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30/08/2014

PATTERNS (1956) de FIELDER COOK avec VAN HEFLIN, EVERETT SLOANE et ED BEGLEY. DVD.

81eg5yKpEkL._SL1500_.jpgL' auteur de ce film est plus son scénariste Rod Serling, que son réalisateur Fielder Cook qui est surtout un technicien-stakhanoviste de la télévision. En ce qui concerne la carrière de Rod Serling et l' origine télévisuelle du scénario, Alain Carrazé dans le bonus de 26 minutes présent sur ce DVD y fait une bonne présentation.

On n' attend pas le futur scénariste-concepteur de la série La quatrième dimension (1959-1964) dans la description des affrontements dans le directoire d' une grande société. Si la hiérarchie parmi le directoire est impitoyable et dictatorial, elle procède chez les secrétaires de la même manière ; elles sont sans beauté particulière voire sans âge, toutes dévouées à leur travail qu' elles vivent comme un sacerdoce, on dirait des nonnes dirigées par une mère supérieure. Beatrice Straight, qui interprète la femme de Van Heflin, est loin d' être une épouse maternante, il ne faut pas se fier aux premières scènes. La tour des ambitieux (1954) de Robert Wise a été souvent comparé à Patterns. L' action est effectivement aussi resserrée, mais le nombre de personnages est plus limité. Le casting All Stars chez Wise (William Holden, Barbara Stanwick, June Allison, Frederic March...) fait place ici à un trio voué d' habitude au character actor : le sémillant et sec Everett Sloane, le visage fort d' Ed Begley pour une rare foi en victime et le génial Van Heflin dont tous les sens sont en éveil.

La photographie est de Boris Kaufman, habituel collaborateur du jeune réalisateur Jean Vigo (1905-1934). Les plans extérieurs de la ville de New York et ses hauts immeubles sont certainement de cet homme. À noter pour l' originalité du film, l' absence de musique.

Film en noir et blanc de 1956.
Format 4/3. Durée : 81 mn.
Version audio anglaise avec sous-titres français.
Pas de version audio française.
Bonus : Interview de Alain Carrazé d' une durée de 26 mn.
Excellente copie.

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30/07/2014

BACK STREET CRAWLER : THE BAND PLAYS ON. 1975. CD.

R-1320235-1209467061.jpegSi vous voulez entendre une guitare tendue et torturée, il n' y a pas mieux que celle de Paul Kossoff (oui, oui, il y a aussi Tommy Bolin). Si vous ne ressentez pas cette douleur, c' est que vous êtes déjà mort, juste bon à jouer les zombies dans un film de George A. Romero et vous faire exploser votre tête molle par une balle dum-dum. Free, dont les influences étaient le blues et la soul, était le prototype de ce que les jeunes appellent actuellement l' émo-rock ; le hard rock adulescent et naïf totalement apolitique. Est-ce que Back Street Crawler tente de s' affranchir de cela ? En tout cas ils essaient d' être un peu plus adultes, moins naïfs mais toujours apolitiques. L' inspiration émotionnelle de Free venait en grande partie d' Andy Fraser, compositeur fin, subtil et versatile doublé d' un bassiste au jeu libre ne se contentant pas de marquer la rythmique. Trouver un remplaçant d' un même niveau n' est pas facile ; car pour Koss la compo, c' est pas trop son truc. Mike Montgomery (claviers), sorti de nulle part, apparaît. Cet inconnu écrit seul six titres dont le très original New York, New York, on dirait du Ian Hunter et où le chanteur Terry Wilson-Slesser est assez à l' aise, ainsi que l' énorme Survivor et le très beau blues à la Free It's A Long Way Down To The Top. Il en co-écrit deux autres, le heavy-blues syncopé Hoo Doo Woman, là Terry Wilson-Slesser est un peu à la traîne mais ce n' est pas le meilleur titre de l' album, et Stealing My Way avec les montées lyriques de Koss. La face B recèle autant de petites merveilles, l' entraînant All The Girls Are Crazy, avec le jazzy Jason Blue on est presque chez Steely Dan... Back Street Crawler était bien un groupe, pas un projet d' un guitariste égocentrique. En tout cas pour moi, le meilleur disque de Paul Kossoff en dehors de Free. Le suivant de Back Street Crawler 2nd Street (1976) est moins inspiré, c' est normal Mike Montgomery avait déjà disparu...




22:28 Publié dans Blog, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blues-rock, musique

27/06/2014

DAISY KENYON de OTTO PREMINGER avec JOAN CRAWFORD, DANA ANDREWS et HENRY FONDA. 1947. DVD ZONE 1.

51qYeSg5Z7L.jpgJe ne comprends pas trop pourquoi ce film fait parti de la collection Film noir de la Twentieth Century Fox, il s' agit plutôt d' un mélodrame... d' un très beau mélodrame d' ailleurs... avec quelques petits moments de comédie ; je sais que cela devient compliqué mais c' est pour vous dire que Daisy Kenyon n' a rien à voir avec un Film noir.

Le titre français Femme ou maîtresse est pour une fois adapté et définit bien le personnage interprété par Joan Crawford et surtout le dilemme qui la perturbe. Daisy Kenyon est financièrement indépendante, a un amant (Dana Andrews) marié mais il ne veut pas divorcer, et, un autre ami veuf (Henry Fonda) qui la courtise. L' amant est avocat et il déteste perdre une affaire même celle de cœur. L' ami veuf est traumatisé par la mort accidentelle de sa femme. Daisy ne veut pas oublier au milieu de tout cela sa carrière professionnelle d' illustratrice de mode. Ce trio aux personnalités complexes alimente le scénario de belle manière. Donc, pas de meurtre ni de conflit physique, plutôt des joutes verbales, dans cet exercice Dana Andrews y est magnifique ; Henry Fonda joue plus la retenue.

Otto Preminger n' est donc pas juste le cinéaste pessimiste tant vanté. Il peut donner ce genre de film que l' on dit léger mais fortement attachant sur l' infernal trio ; Sacha Guitry n' est pas loin. Et remettons nous en mémoire Scandale à la cour (1945) ou L' éventail de Lady Windermere (1949), autres délicatesses du Viennois. Pourrait-on préférer Gene Tierney à la place de Joan Crawford ? Pas sûr, on connaît l' égo démesuré de cet actrice, pas pire que celui de Bette Davis, mais elle a toujours été quoi qu' on en dise d' une justesse remarquable et son jeu un peu limité, toutes les actrices ne peuvent être du niveau de Barbara Stanwyck, Irene Dunne ou Myrna Loy, passe très bien l' épreuve du temps. La photographie de Leon Shamroy est subtile, notamment dans l' appartement de Daisy Kenyon où les fenêtres et portes vitrées traversées par le soleil forment des taches lumineuses du plus bel effet.

DVD zone 1 et exclusivement zone 1.
Film en noir et blanc de 1947.
Format : 4/3. Durée : 99 mn.
Version audio anglaise sous-titrée française.
Pas de version audio française.
Bonne copie.


17:03 Publié dans Blog, cinéma, Film, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, actrice, cinéma