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17/05/2014

DANGEROUS CROSSING de JOSEPH M. NEWMAN avec JEANNE CRAIN et MICHAEL RENNIE. 1953. DVD ZONE 1.

51KAPukjbCL.jpgExcellent thriller de la Twentieth Century Fox avec l' une de ses stars, en l' occurence Jeanne Crain. Souvent imposée par le producteur Darryl Zanuck chez Joseph Mankiewicz et Otto Preminger qui ne se sont pas gênés pour la discréditer. Dans son autobiographie Elia Kazan, toujours aussi courageux, parle de visage inexpressif sans citer le nom de sa vedette de Pinky (1949). Quand on ne la traitait pas de poule pondeuse ; elle avait sept enfants. Jean-Patrick Manchette écrira lors de la ressortie en 1981 de Péché mortel (1945) de John Stahl : Jeanne Crain est un cageot et joue comme une patate, on est habitués. Des cageots comme ça j' en veux tous les jours. Quant à jouer comme une patate et avoir un visage inexpressif, dans Dangerous Crossing (1953) la Belle prouve le contraire.

Dans ce film se passant sur un paquebot de luxe, un couple embarque, le mari (Carl Betz) disparaît, la femme (Jeanne Crain) essaie de convaincre l' équipage que son mari est bien sur le navire, mais personne ne la croit, le docteur (Michael Rennie) tente de comprendre cette jeune femme dont il apprendra certains secrets au cours du récit. Il y a beaucoup d' audace visuelle. Les gros plans sur le visage de plus en plus névrosé de Jeanne Crain. Les scènes de nuit dans la brume sur les ponts du paquebot. On ne peut pas juste créditer la superbe photographie en noir et blanc et les mouvements d' appareil de Joseph LaShelle qui ont toujours été signalés par les critiques de cinéma. Il y a bien le talent synthétique de Joseph M. Newman. L' interprétation est concrète où le moindre petit rôle à son importance, la composition des plans, la dynamique et la précipitation des scènes également. Joseph M. Newman en est bien le chef d' orchestre. Un talent égal et de même teneur parcourait Les bannis de la Sierra (1952) étonnant western-thriller enfermé dans une cabane isolée dans la neige.

DVD zone 1 et exclusivement zone 1.
Film en noir et blanc de 1953.
Format : 4/3. Durée : 75 mn.
Version anglaise sous-titrée française.
Pas de version audio française.
Très bonne copie.




23:56 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, actrice

22/04/2014

ALBERT LEWIN : Un esthète à Hollywood. Livre de PATRICK BRION paru en 2002.

livre,biographie,cinéma Pour Patrick Brion, Albert Lewin, c' est sa marotte. Tous les cinéphiles en ont une. Pour Jacques Lourcelles, il s' agit de Raffaello Matarazzo. Peter Biskind chérie Hal Ashby (!?). Philippe Garnier a les siennes, il en change de temps en temps. Il a commencé avec Don Siegel ou André de Toth, puis il y a eu Roland Brown et ensuite Joseph M. Newman. Le problème avec la marotte, c' est qu' elle n' est pas tout le temps géniale et a souvent un parcours en zigzag fait de plaies et de bosses. D' où la bienveillance que le cinéphile lui porte.

En ce qui concerne Albert Lewin, ce qui le rend sympathique dans un premier temps, ce sont ses caractéristiques physiques. Il ne dépassait pas le mètre et demi et travaillait comme producteur à la MGM d' où son surnom de Métrognome. Quasiment sourdingue, il avait un sonotone électrique portatif énorme. James The Voice Mason m' était en doute sa capacité à distinguer les disparités entre les différentes prises d' une même scène. Albert Lewin adorait-il le cinéma muet à cause de sa surdité ? Est-ce à cause de cet handicap qu' il sacralisait la Peinture ?

Contrairement à beaucoup de personnalités hollywoodiennes, Albert Lewin n' a pas eu de vie aventureuse avant son arrivée dans le bureau de Samuel Goldwin (Szmuel Gelbfisz) comme lecteur ; ça faisait rupin d' avoir un universitaire pour un nabab hollywoodien. Dernier enfant né le 24 septembre 1894 à Brooklyn de parents appartenant à des familles d' émigrés russes d' origine juive, il suit une scolarité exemplaire qui le mène à être diplômé en Littérature de l' université de New York, puis diplômé de Littérature britannique à celle de Harvard. Cela aide-il à devenir un grand cinéaste ? Frank Borzage ne savait, paraît-il, ni lire, ni écrire...

