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17/03/2011

BERNARD BLIER : UN HOMME FAÇON PUZZLE par JEAN-PHILIPPE GUERAND.

51SJf5dYYVL._SL500_AA300_.jpgOn se dit, ça y est on va réduire, vu le titre du livre, la carrière de Bernard Blier à un diseur de répliques d' Audiard. Bon, heureusement ce n' est pas le cas. Pour commencer Jean-Philippe Guerand a eu l' aval de Bertrand Blier qui présente l' ouvrage et il a consulté un paquet d' achives : émissions de radio et télévision, entretiens divers, biographies de comédiens et réalisateurs, ouvrages de journalistes-critiques de cinéma... tout cela est répertorié dans un lexique à la fin de ce bouquin qui fait tout de même environ 530 pages pour la partie biographique. Bien sûr, on pourrait trouver rébarbatif cette succession de noms propres, mais non, tout cela se lit très agréablement. Au regard du travail fourni, on peut dire bravo à Jean-Philippe Guerand qui est journaliste à Télé-Obs et à Le Film français donc exerçant dans la presse populaire, ce qui vaut mieux que d' écrire dans Télérama ou Les Inrocks qui sont des retourneurs de veste notoires. Il a aussi connu Bernard Blier qu' il a interviewé deux fois en 1985 et 1986.

Pour en revenir à Bernard Blier rien ne nous est caché de son caractère impétueux, de ses haines tenaces voire de sa mauvaise foi. Il fut marié à deux reprises, sa première union ne s' est pas très bien terminée et cela causa une relation tumultueuse avec sa fille Brigitte. Il était aussi un bon vivant, un bibliophile averti et il adorait les randonnées en montagne. C' était avant tout un passionné de théâtre, il n' abandonna jamais la scène. En ce qui concerne le cinéma après des apparitions, vint les véritables débuts dans les seconds rôles avec Entrées des artistes (1938) ou Le jour se lève (1939) pour cet élève et admirateur de Louis Jouvet. Prisonnier dans un stalag pendant la guerre, il s' en libère et retourne à des seconds rôles plus importants avec La Symphonie fantastique (1941) et Marie-Martine (1942). Après guerre enfin les grandes interprétations dans Quai des Orfèvres (1947), L' école buissonnière (1948), Manèges (1949), Avant le déluge (1953), Le dossier noir (1955)... Les années 60 ne furent pas si heureuses que cela car il n' y a pas eu que du Lautner-Audiard, du Grangier-Audiard, du Verneuil-Audiard... mais aussi des pitoyables Robert Thomas ou Louis Grospierre et surtout Bernard Blier retourna souvent à l' emploi de second rôle. Dans la décennie suivante Pierre Richard, Jean Yanne, Robin Davis, Bertrand Blier, Alain Corneau lui donneront des personnages marquants et très divers. Bernard Blier a eu en Italie chez Risi, Comencini et surtout Monicelli une grande activité que l' on oublie souvent.

Ce qui est vrai à propos d' Audiard qui d' autre que Bernard Blier pouvait dire cette réplique dans Un idiot à Paris (1966) : « J' ai eu deux garçons, je les ai mis tout bébés à l' Assistance ! C' est le meilleur collège de France, notre Oxford, notre Havard !... Je les ai récupérés à dix-huit ans, admirablement formés pour les luttes de la vie ! Aujourd' hui, ils sont le portrait de leur père ! Cent pour cent cannibales ! ».



12:23 Publié dans Blog, Film, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie, cinéma

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