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26/02/2015

MON HOLLYWOOD de PETER BISKIND. LIVRE paru en 2011.

téléchargement (2).jpg Les digressions de Peter Biskind peuvent faire sourire tellement elles semblent conditionnées par le flower power compassé de son auteur. C' est un partial et parfois un journaliste ragotteur de premier ordre ; rien d' étonnant qu' il soit devenu rédacteur au magazine américain Première.

Peter Biskind commence avec Sur les quais (1954) où il bégaye une réhabilitation, pas juste artistique mais aussi politique d' Elia Kazan, alors que le réalisateur et son scénariste Budd Shulberg se justifiaient d' avoir donné des noms devant la commission McCarthy avec la formule : Parti communiste ou Organisation syndicale = mafia. Chacun en jugera.

Peter Biskind a cette manie de voir de l' homosexualité latente partout avec une certaine insistance notamment dans Le canardeur (1974) de Michael Cimino. Pour continuer avec Michael Cimino, le chapitre consacré à Deer Hunter (1977), qu' il n' aime pas, rejoint le pacifisme de circonstance à une condamnation politique de la guerre du Vietnam. Pourtant Voyage au bout de l' enfer est apolitique et narre l' histoire d' une bande de copains dont la guerre, n' importe laquelle, va bouleverser leurs vies. C' est pour cela que les trois parties avant, pendant et après sont d' égale importance. L' inspiration pourrait être la phrase de Samuel Fuller : la guerre est une folie ; sans y développer sa suite (politique) : c' est une folie parfois nécessaire (ou non).

Les articles sur Clint Eastwood, Woody Allen, Paul Schrader ou Martin Scorcese sont intéressants et assez synthétiques ; pareil pour la série télé Holocauste (1978) ou les cinéastes d' Amérique latine. Plus prenant et original le passage sur le groupe terroriste Wheather Underground (1976) un documentaire de Emile de Antonio. Il décèle sur les sagas Indiana Jones et La guerre des étoiles des réflexions philosophiques verbeuses, là, où je n' y vois que régression, asexualité et billets verts. Robert Redford avec ce satané Festival de Sundance dont le top model veut en faire un institut (?) ; Peter Biskind y donnent des renseignements sur son fonctionnement, l' attitude monomaniaque de Redford et les malversations diverses (salaires injustifiés, détournements d' argent et de scénario...). Les chapitres sur Terence Malick sont très bien, essaient de cerner le bonhomme ; Le génie fuyant est le titre bien choisi de l' un d' eux.

Et voilà qu' il baragouine sur les agents artistiques, une engeance effectivement à Hollywood. Tous les clichés sur le talent agent Charles K. Feldman ne pensant qu' au fric y passent et les ragots aussi. Une de ses clientes, la très belle Capucine encore traitée de mauvaise actrice. Manquerait plus que tel un jean-foutre, il dise de John Wayne, autre client de Charlie, qu' il était un homosexuel refoulé. Peter Biskind met sur le même plan Le grand Sam (1960) et Les Comancheros (1961) pour lesquels le Duke aurait touché des sommes pharaoniques. L' Hattaway est une comédie western très réussie ; le Curtiz a souffert de la fatigue et de la mort du dictateur hongrois. Vaut mieux passer une réflexion sur Orson Welles : Macbeth, un des films mineurs du cinéaste (page 383). Le passage sur Sue Mengers, autre agent, n' a aucun intérêt, sauf pour les adeptes des cancans. Quant au producteur Don Simpson aux films boursouflés...

Un petit pavé de 490 pages, index compris, qui se lit facilement, un peu trop facilement...