne Mas, c'est lui) comme auteur de la musique peut faire fuir... mais son travail est acceptable, un peu redondant tout de même.

Les dialogues de Daniel Saint Hamont, habituel scénariste-dialoguiste d' Arcady (reaïe...), évitent (pour une fois !) la caricature.

Film en couleur de 1990, d' une durée de 132 mn. Bonne copie.
Format 2,35:1, contrairement à ce qu' indique la jaquette, compatible 16/9.
Version audio française. Pas de sous-titre.

vlcsnap-2010-08-15-22h14m21s108.pngvlcsnap-2010-08-15-22h17m14s7.pngvlcsnap-2010-08-15-22h15m47s194.pngvlcsnap-2010-08-15-22h22m24s42.pngvlcsnap-2010-08-15-22h23m42s56.pngvlcsnap-2010-08-15-22h24m17s195.pngvlcsnap-2010-08-15-22h27m32s78.pngvlcsnap-2010-08-15-22h29m45s96.png


14:41 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

14/08/2010

DON SIEGEL/AUDIE MURPHY : DUEL AT SILVER CREEK.

silver creek.jpg La voix off (Stephen McNally) au début du film : « On signalait depuis quelque temps l' existence d' un terrible gang de voleurs de concessions, qui forçaient les mineurs à céder leurs concessions par peur de la torture et de la mort... »

Sur cette histoire de Gerald Drayson Adams aidé pour le scénario par Joseph Hoffman, nous avons droit à des chevauchées, des duels, des complots, un marshal qui perd l'agilité de son doigt sur la détente (Stephen McNally), un garçon à la face de bébé doué juste pour le poker et le maniement des armes (Audie Murphy), une femme fatale (Faith Domergue), un garçon manqué (Susan Cabot), un escroc roublard (Gerald Mohr), un mauvais garçon (Eugene Iglesias), une face de rat (James Anderson) et des amours naissants qui finiront bien ou mal... mis en scène par Don Siegel dans un style rapide et direct qui soigne les détails. Toute la naïveté et l' innocence du cinéma américain de série B.

L' audace de la photographie d' Irving Glassberg où dans un technicolor bariolé, il fait briller tout au long du film les revolvers d' Audie Murphy, cet éclat miraculeux sur l' une de ses crosses quand il quitte le campement de son père, la surbrillance sur le bord mouillé du chapeau du vieil adjoint du marschal dans le saloon... cette photo est un vrai régal pour la rétine. Musique énergique mais un peu daté sous la direction de Joseph Gershenson (compositeurs Hans Salter et Herman Stein).

Stephen McNally, qui succombe au(x) charme(s) de la belle Faith Domergue qui joue un double jeu, aurait vraiment mérité de devenir une star à part entière. Audie Murphy* (1,65 m) a de bonnes scènes de comédie face à la minuscule et jolie Susan Cabot (1,57 m). Lee Marvin se fait remarquer en méchant sournois qui met sans cesse de l' huile sur le feu... Ceci atteste que Don Siegel est aussi un excellent directeur d' acteur.

Film zone 2 (import anglais) en couleur de 1952, d' une durée de 1 heure 14 mn. Format 4/3.
Très bonne copie. Bonus : bande-annonce originale sans sous-titre.
Version audio anglaise sous-titrée française. Pas de version audio française.

*Audie Murphy mettait bien sûr des talonnettes....

Duel at Silver Creek 1.pngDuel at Silver Creek 2.pngDuel at Silver Creek 3.pngDuel at Silver Creek 5.pngDuel at Silver Creek 4.pngDuel at Silver Creek 6.png

10:36 Publié dans Blog, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : western, cinéma