D' abord scénariste d' une flopée de mélodrames et ensuite producteur de renom avec Les révoltés du Bounty (1935) de Frank Lloyd ou Les gars du large (1937) de Henry Hattaway, il commence sa carrière de réalisateur avec trois adaptations littéraires réussies : The Moon and Six Pence (1942) d' après W. Somerset Maugham, Le portrait de Dorian Gray (1945) d' après Oscar Wilde et Bel Ami (1947) de Guy de Maupassant très conforme au code de censure Hays. Tous trois très bons où George Sanders ne l' est pas moins, ne pas oublier Angela Lansbury jeune et belle à la bouche mince dans les deux derniers. Pandora (1950) d' après la légende du Hollandais volant est son film le plus célèbre. Histoire d' amour fou chère aux surréalistes et hymne à la beauté d' Ava Gardner. Chef d' œuvre pour certains ou classé camp pour d' autres. Il vaut mieux ne pas s' attarder sur ses deux derniers métrages Saadia (1953) et The Living Idol (1957).

Patrick Brion défend sa marotte d' une manière assez naïve en affirmant que tous les films sont excellents. Pour lui, Bel ami est la meilleure adaptation de Guy de Maupassant ; il fait l' impasse sur Le plaisir (1952) de Max Ophüls l' adaptation de trois nouvelles de l' écrivain ou Une vie (1958) d' Alexandre Astruc ou encore Romanze in Moll (1943) d' Helmut Käutner avec la belle Marianne Hoppe au sourire si énigmatique. Il faut reconnaître que son livre est une mine de renseignements. Les souvenirs d' Abert Lewin évidemment, de Jack Cardiff, mais aussi ceux assez hilarants du directeur de la photographie Christopher Challis sur Saadia dont le tournage se passa au Maroc, de James The Voice Mason et ses problèmes d' argent, du peintre Man Ray et une entrevue avec Hurd Hatfield le comédien de Dorian Gray. Pour compléter, un panorama critique des films, parfois au moment de leur sortie, prouve à quel point les spécialisés s' égarent. Pas n' importe qui, James Agee par exemple.

Un livre qui rend hommage à une personnalité hollywoodienne qui a marqué le cinéma américain en lui apportant une allure plus cultivée, tout en donnant des œuvres compréhensibles du public lambda.

25/03/2014

ALEXANDER MACKENDRICK : LA FABRIQUE DU CINÉMA. 2004. 2010 pour l'édition française chez L'Arche.

cinéma,livreAprès avoir été l' auteur de neuf films dont un seul mauvais, le dernier Comment réussir en amour sans se fatiguer (1967) une pitrerie avec Tony Curtis où on se demande s' il était derrière la caméra, le britannique Alexander Mackendrick décide d' enseigner l' écriture du scénario et la mise en scène à la California Institute of the Arts de Valencia.

Quand un homme a réalisé, entre autres, L'homme au complet blanc (1951), Le grand chantage (1957) ou Cyclone à la Jamaïque (1965), il vaut mieux l' écouter. Il donnait à étudier Trois heures dix pour Yuma (1957) de Delmer Daves car ce western était filmé avec simplicité et économie, peuplé de personnages conventionnels et archétypaux, et dont le dialogue a un but et un effet immédiats. Alexander Mackendrick prenait-il Delmer Daves pour son double américain ? Un de ses étudiants James Mangold en fit un remake en 2007. Ayant affronté la matière cinématographique en étant successivement publicitaire, ce qui lui apprit le story-board, puis scénariste, ce qui lui donna le sens de l' ellipse et qu' un film doit-être compréhensible aux 2/3 par ses images. Alexander Mackendrick pense comme Alfred Hitchcock que le cinéma a atteint sa plénitude lors de la période muette.

Cet assemblage des différentes notes de ce professeur-cinéaste n' est pas hétéroclite mais suit une progression qui va de la conception d' une histoire jusqu' à la prise de vue. Assemblage qui permet au néophyte de comprendre ce qu' est La fabrique du cinéma ; un monde fait d' artisans à la manière de ceux qui construisirent les cathédrales. Donc, ce n' est pas une autobiographie mais il y a un bon dossier auto-critique d' une cinquantaine de feuillets sur Le grand chantage (1957) dans ce livre de 440 pages environ. Il faut aussi louer une excellente mise en forme notamment pour les story-boards expliquant les axes et positions des caméras pour les champs et contre champs. Il manque tout de même un index des noms et films, ce qui est toujours très pratique. Paraît-il qu' un second volume doit suivre.

23:39 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, livre