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10/01/2011

HARRY BAUR par HERVÉ LE BOTERF.

515WMZFFDXL._SL500_AA300_.jpgDeux livres jouent en défaveur de Hervé Le Boterf (1921-2000), l' auteur de cette biographie sur Harry Baur, qui sont à l' origine de deux films antédiluviens réalisés par Léo Joannon et interprétés par Pierre Fresnay : l' inénarrable « Le défroqué » (1954) et le vieillot « L'homme aux clefs d'or » (1956). Deux films à éviter*. On ne peut pas faire l' impasse non plus sur le fait qu' il a soutenu une réhabilitation de l' écrivain-journaliste-collaborationniste Robert Brasillach fusillé à la Libération. Ce qui n' engage guère à acquérir cette biographie...

Après lecture, il faut bien reconnaître que le style en est assez alerte, qu' on ne s' y ennuie pas, et que l' on apprend beaucoup sur la carrière de Harry Baur, notamment sur son énorme activité théâtrale dont le point culminant semble être « Le procès d' Oscar Wilde » (1935) ou sur ses débuts au temps du cinéma muet où il tenait à faire ses cascades lui-même ; Harry Baur était très sportif. L' arrivée du parlant fera éclater son génie, il était temps car il venait d' avoir cinquante ans. Son interprétation de monsieur Lepic dans « Poil de carotte » (1932) de Julien Duvivier sera un triomphe, son incarnation de Jean Valjean dans « Les Misérables » (1934) de Raymond Bernard restera la meilleure et surclasse aisément celle de Gabin ou Ventura. Il fut certainement aussi le meilleur Maigret dans « La tête d' un homme » (1932) de Duvivier, même si ce n' est pas une très bonne adaptation de Simenon. Jean Renoir lui reprochera sa trop grande présence sur les écrans. Il jouera beaucoup dans des films d' inspiration russe d' inégale valeur...

Il interprétera souvent des personnages juifs, d' où le harcèlement dont il a fait l' objet pendant l' occupation dans la presse collaborationniste sur ses origines et sur celle de sa seconde épouse. Après enquête de Le Boterf qui explore plusieurs pistes, Harry Baur est arrêté avec sa femme sur une dénonciation dont le texte serait « Harry Baur est juif, il est marié à une juive, sa fille a épousé un juif algérien, ses enfants sont élevés dans la religion juive. », apparemment écrit par un acteur obscur et jaloux. Après cent onze jours dans la prison du Cherche-midi, il est libéré ; sa femme sort après cent quinze jours à la prison de la Santé. Mais, ce ne serait pas suite à des tortures physiques infligées par la Gestapo qu' il serait mort quelques mois plus tard, mais du fait qu' il fut mis au secret et donc qu' il ne pouvait pas recevoir de colis et qu' il ne fut pas soigné d' une angine de poitrine pendant son incarcération.

* Après des recherches, ce serait plutôt les deux scénarios des films de Léo Joannon qui ont inspirés les deux livres de Hervé Le Boterf... ce qui serait encore pire...

13:17 Publié dans Blog, Film, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie

08/01/2011

RUBY JOHNSON : I'LL RUN YOUR HURT AWAY.

41XRZ8PKNSL._SL500_AA300_.jpgEt voilà, encore une chanteuse de rythm'n'blues dont la voix puissante et la force d' interprétation sont à écouter de toute urgence. La carrière discographique de Ruby Johnson (1936-1999) n' est pas énorme, elle dure de 1960 à 1968, elle n' est composée que de 45 tours. Ici n' est représentée que la dernière période, celle de ses trois derniers singles chez Volt - "I'll Run Your Hurt Away"/"Weak Spot" ; "Come To Me My Darling"/"When My Love Comes Down" ; "If I Ever Needed Love (I Sure Do Need It Now)"/"Keep On Keeping On" -, plus, pour compléter le CD, quatorze chansons inédites issues des mêmes sessions de 1966 à 1968 avec les inusables Cropper (guitare), "Duck" Dunn (basse), Jackson (batterie) et le grand Isaac Hayes aux claviers. Hayes est aussi l' auteur-compositeur avec son compère David Porter des hits qui firent entrer, timidement, dans les charts Ruby Johnson. Malheureusement, comme nous l' apprend le livret, la carrière de Ruby Johnson tourna court. Elle continua de chanter dans les clubs jusqu' en 1974, puis elle décida de prendre un travail normal et de s' occuper d' enfants handicapés. Pas de plongée glauque dans l' alcool, la drogue... Donc, il n' y a pas que la chanteuse à redécouvrir, mais la femme aussi. Certains de ses premiers enregistrements augmentés d' un paquet d' inédits figurent sur "Ruby Johnson meets Pearl Reaves", mais le Cd semble indisponible pour l' instant.

14:37 Publié dans Blog, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : soul

03/01/2011

CHRISTOPHE : THE BEST OF.

51BVQqtDvzL._SL500_AA300_.jpgÀ l' heure où nous sommes entourés par les Christophe Willem et Maé nullards, fades et qui font honte à la chanson française, il est bon de se remettre en mémoire le seul et l' unique Christophe : le dernier des Bevilacqua. Si il est un peu trop rare, pas beaucoup productif, si on l' a comparé au début de sa carrière à Hervé Villard - « Aline » et « Capri » sont sortis la même année en 1965 -, ces handicaps ne le desservent pas, au contraire ils en font une sorte d' icône ; l' un des rares chanteurs de variét' où la stratégie commerciale n' a jamais été de mise. Arrivant à nous faire aimer une collaboration avec Barbelivien, le slow de l' été 1975 « Petite fille du soleil », révélant le talent de Jean-Michel Jarre comme parolier avec « Señorita », « La dolce vita », « Les paradis perdus » et bien sûr « Les mots bleus » avant que celui-ci aille se noyer dans les nappes synthétiques façon Vangelis ou Oldfield, notre dandy nous a toujours donné le meilleur de lui-même.